Déc. 10 15

Version imprimable WikiLeaks : Robin de Bois, Davy Crockett ou Arsène Lupin ?

web 2.0 : un nouveau monde en construction

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Comme j'ai pu le dire depuis des mois, le web est devenu plus qu'un média, c'est un nouveau continent. Ce nouveau continent, il est important de le découvrir, de l'explorer et d'en profiter. D'en profiter, oui ! Mais aussi en faire un monde meilleur. Rien ne sert d'avoir un nouvel espace de vie, si nous devons reproduire les mêmes bêtises que sur l'ancien continent.

Avec cette affaire [ajouter], il me paraît intéressant de voir les forces en présence. D'un côté, les sympas qui ne font que dire la vérité pour changer le monde. Si vous êtes de ce côté, vous êtes un cool et vous avez tous les droits. Entre autre, attaquer tout ce qui peut être contre ce que vous faites. C'est cette vieille croyance qu'au nom de valeurs de haute importance, vous pouvez faire les pires choses.

C'est dans ce contexte que nous vivons la première croisade du web. Cependant nous ne connaissons pas exactement la destination finale.

A l'inverse, si vous osez dire : ce n'est pas bien de tout dire sur la place publique, ce n'est pas bien de lancer toutes les informations possibles, ... vous êtes un méchant. Vous devez donc être attaqué ! En ce moment, tous les hackers et non hackers de la planète se sont lancés dans l'intifada web. Pour ne pas continuer dans la caricature, je dirai simplement que la protection d'informations confidentielles d'Etat est en plein dans le cœur du débat.

Mais surtout, cela pose un vrai problème qui n'a été pour l'instant que très peu vu : le web a besoin d'un gouvernement, d'un juge et d'une administration web. Et quand je dis web ce n'est pas l'outil mais le continent web. Il existe un nouvel Etat, il faut de nouvelles règles.

On ne peut pas laisser aux hackers la possibilité de faire la loi sur la Toile. A l'inverse, heureusement qu'ils sont là pour faire cette police et ce contre pouvoir face aux forces de l'ancien continent.

Ainsi, comment pouvons-nous définir ce combat ? Celui réellement des bons contre les méchants à la mode Robin des Bois en attendant que le Roi du Web arrive pour la paix de tous. Celui perdu d'avance de Fort Alamo où Davy donna son dernier souffle pour une cause juste mais qui n'a pas eu les secours à temps. Où enfin celui d'une supercherie extraordinaire d'une organisation qui paraît un peu trop secrète pour être celle qui dévoile les secrets des autres.

Je ne suis donc à ce jour ni pour ni contre. Je crois simplement qu'il manque cette fameuse autorité mondiale du web qui puisse dicter les règles et les faire appliquer.

J'ai entendu une réflexion disant que certains se battent pour la liberté pour comme les Etats-Unis avaient attaqué l'Irak pour la démocratie. Mais à qui profite le crime ?

 

 

Commentaires

Thibaut Les auteurs de Wikileak ont leur vision de la liberté, qui n'est pas une valeur absolue.

Les Etats Unis ont surtout attaqué l'irak en raison des enjeux économiques importants qui se concentrent dans cette région du monde.

Mais je ne pense pas qu'il y ait de gentils ou de méchant, en valeur absolue. Quand on parle des valeurs difficile de dégager UNE vérité.

Je ne saurait dire non plus si l'existence d'une gouvernance de l'internet pourrait être une bonne chose. Le risque en revanche est bien connu, que cette instance de gouvernance devienne une instance de régulation qui agit selon ses valeurs. En admettant qu'il soit possible, le processus risquerait d'aboutir à un éclatement du net en plusieurs entitiés agissant chacune selon ses valeurs.

 


Thibaut | Le Jeudi 16/12/2010 à 14:53 | [^] | Répondre

Un organisme mondial de régulation

XavierAucompte Au contraire, si nous ne voulons pas un éclatement du web avec chaque Etat qui édicte ses règles, il faudra cette instance. 

Par contre, qui peut la réaliser, comment doit-elle fonctionner, qui doit en faire partie, doit-elle lier aux Etats ? Est-ce une des Instances de l'ONU ?

Je n'ai pas d'idées là-dessus mais c'est là le chemin difficile sur lequel nous devrions aller. 

Le débat est ouvert !

 


XavierAucompte | Le Dimanche 19/12/2010 à 11:49 | [^] | Répondre

Re: Un organisme mondial de régulation

Thibaut Grosse question sur ce point, je ne vois pas comment une telle instance pourrait empécher le fractionnement de l'accès à internet opéré par les états. J'ai l'impression que cela suppose que cette instance aura le droit de s'opposer à la volonté des états sur leur territoire et à ma connaissance même l'ONU n'a pas ce pouvoir.

Au niveau régulation de l'internet il existe actuellement plusieurs organismes. L'ICANN gère les noms de domaines et est au coeur d'un certain nombre d'enjeux politiques. Celui dont on entends le plus parler quand on travaille sur le web est la W3C, association formée de plusieurs acteurs de l'industrie qui établie les standards du web. La W3C a clairement définit sa vision du rôle des différents acteurs dans ce communiqué au groupe de travail de l'ONU sur la gouvernance de l'Internet.

Un extrait pour comprendre la logique de gestion par couches promue par la W3C :

This Layers of responsibility in the Information Society diagram shows a stack of roles and actors. At the bottom of this stack, the users of the Internet engage in pure expressive activity, exchange personal, political, economic and cultural human rights commitments, not regulated information. This communicative activity is to be supported but, consistent with basic international human rights.

At the top of the stack, we see an active role for governments in their historical role regulating commercial activity, promoting culture and economic development, and guarding against criminal activity.

Where the Internet poses the most unique challenges, however, is at the center of this table. The middle layers (shared infrastructure resources and technical standards, e.g. ICANN, IETF, W3C) include a variety of issues that have significant social impact but, at the same time require technical expertise and operational consensus in order to be effectively addressed.

On entends souvent la W3C de militer pour un internet ouvert à l'échelle mondiale et l'accès pour tous au réseau. Au delà de l'idéal, le fait que ce soit dans les intérets des entreprises dont le business model est basé sur internet renforce l'influence de cette proposition.

D'autres sources intéressantes, cette synthèse sur Wikibooks, cette présentation et cet article de la documentation française. De manière générale le débat peine à sortir du point de vue technique en ce qui concerne la gouvernance globale, de part la culture des acteurs mais aussi de part la complexité du débat juridique et politique à l'échelle mondiale. L'UE recommande une gestion multi-acteurs par pays des questions juridiques. Le principe de neutralité du net est proposé comme base de travail du volet politique pour les acteurs d'internet, reste à s'entendre sur ce qu'il recouvre et à bien comprendre les enjeux au niveau international, par ce que certains états, comme la chine, ne sont clairement pas du même avis que les acteurs qui font internet aujourd'hui.

 


Thibaut | Le Dimanche 19/12/2010 à 15:16 | [^] | Répondre

Re:

c'est dommage de voir finalement que tout ce qui fait d'interessant sur la toile vient d'ailleurs et non de france!

 


muondo | Le Jeudi 03/02/2011 à 00:22 | [^] | Répondre

Lien croisé

Home - Nicolas Plé : "Sahara occidental: discussions sans résultat entre le Maroc et le du B-r-entWikiLeaks : Robin de Bois, Davy Crockett ou Arsène Lupin ?Diaspora : pourquoi autant en parler ? Pourquoi être contre Facebook ?"

 


Anonyme | Le Mardi 21/12/2010 à 16:01 | [^] | Répondre

Quelques mois après "l'affaire", on a oublié Wikileaks et son fondateur. Soit c'est une belle opération de la part des Etats Unis pour l'étouffer , soit au final il n'y avait pas autant de "scandales" que l'on a bien voulu nous faire croire...

 


Nicolas Chevallier | Le Jeudi 27/01/2011 à 15:26 | [^] | Répondre

En effet, Quelques mois après "l'affaire", on a oublié Wikileaks et son fondateur, et comme le dit @Nicolas, "soit c'est une belle opération de la part des Etats Unis pour l'étouffer , soit au final il n'y avait pas autant de "scandales" que l'on a bien voulu nous faire croire...". Dans tous les cas, on ne saura probablement jamais le pourquoi du comment.

 


Vivien Blasquez | Le Jeudi 12/01/2012 à 15:00 | [^] | Répondre