Déc. 08 03

Version imprimable Sommes-nous meilleurs ?

Ou ne vivons-nous pas dans notre illusion du 2.0 oecuménique

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Sommes-nous meilleurs pour dire à certaines entreprises, managers, dirigeants : « vous êtes en retard », « Votre organisation et mode de management sont dépassés », « Vos employés vont vous quitter ou se démotiver ! ». J’en passe et des meilleures…
 
Je pense depuis un moment que nous avons créé une bulle du 2.0, terme que je n’utilise plus depuis plusieurs mois qu’avec réticence et pincettes, et que celle-ci n’a pas séduit ou convaincu nombre d’entreprises malgré tout le battage médiatique fait autour.
 
La goutte qui a fait déborder le vase vient de Anthony dont je suis le blog avec attention car alimenté avec des billets souvent pertinents et fort bien écrits. En revanche là par prosélytisme Anthony s’est engagé un peu loin, ce qu’il reconnaît lui-même avec la reprise d’un schéma de l’évolution des entreprises et de leur mode de collaboration, calqué sur celui de l’espèce humaine.
 
Entreprises sortez du néant ou de votre grotte et faite de vos employés la nouvelle espèce humaine du 2.0 plus communicante, émotionnellement intelligente et mieux adaptée à notre environnement tant économique que culturel actuel.
 
Sommes-nous à ce point meilleur, nous les gourous du 2.0 dans toutes ses déclinaisons, consultant, bloggeur expert, spécialistes en entreprise… pour avancer avec autant de conviction ces affirmations ?
 
Je pense que non !
 
Il est évident que nous tentons de forcer depuis plus de deux ans, les dirigeants, décideurs à changer leur manière de travailler au sein de leur entreprise par conviction ou intérêt et que cela ne marche pas !
 
Ils ont changé leur manière de communiquer en grande partie, blogs, sites internet de seconde génération, plateformes sociales mais guère changer en revanche les fonctionnements internes.
 
Sont-ils dans leur caverne, prenant leurs ombres pour le monde et nous leur guide vers l’extérieur ?
Encore une fois non ! Nous n’avons pas encore prouvé comment introduire une socio dynamique portés par des outils 2.0 en faisant de la productivité. Car tout est-là et encore plus en temps de crise, l’informatique reste aux yeux des dirigeants un formidable outil de rationalisation (ah les workflow magiques….) . L’informatique ancienne ou 2.0 reste un formidable vecteur d’une taylorisation des cols blancs qui permet d’appliquer dans toute sa grandeur les principes de segmentation, pression, surveillance. L’utiliser pour autre chose ne leur parait pas utile, risqué car on perd du contrôle, coûteux car on paie du temps d’utilisation non productive.
 
A force de parler de révolution, de conception philosophique du 2.0, de ces discours truffés de néo anglicisme nous sommes devenus des gourous et nous-nous sommes coupés de la réalité.
 
Nous vivons-nous même dans notre propre caverne du 2.0, Nous condamnons l’ancienne école des ressources humaines mais nous proposons notre propre One Best Way sans peur du paradoxe.
 
Nous ne sommes pas meilleurs en organisation, stratégie, management que nos interlocuteurs, en revanche nous leur apportons une différence qui peut devenir une richesse. La socio dynamique couplé aux outils 2.0 peuvent permettre le développement de nouvelles pratiques d’entreprise conduisant à de la performance à condition que nous soyons enfin meilleurs dans notre écoute, notre approche, notre discours et nos conseils…

Commentaires

Trop fort le looloo "but keep pushing the baby is not OUT yet !"

Excellent article l'ami mais je serai encore plus violent que toi: l'accouchement ne se fera pas au "forceps"...  la ou je te rejoins c'est que le bebe n'est pas encore sorti... a peine voit-on la tete, mais le cordon ombilical de la revolution culturelle qui se prepare, le retient soit au cou soit aux chevilles...

C'est que l'on veut changer le code genetique de l'entreprise, sa gouvernence, son management, ses frontieres et surtout le code de conduite de ses managers en charge de l'osmose... tous pousses par l'emotion du changement, des promesses de gains de productivite mais avec aucune prise sur l'engin, l'outil qu'on leur jettent dans les mains... "j'arrive a mettre une video sur ou une photo sur FlickR avec ma fille a la maison sans perdre la face, mais faire bonne figure avec Facebook pour mobiliser mes managers a l'entreprise c'est une autre "compelling story"... qui disent les p'ti loo au col et cheveux blancs (ou sur le point de le devenir... ca vient vite 35 ans ;-)

Le consommateur lui il a compris aussi donc ce changement culturel est bien profond et il va prendre du temps... on n'est plus dans la facilite de la decouverte mais dans l'effort incongru de la GENERALISATION des usages. On m'avait pas dit que l'outil c'est le mediateur du niveau de competences et de connaissance du travail collaboratif. Et oui c'est pas tout de parler d'intelligence collective mais comme le dit leontiev (un p'ti gars sympa porteur de la theorie de l'activite) cette intelligence collective elle se retrouve dans l'outil... t'es un polio ou un virtuose avec l'outil? Ni l'un ni l'autre juste un p'ti lou normal ie personne et tout le monde a la fois... C'est un peu ca la vraie modernite dans l'entreprise... elle n'entre pas par la grande porte... en tout cas si tu l'observes arriver en "phanphare" c'est pas la bonne mais une pale copie...

" So keep pushing, Keep faith et met le masque d'oxzygene sur le visage de la mere, tourne le bebe pour le liberer de ce P... de cordon, au passage a toi de trouver le bon sens de la rotation pour que se libere les bonnes energies... et dans 10 ans on ne se posera meme plus la question...

On regardera comme des dinosaures les especes qui a un moment dans l'histoire de l'edition sur internet il fallait un wagon complet de developpeurs alors que la nano-publication et ses effets socio-psycho-cognitivo-sensori-moteurs seront acquis et integres par n'importe quel utilisateur de telephone portable; la nouvelle radio commande de ses appicatifs entertaino-productivo-travaillesques...

See U de Frankfurt (sorry y'a pas d'accent sur le clavier)
Gil

 


Revgi | Le Mercredi 03/12/2008 à 13:17 | [^] | Répondre

Re: Trop fort le looloo

Vincent Ah le Gil c'est un guerrier de la métaphore et un adepte de la maieutique. En ce moment à Beijing, berceau du chi kong il va nous revenir encore plus énergétique :-)

 


Vincent | Le Jeudi 04/12/2008 à 12:28 | [^] | Répondre

Re: Trop fort le looloo

Complètement d'accord pour dire que ce n'est pas avec Facebook qu'on va mobiliser les managers... Quant à l'introduction de la "modernité" dans l'entreprise, elle se fera de toutes manières au travers des outils s'ils sont efficaces : après avoir intégré le fax, les téléphones mobiles, les mails, les intranets et Internet (j'en passe...), les entreprises intégreront les blogs, les wikis et autres outils 2.0. C'est uniquement une question de délai. 
Mais quant à savoir si leur système de management évoluera vers un plus grand respect des hommes et une meilleure collaboration entre tous les salariés, c'est une autre histoire...

 


Bernard Sady | Le Vendredi 05/12/2008 à 00:56 | [^] | Répondre

plus loin avec les méthodes Agiles et le Lean

Je te rejoins sur cette question de la distance avec la réalité. 
L'entreprise 2.0 est encore à l'heure actuelle trop coupée du quotidien des collbaorateurs, et sans doute une des raisons pour lesquelles ça ne marche pas !

Ma propre réflexions se fait sous l'angle de la gestion de projet, une activité devenue centrale dans l'activité de beaucoup de collaborateurs. Mon postulat est le suivant : les efforts déployés en termes de connaissances, de partage d'informations, de gestion de compétences ou d'évolution des collaborateurs seront  voués à l’échec si la dynamique crée ne va pas sur le terrain des projets, là où se concentre jusqu'à 99 % de l'activité de certains.

La gestion de projet 2.0, dont on a pas mal parlé, n'a jamais été jusqu'alors à la hauteur ne travaillant qu’en surface sur un outillage à la mode, au détriment des vraies promesses sur la collaboration et sur la place de l'individu sur les projets.

Je propose donc d'aller plus loins avec une gestion de projet Agile et Lean (j'appelle ça la gestion de projet 3.0, en rupture avec les précédentes), une gestion de projet différente, vraiment collaborative et plus humaine, qui repose sur des valeurs, des principes et des pratiques qui ont prouvé leur efficience, mais qui sera avant tout UNIQUE à chaque entreprise.

Sans dire que les principes de l'Entreprise 2.0 sont les meilleurs, sans dire que "nous sommes les meilleurs", il est certrain qu'elle a fait nâitre des attentes sur le terrain et chez les collaborateurs. Comme tu le soulignes, ce qu'on propose depuis 2 ans ne va pas bien loin, ils faut trouver d'autres choses ... L'Agilté et le Lean, adaptés à chaque contexte, sont selon moi les moteurs dont l'Entreprise 2.0 a besoin pour enfin décoller, et atteindre le ROI qu'on attend d'elle.

La suite de ce point de vue dans ce billet:
http://www.qualitystreet.fr/?2008/11/06/178-donne-moi-une-gestion-de-projet-plus-humaine-et-plus-efficace-une-gestion-de-projet-30

 


jc-Qualitystreet | Le Mercredi 03/12/2008 à 13:22 | [^] | Répondre

Re: plus loin avec les méthodes Agiles et le Lean

Je suis allé sur ton blog, mais je n'ai pas compris comment le lean venait ajouter un plus à l'agilité dans la gestion de projet. Quels principes? Quels outils?
Si c'est pour imiter Takehisa Yaegashi qui a découché pendant plusieurs mois pour s'installer "dans le dortoir de l'entreprise pour éviter toute distraction" lors de la mise au point du moteur hybride chez Toyota, ce n'est pas la peine (Cf. Le modèle Toyota page 79)... lol...
Quant à une "gestion de projet 3.0", je pense qu'il faut arrêter l'inflation des versions, car ça devient franchement ridicule... 

 


Bernard Sady | Le Vendredi 05/12/2008 à 02:06 | [^] | Répondre

Nous ne sommes pas meilleurs en informatique

ce n'est pas la première fois, mais le blog vient de me scratcher mon commentaire... ;-((

Donc pour le moment vraiment pas meilleur...

 


Anthony | Le Mercredi 03/12/2008 à 19:00 | [^] | Répondre

Re: Nous ne sommes pas meilleurs en informatique

Vincent En tout cas Anthony j'attend du meilleur de toi et le vrai commentaire avec impatiente ;-) et merci pour les premières réactions.

Bon je ne pense pas que la révolution ce soit les méthodes japonaises découvertes dans les années 1980 et remises au goût du jour par un emballage 2.0. Je suis interessé par le retour à plus d'importance sur la relation humaine que vous développez.
Par ailleurs c'est vrai qu'il y a des très bonnes pratiques dont on peut s'inspirer mais n'est pas Toyota qui veut et d'ailleurs qui a envie  l'être actuellement ?

L'ami Pascal Veilleux est aussi en pointe sur ces sujets et j'aimerai bien avoir son avis...

 


Vincent | Le Mercredi 03/12/2008 à 20:54 | [^] | Répondre

Réponse de blog à blog

Etant l'Anthony qui a participé involontairement à cet article, je poursuis ici la conversation entamé avec Vincent sur l'autre blog.

Tout d'abord, pour moi le mot évolution n'est pas péjoratif. Tout le monde évolue, heureusement, et donc pour moi cela signifie avancée et progrès. Cela ne veut pas dire que le point de départ de l'évolution est mauvais (même si avec le recul, l'image incriminée peut le faire penser. J'en viens même à me demander si je ne devrais pas l'enlever pour éviter aux gens de focaliser dessus).

Oui Vincent je suis d'accord avec toi, souvent le 2.0 a rimé avec communication par les organisations, sans pour autant changer les façons de travailler. Car comme tu le dis si bien, nos interlocuteurs se posent souvent la question de la productivité avant le reste. C'est pourquoi j'ai publié d'autres articles sur la productivité des réseaux sociaux ou le ROI du 2.0, même si je pense que la richesse vient de l'interaction créée par les médias sociaux, et que c'est cette interaction qui est elle même la richesse. Mais il faut bien répondre aux demandes de nos interlocuteurs.

Pour ce qui est de la productivité et des pressions liées à cela, si je pensais que cette façon de travailler permet uniquement une meilleure performance de l'organisation au détriment des collaborateurs, je ne la défendrais pas. J'ai la faiblesse de croire que les communautés, le travail collaboratif, peu importe le nom, permet d'accroître la performance de l'entreprise tout en changeant en mieux les modes de travail des individus (comme le montre Michel Hervé)

Après, notre approche et nos arguments ne portent pas forcément leurs fruits immédiatement et le travail de persuasion peut-être long en effet. Maintenant pour avoir travaillé avec le milieu associatif, oui je suis persuadé qu'il faut répéter les choses et parfois simplifier les messages pour qu'ils marquent et soient audibles, quitte à être parfois simpliste ou un peu caricatural (l'avantage des blogs c'est qu'ils permettent comme maintenant d'enrichir le contenu par les débats).

Affirmer avec force nos convictions fait-il de nous des gourous du management ? Je ne crois pas, c'est plutôt la parole de gens convaincus, passionné et ayant tout même, du moins j'espère, une certaine connaissance du sujet.

Après reste-il des choses à inventer pour faire progresser les choses sûrement ? Existe-t-il une seule voie, j'espère que non. Est-ce que je me trompe, rarement, souvent, jamais... aussi, mais cela fait partie du débat qui nous fait tous progresser.

Il ne s'agit donc pas d'ignorer le passé et ses modes d'organisation ou de management et de prétendre détenir une vérité, mais au contraire de s'en inspirer en s'appuyant sur les nouveaux médias sociaux pour les renforcer. Je ne condamne donc pas "l'ancienne école des RH", il s'agit toujours de conduite du changement pour accompagner une autre forme d'organisation et de management liée à de nouvelles technologies. Car on ne parle pas d'outils, mais bien de culture à faire évoluer. Toi qui parle souvent de Tai Chi, comme dit la sagesse orientale, ce n'est pas la destination qui compte, c'est le chemin.

Pour en venir à ta conclusion sur l'écoute. Entre communiquer sur un blog et répondre à une problématique d'un interlocuteur il y a une différence. Comme je le disais cette après-midi à un client, "on ne fait pas du collaboratif pour du collaboratif, mais parce que cela répond à une problématique définie. Si ce n'est pas le cas, il faut chercher ailleurs". Dans ma boîte, le pilier de la culture maison c'est la sociologie des organisations, je ne peux donc qu'aller dans ton sens sur la sociodynamique et l'apport de ces médias sociaux.

Après j'aimerai, encore, que tu développes sur ce concept de sociodynamique (c'est l'idée de Fauvet ?)

Voilà je crois que c'est tout, j'espère que une ou deux autres idées n'ont pas disparu avec le plantage du premier commentaire.

 


Anthony | Le Mercredi 03/12/2008 à 22:42 | [^] | Répondre

Une fusée à plusieurs étages

En fait l'entreprise dite 2.0 c'est beaucoup de choses à la fois.

Une vision macro de ce que doit être le fonctionnement d'une organisation tout d'abord car sans ça tu ne pas nulle part sauf par hasard. Certains ajouterons également une vision de la place de l'homme dans l'entreprise. Pas si "déconnant" que ça dans la mesure où justement c'est sur l'individu et sa capacité à faire, seul ou en groupe, que de plus en plus de choses reponsent.

Mais une entreprise c'est avant tout un système de production organisé dans lequel des personnes remplissent des tâches. Ce qui explique qu'il faut traduire la vision en termes "mains dans le cambouis". Et si l'éloboration de la vision en question est relativement rapide, la seconde phase l'est moins car on rentre dans le coeur de chaque tâche, de chaque métier et qu'il faut faire bouger un certain nombre de choses de manière cohérente. Et en travaillant à un niveau de granularité très fin.

Rassures toi Vincent, je pense que personne n'a été assez stupide ou rêveur pour croire que cette seconde phase se ferait en un an. Que tout allait changer d'un seul coup et tout ensemble parce qu'on avait trouvé où aller. Ca fait peut être longtemps que certains y pensent mais il faut avoir du recul et être pragmatiques : même si tout s'accélère, à l'échelle d'une entreprise 1 an c'est court. Très court. Si tu veux mon avis on donnera les derniers coups de peinture dans 10 ans. Ou moins.

Car force est de reconnaitre qu'il y a a des projets et des réussites. Des échecs aussi. Mais qu'à force d'essuyer les platres on voit des maçons construire de beaux murs du premier coup de plus en plus fréquemment. Et de projet en projet les choses prendront progressivement forme. Des exemples de succès "locaux" tout le monde en connait. Et ils sont de plus en plus hétéroclytes et nombrex. Mais ne demandons pas à une entreprise de plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs forte d'une longue histoire de passer du local au global en douze mois.

Je suis pour le moins rassuré de voir qu'on oublie de plus en plus l'aspect "social" de l'outil (dans tous les sens du terme) pour les positionner avant tout comme outil de travail. Je finissais par désespérer mais on y arrive enfin. C'est sur c'est moins sexy que la phase "vision", ça demande plutot un microscope qu'une longue vue mais ça prouve qu'on rentre dans le vif du sujet.

Il y a quelques mois je me souviens avoir évoqué en public la nécessité de bien articuler ces dynamiques nouvelles avec les processus bien formels de création de valeur. En effet les dits processus existent (on a pas attendu les années 2006-2008 pour organiser le travail...fort heureusement) et si on ne s'interface pas avec, voire si on en refond pas quelques uns, on impactera pas la création de valeur qui reste, quoi qu'on en dise le seul but d'une entreprise. Je me souviens qu'on m'avait dit de je voyais des choses nouvelles avec une "vue ancienne". Bon finalement il me semble qu'on y revient quand même. L'optique "création de valeur" et les processus afférents comme axe directeur c'est peut être pas si idiot que cela à la fin.

Bref, après la vision on passe à l'execution qui demande beaucoup de temps et de précautions, ça n'est pas toi qui me dira le contraire.

Le passage de l'entreprise telle qu'on la connait le plus souvent à l'entreprise "nouvelle mouture' (désolé mais le terme 2.0 commence à sincèrement m'exaspérer) n'est pas une ugrade logicielle : tu passes d'une version à la suivante en une opération et c'est fini. C'est un processus progressif de micro ajustements permanents. Et il ne faut pas oublier qu'à un moment donné il n'y a ni entreprise n ni entreprise n+1 : il y a une entreprise qui doit composer avec son présent.

Résumons : une entreprise ce sont des gens qui travaillent au quotidien pour produire selon une organisation relativement définie. Donc mettons les bouchées doubles sur le travail très concrêt des gens au quotidien. A chaque fois que les choses ont été faites sur ces bases et non sur des pseudo projet périphériques les résultats ont souvent été au rendez vous. Les mots "mesure", "évaluation" et "pilotage" ont à mon sens été trop longtemps absents du sujet "E2.0", alors on ne va se plaindre maintenant qu'il pointent le bout de leur nez non ? C'est justement l'inverse qui serait inquiétant et prouverait l'inutilité de la démarche.

 


Bertrabd Duperrin | Le Jeudi 04/12/2008 à 00:32 | [^] | Répondre

Bonjour à tous,
La discussion commencée sur le blog d'Anthony continue sur le blog de Vincent. Il faut suivre, mais il paraît que c'est ça le web...
En tous cas, impressionnant cette remise en question très honnête sur l'entreprise 2.0!

Avant de répondre aux différents commentaires (demain), je veux dire quelques mots sur le billet de Vincent. 
Dès que j'ai découvert cette notion d'entreprise 2.0 il y a un peu plus d'un an, j'ai d'abord eu une réaction d'étonnement, puis d'énervement devant la prétention des partisans de l'entreprise 2.0 à résoudre le problème de la participation et de la collaboration dans nos entreprises grâce à quelques outils et en quelques mois, alors que cela fait pratiquement 100 ans qu'on essaie de sortir du cercle infernal dans lequel Taylor a enfermé nos entrerises. Je préfère ce retour à plus d'humilité. 
Ensuite, Vincent explique que l'entreprise 2.0 "n’a pas séduit ou convaincu nombre d’entreprises malgré tout le battage médiatique fait autour". Comme je l'expliquais sur le blog d'Anthony, le battage a été plutôt une brise légère, car cette notion d'entreprise 2.0 est parfaitement inconnue de tous les cadres que je rencontre... Ce battage se faisait effectivement dans une "bulle" et donnait l'impression de faire beaucoup de bruit, mais le son n'en sortait pas... Je l'ai découverte par hasard... Sur le fait que nombre d'entreprises (surtout parmi les grandes) n'ont pas été convaincues par le 2.0 a une autre explication à mon sens. Ces grandes entreprises sortent exsangues et souvent traumatisées de la mise en place d'ERP (qui ne l'oublions pas promettaient monts et merveilles...). Elles n'ont pas envie de modifier leur SI de si tôt, ni de mettre à nouveau de l'argent dans ce qui semble être un trou sans fond. JC de parle de ROI et on a vu les partisans du 2.0 essayer il y a quelques semaines de trouver un ROI à ce concept. Hélas, de plus en plus de managers considèrent que l'informatique est beaucoup plus un coût qu'un investissement... 
Je suis bien d'accord avec Vincent pour dire que l'argumentation présentée (avec l'entreprise 2.0, vous allez régler vos problèmes de collaboration non résolus depuis près de 100 ans) ne pouvait pas convaincre les décideurs dans les entreprises. Il ne faut quand même pas les prendre pour des naïfs!
Et je suis également d'accord pour constater que "les fonctionnements internes n'ont guère changés". Ce ne sont pas des outils qui peuvent à eux seuls modifier des comportements ancrés dans les gènes des managers. (je reviendrai plus tard sur le rôle des outils dans le changement).
Par contre, je ne suis pas d'accord avec lui lorsqu'il affirme que "l’informatique reste aux yeux des dirigeants un formidable outil de rationalisation (ah les workflow magiques….)." Oui, il y a des workflows, mais il n'y a pas que cela, heureusement. Et on en revient. Ils ne sont mis en place que lorsque cela apporte de la fluidité. Je ne le suis pas non plus lorsqu'il affirme que "L’informatique ancienne ou 2.0 reste un formidable vecteur d’une taylorisation des cols blancs qui permet d’appliquer dans toute sa grandeur les principes de segmentation, pression, surveillance." Ce phénomène existe certainement dans certaines entreprises et dans certains services (comptabilité par exemple), mais il me semble (je n'ai pas de statistiques...) que ce n'est pas la généralité pour tous les cols blancs. Le boom de la BI actuellement montre plutôt que les entreprises souhaitent  apporter à leurs cadres les outils leur permettant d'exploiter les nombreuses données saisies dans les ERP (c'est également une concurrence très forte vis-à-vis des outils 2.0).
Par ailleurs, je ne peux qu'être d'accord lorsqu'il dit que les partisans du 2.0 se sont réfugiés dans leur caverne. Par contre, lui, il s'en rend compte, ce qui ne semble pas le cas de tous les commentateurs de ce billet...
Mais je ne comprends pas lorsqu'il dit : "Nous condamnons l’ancienne école des ressources humaines mais nous proposons notre propre One Best Way sans peur du paradoxe." Si j'ai bien compris, c'est l'école classique de Taylor, Ford et Fayol que vous condamnez et non pas cette école des relations humaines qui a été la première réaction face aux erreurs des classiques? La "one best way" est bien de Taylor.
Pour conclure et arrêter ma prose, je dirais avec Anthony que je suis curieux de savoir ce que peut donner "la socio dynamique couplée aux outils 2.0". Attention de ne pas créer une nouvelle bulle... 
A bientôt.

 


Bernard Sady | Le Jeudi 04/12/2008 à 01:38 | [^] | Répondre

Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent Vous m’avez fait plaisir  par la qualité de vos commentaires, par les ponts qui nous rapprochent et cela faisait longtemps que nous n’avions pas ensemble avancé sur ce sujet en parlant sans détours.

Je partage nombre des choses que vous avez dites Anthony et Bertrand sur les autres points nous aurons l’occasion de les aborder ici ou sur vos blogs dans les prochaines semaines.
 
Je vais donc tenter de répondre à certaines questions de Bernard qui a un regard neuf, tourné vers l’opérationnel et s’appuyant sur une bonne connaissance du management.
 
En premier lieu les ERP se vendent toujours et ne sont pas au même niveau de SI que les applications 2.0,  parfois même ils fonctionnent ! Il s’agit d’un autre débat qui nous entrainerait vers le cloud computing mais d’un très bon exemple sur le contrôle apporté par l’informatique. En effet un ERP ou un workflow c’est quoi si non une optimisation et un découpage en séquence de nos processus pour amener de la productivité et parfois un meilleur service ? Qui n’a pas entendu un manager pester sur les informations à rentrer dans des formulaires exhaustifs et avant une date précise pour alimenter le système ? Que celui-ci permette ensuite de faire des requêtes, établir un tableau de bord…. heureusement mais il assure aussi un suivi de temps, tâches, exécutants comme l’a rarement fait le meilleur des contremaîtres sur une chaîne chez Ford dans les années 30.
Donc la logique de l’informatique pour les dirigeants a été jusqu’à maintenant plus de contrôle et de productivité au tais –toi et visses à succédé le tais-toi et tapes (sur le clavier !).
 
Comment s’étonner que nous-nous heurtions à un mur avec l’approche actuelle d’une bonne partie du 2.0 alors que l’on change complètement de paradigme et que l’on redécouvre le salarié comme acteur au sens de Crozier. Anthony et Bertrand le disait et je le partage le 2.0 pour fonctionner porte aussi en lui un souci de rendement mais associé à une prise en compte et un respect du salarié. Voila donc le travail qui nous est donné et pour lequel nous devons évoluer dans notre façon de travailler, conseiller, communiquer.
 
C’est encore en cela que je me moquais un peu de notre tendance à considérer que nous avions trouver la pierre philosophale et notre désespoir d’être entouré d’aveugles. Nous détenions la vérité ce qui nous amenait à proposer un discours unique sur le mode du « one best way » de Taylor. Le 2.0 ou pas de salut !
J’ai bien entendu la demande de développement de la notion de la socio dynamique couplés aux outils du 2.0 et je vous propose de continuer à y travailler ensemble sur nos blogs dans des prochains billets.

 


Vincent | Le Jeudi 04/12/2008 à 12:36 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

J'ai passé la journée avec un "gros" DSI hier qui commence à comprendre que ce sont deux niveaux d'applis distincts qui répondent à des enjeux différents et sont donc complémentaires. Et donc que ce qu'ils appliquaient à l'un n'est peut être plus pertinent pour l'autre.

Les choses se font pas à pas comme je te le disais, le passage du macro au micro est un immense puzzle... :-)

Soit dit en passant j'espère que personne n'a envisagé ne serait-ce qu'une seconde la fin des ERP hein ? Rassurez moi ? C'est un peu comme prévoir la fin du métro en raison de l'arrivée du vélib' (heu... désolé Vincent).

Autre point sur Taylor. Je pense qu'on se focalise trop (même si le raccourci m'arrange bien parfois) sur le résultat de ses recherches et non sur la méthode qu'il a employé pour y parvenir. Taylor c'est la mise en place, par le raisonnement, de la meilleure solution dans un contexte donné. Mettez Taylor dans une entreprise aujourd'hui il appliquerait la même méthode pour arriver à un résultat différent.

Au fait n'oublions pas qu'entre le temps de la réflexion de Taylor et le temps du changement abouti (nouveau mode de production, alignement des processus d'évaluation, de management etc...) il s'est passé un sacré bout de temps non ?

 


Bertrabd Duperrin | Le Vendredi 05/12/2008 à 05:25 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent D'accord Bertrand sur ces points, bon on a eu Fayol, Sériyex, Crozier aussi qui sont au moins aussi interessant que les penseurs managériaux outre atlantique ou asiatique.
Ce matin dans la rue interne et àl'espace conférence de la RATP il y avait une manifestation sur les entreprises qui s'engagent dans la RSE. C'est vraiment un point important mais encore une fois un peu tropexcentré du reste de l'entreprise tout comme il y a quelques années les responsable éthiques et demain les community manager, tout celà doit nourrir le management, l'organisation et non pas être des constructions semi-indépendantes...

 


Vincent | Le Vendredi 05/12/2008 à 21:58 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Sur ce point on a un exemple d'entreprise qui a une vision de l'homme, de la société, qui l'applique dans son management et ses méthodes, dans sa manière de travailler et partager ses savoirs, le tout sans être 2.0 pour deux sous dans l'acception technologique du terme : Danone.

Ah cet Antoine Riboud. Un grand manager trop méconnu je pense.

 


Bertrand Duperrin | Le Samedi 06/12/2008 à 05:55 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Bertrand,

Au sujet des ERP, on parle de plus en plus de les désintégrer... Ils ne disparaîtront pas, mais évoluent pour s'adapter aux métiers des clients. L'ERP qu'on a connu au début et qu'il fallait appliquer "brut de fonderie" sous prétexte qu'il avait intégré les "meilleures pratiques mondiales", c'est fini et heureusement.

Sur Taylor, je ne suis pas d'accord. Il n'a pas que mis au point une méthode "scientifique" d'étude des postes de travail. Il avait une vision complète de l'homme. Pour moi, son "erreur fondamentale" a été de penser que les motivations ultimes du patron comme de l’employé étaient de faire le maximum de profit. Il a donc essayé de régler cette apparente incompatibilité en visant une productivité maximale qui aboutirait à une bonne rémunération pour les ouvriers et de bons profits pour les patrons. D'où sa méthode d'étude des postes de travail dont tu parles, mais il n'y a pas que cela.
Taylor a élaboré un nouveau système d’organisation du travail avec comme point central la ré-attribution du pouvoir au sein des ateliers. Le pouvoir doit être retiré des mains des ouvriers pour être transmis à l’encadrement. C’est le « coeur de la stratégie taylorienne » (Pouget).
Il va répartir le travail entre les ouvriers et l’encadrement. Il s’agit du 4ème principe des “Principles” : « Il y a une division presque égale du travail et de la responsabilité entre l’encadrement et les ouvriers. L’encadrement reprend tout le travail pour lequel il est le mieux placé, alors que dans le passé, tout le travail et la plus grande part de responsabilité étaient mis sur le dos des ouvriers. » (The Principles - chap. 2). Comme Taylor est bon ! Il veut soulager l’ouvrier de près de la moitié de son travail et de ses responsabilités ! Mais l’encadrement reprendra le travail de conception, autrement dit la partie la plus intéressante du travail, et il ne restera à l’ouvrier que l’exécution stricte des consignes données, sans qu’il puisse faire preuve d’aucune initiative. Si un ouvrier a une idée d’amélioration, elle pourra être mise en oeuvre, mais ce ne sera qu’exceptionnel : c’est à l’encadrement d’avoir les idées, pas aux ouvriers !
Il faut éviter de faire un anachronisme en voulant mettre Taylor dans une entreprise actuelle. Il a vécu dans un contexte religieux et industriel de la fin du 19ème siècle. Il est impossible (et à mon avis aberrant) d'imaginer ce qu'il aurait fait au 21ème siècle... 
Il a vécu il y a longtemps, OK, mais n'empêche qu'il continue à nous pourir la vie tous les jours...

Quant au "changement abouti", je ne le vois pas encore...

A bientôt.

 


Bernard Sady | Le Samedi 06/12/2008 à 01:51 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

La méthode n'exclut pas la vision de l'Homme non ? A la limite on peut même considérer qu'elle la détermine pour partie car elle en détermine pour partie les objectifs.

Par contre je ne trouve pas si abérrant de se demander quelle serait la vision d'un Taylor d'aujourd'hui et comment il la mettrait en œuvre. Ne serait-ce que pour démontrer par l'absurde qu'il faut arrêter de prendre pour argent comptant et retransposer inconsciemment son héritage non ?

Pour ce qui est de l'ERP je te rejoins. Ce que je conserve c'est son coté structurant. Ou plutôt qu'il formalise ce qui structure la production. Une chose que beaucoup d'adeptes du 2.0 oublient : tout ne peut être "libre", "open" et laissé à l'intelligence des foules : la production, même dans des entreprises de "knowledge", ça s'organise et se structure à minima, et ça n'est pas parce qu'il faut laisser pas mal de mou qu'il ne faut pas poser de règles ni de contraintes. C'est dans le cadre de ces règles que s'exprime ce que les anglo-saxons appellent "free-form collaboration". L'erreur c'est soit la méconnaissance de ces règles soit leur inadaptation au contexte, par leur existence.

 


Bertrand Duperrin | Le Samedi 06/12/2008 à 05:52 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Bertrand,

Il me semble que la vision est première et que la méthode permet d'atteindre l'objectif. C'est en tous cas le cas de Taylor. Il a mis au point sa méthode d'étude des tâches (ou des postes de travail), car pour lui, il fallait une productivité maximum pour que les ouvriers et les patrons aient pour les premiers un salaire maximum et pour les seconds un profit maximum, buts ultimes de l'Homme.
Je viens de publier un billet sur "le contexte dans lequel Taylor a évolué", pour montrer qu'aussi bien le contexte des idées que le contexte industriel étaient très différents de ce que nous avons actuellement et que ces contextes ont profondément marqué Taylor. Je ne vois pas du tout comment on pourrait arriver à imaginer la vision d'un "Taylor d'aujourd'hui" (quaker? quelle problématique salariale? quelle organisation du travail?). Dans les jours qui viennent, je vais publier un billet sur la "vision" qu'avait Taylor. Tu verras que cette vision est directement inspirée du contexte dans lequel Taylor a évolué. Non, vraiment, je ne vois pas comment on pourrait imaginer (sauf à inventer n'importe quoi...) la vision d'un Taylor d'aujourd'hui. 
Mais au fait, pour toi, ce serait quoi cette vision?
Quant à "démontrer par l'absurde qu'il faut arrêter de prendre pour argent comptant et retransposer inconsciemment son héritage", le problème est que cet héritage est tellement entré dans les gènes de l'entreprise que sortir de Taylor ne se fera pas que par un raisonnement intellectuel.

 


Bernard Sady | Le Mardi 09/12/2008 à 00:07 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

XavierAucompte Vous avez raison, on ne sortira pas de Taylor par un raisonnement intellectuel mais simplement en ce moment en regardant son niveau de liquidité presque nul et son action chutter. Là, on se dit que le modèle d'entreprise est à revoir.

 


XavierAucompte | Le Mardi 09/12/2008 à 00:27 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent
Il est vrai que la plupart des ERP fonctionnent, mais l'accouchement, pour reprendre l'image de Gil, s'est souvent fait au forceps et a laissé des traces. Ce que je voulais dire, c'est qu'après cette mise en place difficile, les entreprises voulaient faire une pause et n'étaient pas prêtes à attaquer de nouveaux projets informatiques en dehors de celles indispensables à leur coeur de métier. Il me semblait que ce pouvait être un frein à la mise en place d'outils 2.0 dans les entreprises. Mais je me trompe peut être.

Par contre, il me semble que l'objectif principal des ERP n'est pas de contrôler le travail des salariés, même si c'est possible. Bon, mais ce n'est pas l'objet du débat actuel, comme tu le dis.
Mais il est vrai que dans la grande majorité des entreprises, au travers des outils informatiques ou plus directement, c'est "fait ton boulot et tais-toi"! Taylor nous a bien piégés.

Je reviens sur le concept d'entreprise 2.0. Tu écris : "on change complètement de paradigme et on redécouvre le salarié comme acteur au sens de Crozier". C'est bien que tu redécouvres Crozier maintenant, mais son livre date de 1977. Tu cites dans une autre réponse plus loin, Sérieyx. Tu dois faire référence à "L'entreprise du 3ème type" qui date de 1984. Ce qui veux bien dire que la critique du taylorisme (ouvrier considéré uniquement comme appliquant ce qui est décidé par la hiérarchie) a été faite depuis longtemps, mais que les solutions collaboratives et participatives proposées n'ont toujours pas fonctionné et les entreprises n'ont toujours pas fait évoluer leur management dans un sens participatif et collaboratif. Tu dis qu'on change de paradigme. Si le nouveau paradigme est la collaboration et la participation, les entreprises peuvent encore vivre de nombreuses années en conservant l'ancien...

Je te propose un exemple d'un espoir de collaboration et de participation né il y a plus de 20 ans et qui a échoué : les cercles de qualité. Sur mon blog, je viens de publier un billet "L'entreprise 2.0 et la pierre philosophale", avec une longue citation d'un extrait de "l'Entreprise du 3ème type" soulevant les mêmes problèmes que ceux que tu as exprimés, au sujet des cercles de qualité. A l'époque, tout le monde en parlait et on connaissait dans les entreprises (contrairement à l'entreprise 2.0 actuellement). Et cela a échoué. Il me semble que c'est un échec qu'il est intéressant d'analyser. Car il n'y a pas de raisons que ce qui n'a pas marché il y a 25 ans, fonctionne maintenant par le biais de quelques outils 2.0... Ou alors, il faudra expliquer ce qui a changé.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas quelques réussites (cercles de qualité ou entreprise 2.0), mais cela reste confidentiel et ne touche pas la grande majorité des entreprises, alors que le taylorisme est dans les gènes de ces mêmes entreprises.
A bientôt

 


Bernard Sady | Le Samedi 06/12/2008 à 01:08 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent Tes propos complétent ma pensée Bernard sur les ERP et comme le disait Bertrand ces trop souvent usines à gaz sont nécessaires pour sortir les payes, les plans de formation, le suivi des carrières etc... on pensait y consacrer un doigt et le bras y est passé. Alors c'est sur que derrière l'enthousiasme sur la puissance des outils informatiques n'y est pas...

Maintenant regardons les budgets d'investissement, du 2.0 face à l'ERP c'est dérisoire, sauf si on remet la sauce dans des portails type sharepoint parcequ'on a confiance dans la toute puissance de ces machines et que l'on a réussi son passage à l'ERP.

Voila une profonde différence du 2.0, l'effet papillon. Un infime mouvement peut au final avoir des conséquences importantes. C'est plus proche de moi l'effet du Hunyuan Taichi, une économie de mouvement pour un impact maximum. Seulement il y a des conditions dont Grégory, Bertrand et moi-même ne cessons de rappeler (managéirales, organisationnelles voire philosophique).

Nous en faisions avant des conditions incontournables en nous repliant sur un système idéal loin des pratiques actuelles et en nous démarquant de plus en plus nous-nous sommes isolés, affaiblis face aux décideurs.

Au contraire de toi je pense en effet que Crozier (souvenirs de mon DESS RH...) et Seriyex avaient les clefs mais pas les bons outils, c'est un peu comme si il manque la levure quand tu fait du pain!

J'ai lu avec intérêt tes articles et en particulier ton étude du livre blanc de BKK et je pense que malgré les apprence nous ne sommes pas si éloignés que ça....

Au final ma vision idéale quand je regarde le mur de ma caverne ;-) c'est une entreprise appliquant les principes de Crozier, Seryiex et plus actuels de RSE et utilisant les outils 2.0 avec un sens plus large du travail de chacun que le simple profit.

PS: dans la bibliographie ajouter en plus jeune bien que ça date de 10 ans, Eungène enriquiez, Les jeux du pouvoir et du désir dans l'entreprise.

 


Vincent | Le Samedi 06/12/2008 à 10:09 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent,

Ce débat est vraiment très intéressant et j'intègre dans mes réflexions beaucoup de ce que tous les intervenants expriment. Ce qui est également très agréable, c'est le ton de ce débat. La passion n'élimine pas la cordialité et le respect.
Il est vrai que nous sommes très proches, car nous avons à peu près la même vision de l'entreprise. La différence est bien dans l'importance et l'impact des outils 2.0.
Je suis complètement d'accord avec ta vision finale de l'entreprise, car les outils 2.0 seront intégrés un jour ou l'autre dans l'entreprise. Mais ce n'est pas parce qu'une entreprise n'a pas intégré d'outils 2.0 que ses membres ne collaborent pas et ne participent pas. Pour moi, l'ajout des outils 2.0 est la cerise sur le gâteau, plus qu'un "saut qualitatif". Je suis convaincu de l'efficacité de ce type d'outils pour améliorer la participation et la collaboration, pas pour la créer.
Une question : que penses-tu du Lean Manufacturing? C'est une "philosophie" qui recherche la performance industrielle tout en développant la participation et la collaboration des membres de l'entreprise. Il me semble que cette philosophie s'étend dans les entreprises. Elle est étudiée dans les écoles d'ingénieurs et sera donc de plus en plus appliquée dans les années à venir. L'Entreprise Lean ressemble beaucoup (dans ses principes) à l'Entreprise 2.0, non? J'aimerais te lire là-dessus.

 


Bernard Sady | Le Mardi 09/12/2008 à 00:49 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent Je ne connais pas assez bien ce concept pour faire le parallèle mais celà m'interesse d'en savoir plus.

 


Vincent | Le Mardi 09/12/2008 à 09:59 | [^] | Répondre

Re: Platon voila l'allégorie de la caverne du 2.0!

Vincent,
Le lean, c'est en fait le système que Toyota a développé depuis plus de 50 ans.
J'ai présenté un livre "Objectif Lean" la semaine dernière sur mon blog. Je l'ai découvert récemment et il me semble un des meilleurs pour comprendre cette "philosophie". Tu y retrouveras beaucoup des concepts que tu défends.
Ce qui est très drôle, c'est que nous aussi, nous avons nos débats : lean philosophie ou méthode? "lean" ou "lean - "?... Tu peux en voir un échantillon sur mon blog ici et ... Mais c'est toujours intéressant quand ça se passe dans un bon esprit.

 


Bernard Sady | Le Mardi 09/12/2008 à 23:29 | [^] | Répondre

Lien croisé

Médias sociaux et évolution des cultures organisationnelles - M2IE : le blog du : "continue ailleurs. C'est le cas, elle se poursuit actuellement là : http://b-r-ent.com/news/sommes-nous..."

 


Anonyme | Le Jeudi 04/12/2008 à 23:09 | [^] | Répondre

Je resterai un défenseur de l'entreprise 2.0!!!!

XavierAucompte En lisant ton article Vincent, je vois deux choses se lier qui n'ont rien à voir ensemble. 

Tout d'abord, tu exprimes le fait qu'une partie des "penseurs" ou "premières lignes" (comme en rugby) de l'entreprise 2.0 sont des prof de fac ou des blogueurs qui ont une tête qui est devenue avec les années aussi grosses que des citrouilles pour Halloween. C'est vrai! Mais c'est aussi un peu à l'image de cette blogosphère jet set. Donc refuser que l'on puisse de façon arrogante dire : on a raison avec l'entreprise 2.0 et vous comprenez rien les DRH, les DSI, les DG , ... est à combattre!

Ensuite, tu recommences avec la recherche d'une nouvelle formule qui est un peu une négation de l'entreprise 2.0 dont Bertrand va jusqu' à dire que cela le gonfle (ce n'est pas le terme exacte mais je n'ai pas son commentaire sous les yeux et il m'excusera mais le sens est là). Là-dessus, je suis doublement en désaccord avec vous et avec ce qui a été dit dans les commentaires.

Pour commencer sur le premier désaccord, On ne pousse pas l'entreprise 2.0 parce que ce serait le grand soir où les salariés seraient tous heureux et cela même si c'est un peu vers cela qu'on va. Là on serait dans une philosophie politique et un vision utopique qu'il est d'ailleurs triste de n'avoir jamais vu un politique ou syndicat aller. Cela montre bien le retard incroyable de la classe politique sur les usages et les effets du numérique. 

On ne pousse pas non plus parce qu'on s'est dit que nos stratèges d'entreprises étaient des mauvais qui n'avaient pas compris que les entreprises étaient dépassées et travaillaient avec des outils d'hier dans un monde toujours en avance sur demain et cela même si c'est vrai. Là encore, comment prouver par des chiffrages une organisation qui ne s'est jamais mise en place ou dans de rares cas comme Michel Hervé a pu le montrer. Mais attention, il avait montré l'intérêt de la ville numérique 15 ans avant qu'il ait une réelle compréhension de la chose et le développement d'une réelle e-administration et e-collectivités locales.

La raison de cet engagement est tout simplement de regarder les femmes et les hommes vivrent. Comment encore comprendre qu'on ait d'un côté un monde de la vie privée super réactif, super réseautée, super mobile, super nomade, super ouvert, super productif, ... et à côté une entreprise où on a peur de mettre de la messagerie instantanée et où l'on a une vision du mode de vie des années 70.

Tous les jours, à chaque échange, à chaque personne que je rencontre, que ce soit un ouvrier, une femme de ménage, un patron, un commerçant, un étudiant, un cadre, un prof, une écolière, ..., on parle de cette nouvelle vie, de son portable, d'un mail, du dernier jeu wii, de la ds, du blog, de ses amis sur facebook, ... Promenez-vous dans un train et vous verrez deux personnes sur trois avec un outil numérique dans les mains. Allez dans un café et vous verrez les téléphones portables sonner, un homme seul jouer avec son iphone ou un étudiant taper un cours sur son portable, ... Allez manger chez des amis, vous verrez 9 fois sur 10 un ordinateur dans la maison. ....

La révolution, je ne l'invente pas! Elle est là! Elle existe! Et alors que l'on se gonfle de commentaires et d'articles sur la génération Y et sur tous ceux qui savent, on oublie le fossé numérique qui se creuse qui n'est pas générationnel. Des parents perdus face à tout cela qu'un reportage idiot rend hystérique parce que facebook serait l'âme du diable. Des articles hallucinants montrant, il y a quelques mois, Second Life comme un repaire du sexe et du jeu pour faire frémir ceux qui ne savent pas. Sans parler de la fameuse maladie des gamers dont tout le monde parle et qui rendrait idiot tout adolescent et enfant jouant en réseau, sur une DS ou une wii. 

Parce qu'une révolution est toujours un moment de crise, il est important de ne pas aider à se creuser le fossé mais bien au contraire parler, échanger, former, écouter, comprendre et aider ceux qui ne sont pas numérique. En même temps, on ne peut créer une société du tout numérique.

Dans ce nouveau contexte numérique, l'entreprise a en plus à subir les crises énergétiques, sociales, terroristes, financières, climatiques, ... L'entreprise ne peut plus fermer les yeux et continuer comme si de rien était. Cette entreprise doit prendre en compte et utiliser cette révolution. Celle-ci est tellement profonde que ce n'est pas mettre un réseau social dans une direction qui changera les choses! C'est bien un changement de management, de communication, rh, ... Et c'est un changement radical! 

Vous dites qu'on mettra dix ans! C'est ce qu'aurait bien voulu avoir photoservice avant de tomber poussée en quelques mois par une pme utilisant le web pour développer les photos. Et cet exemple n'est pas unique. Plus personne n'est à l'abri! Alors à chacun de choisir.

Face à cela, l'idée de l'entreprise 2.0 est géniale! Elle donnera sûrement lieu à de nouvelles écoles de pensée. Elle sera sûrement appliquée de façons diverses en lien avec les réalités d'entreprises. Elle n'est donc évidemment pas un modèle en béton armé intouchable mais un chemin vers lequel aller.

Ce que je trouve grave de ce fait est que des animateurs de cette idée jouent les stars en cherchant la bonne idée qui fera du buzz sur la Toile ou dans les journaux. On fait comme certains blogueurs ont fait avant : - je dis que c'est génial le lundi, une fois que tout le monde est d'accord, - je dis que c'est nul le vendredi pour continuer à faire la Une - et puis un peu après je dis que c'est entre les deux et tout le monde est d'accord et je reste en tête de la vague.

Le sujet est trop important. Le travail accompli d'explications, de raisonnement, d'échanges et de formation porte tout juste ses fruits. Alors si nous sommes responsables, continuons à assumer cette bonne idée au péril que de nouvelles stars prennent la tête des hit parades du web. Nous sommes au moment le plus compliqué où nous avons un auditoire qui est prêt à écouter et à essayer. Nous sommes donc obligés de réussir, d'écouter pour évoluer, de moduler le raisonnement et l'application par rapport aux entreprises pour qui nous travaillons.

Je crois réellement que nous avons pris la mesure d'un phénomène avant la majorité des décideurs. Il ne faut pas se targuer de cela ou les prendre de haut. Notre but est d'expliquer ce qui se passe et de faire profiter de notre recul pour partager avec eux et construire ensemble les entreprises de demain. En cela, il est important d'éviter trois dangers cités avant : - oublier une partie des salariés non numériques et se noyer dans un délire participatif extrémiste, - ne pas partir dans des projets informatiques et web avant même d'avoir une entreprise prête à y aller, - amorcer ce changement trop tard une fois que l'entreprise a trop perdue pour revenir et être compétitive dans son secteur.

C'est pour toutes ces raisons que je dis : "vive l'entreprise 2.0" et que je vais continuer à porter le baton de pelerin pour parler de cette nouvelle vie numérique et 2.0 et donc de cette nouvelle entreprise numérique et 2.0, et aider à passer ce cap.

Pour mémoire, la définition trouvée sur BRENT de l'entreprise 2.0 : http://b-r-ent.com/news/suite-de-la-definition-de-la-recherche-de-l-entreprise-2-0 et vous pouvez aussi rechercher sur notre moteur les articles qui ont amené à celle-ci.

 


XavierAucompte | Le Dimanche 07/12/2008 à 03:38 | [^] | Répondre

Re: Je resterai un défenseur de l'entreprise 2.0!!!!

Vincent Xavier tu sembles défendre encore une fois une position immuable de visionnaire de l'entreprise 2.0 qui voudrait faire sauter les barrieres entre vie préivée, publique et professionnelle.

Franchement si la révolution c'est que le DSI achête des DS lite à la place de portables cela ne va pas changer grand chose au final.

Tu nous dit que tu tiens encore à cette entreprise 2.0 qu'elle n'est pas significative de mieux vivre mais quand -même, qu'on ne rabache pas ce concept parceque nos dirigeants n'ont rien compris mais si quand même aussi et au final l'argument c'est puisque tout le monde le fait à l'extrérieur pourquoi on ne le fait pas à l'intérieur des entreprises?

Tout simplement comme l'ensemble des commentaires le soulignent car l'entreprise est une organisation ce qui veut dire un système de rôles, de fonction, de contrôle tourné vers la production d biens ou service et bénéfices. Celà signifie que l'on craint les changements pouvant déséquilibrer le système et donc la perte de contrôle. Si l'adaptation à l'environnement est vitale le pas n'a pas été franchi de faire germer au sein même de l'entreprise, la libre parole et proposition d'idées, encore moins de l'encourager, l'instrumentaliser et la récompenser.

Pour moi ce n'est pas cet article (qui quoique tu sembles en douter est profondément sincère) qui est important mais les échanges qu'il permet et en effet cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti un courant d'idée parallèle et expoitable de changement dans l'entreprise. On se challenge, on se pose les bonnes questions, on prend du recul, on s'adapte mais on ne renonce pas à cette idée de changement radical de la place de l'individu dans l'entreprise, acteur, moteur et pas seulement instrument  de la performance.

Libre à toi mon ami de lever haut ta bannière entreprise 2.0 mais n'est ce pas non plus une pure figure rethorique voire marketing de se détacher de ce courant d'idées d'une approche plus opérationnelle et moins marquée pour continuer sur du pur sociologique ;-)

La soirée Clubnet va être chaude!

 


Vincent | Le Dimanche 07/12/2008 à 10:34 | [^] | Répondre

Je persiste et signe!

XavierAucompte

Tout d'abord, je sais bien que ton article dont on avait parlé avant même que je le lise est d'une totale franchise et la preuve d'une volonté d'avancer sur les sujets que nous traitons tous les trois avec Gilbert depuis des années sur BRENT maintenant.

Après, ce n'est pas parce que la montagne est haute qu'il faut refuser de la monter. Ce n'est pas parce que notre vision remet tout en question par rapport à tout ce qui a fait l'entreprise depuis des décénnies qu'on doit être frileux. Être pragmatique c'est une chose normale et gage de professionalisme quand tu fais du conseil et nous savons tous que l'on ne peut pas imaginer passer un grand groupe dans un univers entreprise 2.0 du jour au lendemain.

En même temps, je persiste sur la vision et je crois que nous ne sommes pas loin de la rupture connue lors des premiers penseurs indiquant que la terre était ronde. Et comme tu peux t'en souvenir, je citais souvent Christophe Colomb avant. Indiquant qu'il croyait en deux choses : que la terre était ronde et donc qu'on pouvait aller plus vite par l'ouest ce qui était un pari de fou pour l'époque et que les nouvelles technologies allaient lui permettre de passer ces difficultés avec l'apparition de nouveaux outils de navigation et la construction des caravelles révolutionnaires en leur temps.

Ma conclusion pour Christophe est qu'il a tout raté parce que n'a jamais atteint son objectif. Mais en même temps, il a fait avancer le monde entier par son erreure mais comment aurions-nous pu savoir s'il ne l'avait pas fait?

Nous sommes dans la même situation aujourd'hui. En cela, je crois que nous avons les outils pour et une autre vision de la vie de ce fait. Doit-on y aller ou non? Moi, je dis que oui! Après tu dis que c'est du marketing et que je suis maintenant à la tête d'une boîte de consulting. Tu as forcément raison dans un sens mais que dois-je faire? Ne plus avoir d'opinion, d'idées, d'engagement parce que ... Non je reste le même au péril même peut-être de ne pas avoir la plaquette lisse des grandes maisons de consulting.

Ce n'est pas parce que tu défends des idées et cela même avec passion que tu es un gourou ou je ne sais quoi car là cela tient de l'attitude et de l'ouverture d'esprit que nous avons tous sur ce blog, ce qui est le cas des personnes qui ont commenté cet article. En même temps, je suis allé volontairement loin pour dénoncer certaines choses que je commence à entendre et surtout le fait de laisser tomber l'entreprise 2.0

En tous les cas, quel bonheur d'échanger et de lire une si bonne qualité d'articles et de commentaires. 

 


XavierAucompte | Le Dimanche 07/12/2008 à 12:29 | [^] | Répondre

Yin Yang

Vincent Heureusement que nous ne sommes pas toujours d'accord si non ce serait vite ennuyant, tu as donc ta logique mais ne me fait pas dire des choses que je n'ai pas dite. J'ai simplement dit que ta sortie, OK vous êtes tous d'accord mais moi non pouvait aussi être considéré comme une stratégie de différenciation sans aller plus loin et surtout pas vers ton business modèle.

Encore une fois chacun sa technique en effet on peut continuer à se taper la tête contre un mur, c'est un choix et il arrive même que le mur finisse par céder contre toute attente dixit Crozier ! On peut aussi se dire qu'il y a peut-être une autre solution que celle-ci ou le prestige d'être premier de cordée.

Yin-Yang, ne pas utiliser la force contre la force mais au contraire se servir de celle de l'autre... Tao Te King, rester discret, voire dans l'ombre permet d'agir plus facilement et avec moins de résistance...

 


Vincent | Le Dimanche 07/12/2008 à 17:49 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

XavierAucompte

Cher vincent, ce qui est agréable depuis ces nombreuses années, c'est qu'avec Didier au départ et toujours avec Gilbert nous avons toujours avancé par nos différences et nos échanges sans concessions et nos passions. 

Il est vrai que tu es plus dans une approche YY et que je resterai amateur de troisième ligne. Dans les deux cas, le respect des arguments et des compétences est au coeur de nos échanges même s'ils sont passionnés.

Mais après un bon repas et un peu de réflexion et ton commentaire, je crois que nous allons dans un même sens. De toutes le façons, nos échanges réguliers vont le plus souvent dans le même sens. Mais alors pourquoi cette différence?
 
La différence est que je crois que tu as une stratégie de jeu à la française et moi à l'anglaise. Tu vois un regroupement et une forte difficulté, tu veux faire sortir le ballon et le faire partir aux arrières pour faire bouger les lignes et percer par rapidité et mouvement en cherchant la bonne méthode. Pour ma part, je crois que le pack intellectuel et ce que tout ce qui a été fait nous permet d'avancer. Je vois en ce moment de nombreuses ouvertures avec des DRH, des DSI, des DG, des Dir. Com., ... plus à l'écoute et prêt à nous écouter et à transformer leur entreprise ou au moins à évoluer. Ils sont en recherche et nous sommes une piste. Dans ce contexte, une bonne poussée d'avants ou des attaques au pré peuvent nous faire avancer. Je n'ai donc pas aujourd'hui envie de changer de concept mais bien le pousser par des applications pratiques où là nous nous retrouvons.

Alors ce match, tu le fait sur l'aile ou en première ligne avec moi?

 


XavierAucompte | Le Dimanche 07/12/2008 à 18:36 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

Francis Clancy  Xavier, l’entreprise 2.0 n’existe pas et n’existera pas (du moins ici, entre Lille et la frontière espagnole). Que dirons-nous en 2010 pour le Web4.0 ?. Vive l’entreprise Neuronale !

 

Non, le concept en soi ne veut rien dire. On mélange l’outillage et l’architecte. Lorsque Vincent avance sur le territoire de la dynamique relationnelle en entreprise, il a raison. Ce n’est pas un problème de Face book ou de wiki. C’est un problème plus profond qui tient à la nature sociologique de nos entreprises. Que nous introduisions du web (à la sauce 2.0) dans l’entreprise , c’est une bonne chose comme, l’électricité ou la photocopieuse. Le sujet actuel est plus simple. L’entreprise aujourd’hui  est en panne d’une dynamique RH. Il y a un clivage de fait et de nature qui existe dans l’entreprise entre les collaborateurs et les structures managériales , dites structures pivots.

Changer la gouvernance ne changera rien. Former le management et lui redonner du pouvoir social OUI. Alors, parler d’entreprise2.0 c’est donner un pouvoir à une batterie de cuisine qui n’a aucune légitimité. Que nous l’utilisions comme source d’appoint oui, mais comme base non. N’oublions pas que nous ne pouvons copier le monde externe du web en entreprise comme cela. Le monde web2.0 est seulement à la marge très intéressant, mais pour le reste, pour les 95% soyons honnêtes, c’est très pauvre.  Le mirage Blog et Wikipédia ont leurs limites. Face Book est à 90% sans aucun intérêt. Le Web 2.0 est pour le moment d’abord une réussite économique et non une révolution culturelle. Je crois en effet que nous ne sommes pas des gourous. Que l’entreprise2.0 est un phénomène du moment. Le web dans son analyse globale se résume à quoi : à une concentration verticale. 

Si nous voulons aborder les entreprises, mettons d’abord en avant les aspects humains. Le wiki ne fera pas gagner des parts de marché. Si nous voulons installer du participatif dans l’entreprise, cela implique de s’attaquer à sa culture. Nous ne sommes pas dans un monde ou la priorité de l’entreprise soit le participatif 2.0. La rentabilité oui, des indicateurs RH stables oui ( un turn over maitrisé oui ). Pour l'entreprise le participatif c'est d'abord une question de relation sociale. Mais il ne s'agit que d'un avis

 

 


 


Francis Clancy | Le Lundi 08/12/2008 à 17:12 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

Vincent Les mots sont lachés, un peu brutalement mais tu étais certainement en mode rugby on ;-)

Le dernier billet de Mc Affee me servira pour rebondir sur ce constat, cette prise de recul et surtout ce nouvel angle d'attaque. Car ce dernier article qui part d'une bonne idée se termine avec un constat navrant et non recherché par son auteur, l'entreprise 2.0 ne tient pas la route même chez les plus grands, même en rêve....

 


Vincent | Le Lundi 08/12/2008 à 17:37 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

Francis Clancy  En fait , comme ce blog est un terrain d’expression, ne voyons rien d’autre que de l’échange et du respect.
Ne pratiquant pas le rugby, mais les arts martiaux  je dirais simplement qu’il faut prendre la mesure de son ‘ring’. Je crois, que, de tout cela doit émerger une nouvelle approche, simple et de bon sens , loin des salons et autres réunions. Nous avons connu le web à ses débuts, le e-learning à ses débuts, il y a toujours eu un effet de mode là-dessus.
L’entreprise 2.0 comme le Web 2.0 ne sont en définitive que des termes qui seront renversés par des logiques évolutives. Alors, chers amis loin des formules sportives, prenons simplement le temps de nous replonger dans l’entreprise. Comme Vincent le mentionne à propos de l’article de Mc Affee, si arriver dans une entreprise en difficulté consiste à déballer l’artillerie 2.0, nous sommes en perdition. D’autant que la donne actuelle change les perspectives de demain. La reconquête de l’appartenance, la sortie et l’après crise ne se fera pas à coup de twitter interne. Le blog est aujourd’hui dans la rue. Ecoutons juste la respiration du monde sur la crise et posons-nous la question ? Quelles seront les priorités des entreprises demain ? Certainement avant de leur expliquer que Twitter est la réponse à leurs maux, nous aurons un temps de latence.  Enfin il s'agit juste de mon avis.

 


Francis Clancy | Le Lundi 08/12/2008 à 20:15 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

XavierAucompte

Je suis désolé Francis et désolé Vincent, nous ne vivons pas dans le même monde. Je ne vous parle pas de iphone ou de je ne sais quelle autre outil tendance limité à un groupe (et encore est-ce que l'iphone ne va pas plus loin qu'un groupe).

Hier, j'ai fait du skype entre montréal, Londres et Paris... En parlant avec une amie femme de ménage, elle cherchait les plus value dans son travail avec les outils du quotidien et nous en avons trouvé qui ont dû l'aider dès lundi. Ma fille est en train de me mettre un mot pas msn pour ses devoirs. Mon neveu a envoyé l'autre jour un sms pour dire à son frère de sortir de sa chambre alors que nous étions au salon. J'ai pris un café aujourd'hui dans un bistrot à Paris et une table sur trois avait un ordi posé. On parle de téléphone portable pour les gamins de 11 ans comme quelque chose de normal. Les tracteurs ont la télé en cabine sur certains modèles. Les camions peuvent être suivis en direct. Je ne vais plus à la poste dit la pub mais sur le bureau de poste en ligne....

Là c'est du vrai, de la vraie vie, du pratique, du quotidien, du ressenti. Moi, quand je pense à l'entreprise, je regarde aussi ce qui se passe dans cette vraie vie qui est lié à ces outils numériques.

Désolé mais je ne suis pas dans les théories, les philosophies anicennes, les reprises de penseurs et économistes. Je vous laisse cela! Alors là, nous sommes dans la notion de gourous qui recommencent à philosopher quand les entreprises sont face à de réelles crises.

Et excusez-moi, mais si en 1939, la France avait compris qu'il y avait à prendre en compte l'aviation et les nouveaux chars et engins blindés au lieu de philosopher et respecter une tradition ancestral, nous n'aurions pas perdu la guerre. Et clairement, on ne se bat pas de la même façon avec une cavalerie et avec des chars. C'est une autre stratégie, c'est une autre organisation, c'est un autre management, c'est un nouveau monde.

Maintenant hier comme aujourd'hui, soit on veut gagner la guerre, soit on y réfléchie. Je crois vraiment que l'entreprise 2.0 c'est la prise en compte qu'on a de nouveaux outils pour gagner a guerre et qu'il faut transformer l'entreprise en conséquence. Après désolé, si je n'amène pas le guide de philosophie qui va avec.

En cela, quand je lis que Facebook est inutile pour 90%; j'ai peur de vraiment n'avoir pas du tout la même vision. Quand je lis que le web 2.0 est d'abord économique.... Je crois tout simplement qu'il faut sortir des livres et des reportages de la Télévision qui encore la semaine dernière montraient le pire comme certains ont combattu la machine à vapeur , et il faut recommencer à regarder et écouter la vraie vie qui sans se poser de questions est devenue 2.0

Donc je persite et signe : l'entreprise 2.0, c'est l'avenir et c'est même aujourd'hui! Et pour faire un peu de marketing, je dirai que c'est la solution pour sortir des crises! Vive l'entreprise 2.0! 

 


XavierAucompte | Le Lundi 08/12/2008 à 22:47 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

Xavier,
Il y a un "concept" plus ancien que l'Entreprise 2.0 qui préconise exactement les mêmes valeurs de participation et de collaboration dans les entreprises, c'est le lean (le lean ne se limite pas à ça bien sûr). Ce que je vois dans les entreprises, c'est que le concept d'Entreprise 2.0 est absolument inconnu. Alors que le lean commence à être réellement appliqué. Dans les écoles d'ingénieur, le lean est enseigné. Pas l'Entreprise 2.0. L'Entreprise 2.0 se limite à favoriser les relations entre individus. Le lean s'attaque à l'ensemble de ce qui fait la performance de l'entreprise. 
A ton avis, quel est le concept qui va réellement émerger?

 


Bernard Sady | Le Mardi 09/12/2008 à 01:11 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby

XavierAucompte

Comme tu as pu le voir dans mes derniers commentaires, je ne suis pas à la recherche absolue de la meilleure formule. Je n'ai pas ou je ne veux pas lier ce que nous faisons à tel ou tel théoricien parce que je suis certain que nous ne faisons que réutiliser du déjà dit et pensé. 

Ce que je vois, c'est que nous sommes venus sur le terrain de la transformation d'entreprise avec B-R-Ent sur une base dont le nom est significatif : il y aura transformation de l'entreprise grâce à une nouvelle énergie (jeu de mot avec BRENT le pétrole) qui était il y a dans nos têtes en 2005 les blogs et les rss. 

Ainsi, comme Gilbert avait su me convaincre à l'époque, nous sommes à une révolution qui vient après celle de l'imprimerie. L'imprimerie n'a pas crée l'intelligence et le savoir! Elle a permis sa diffusion et une autre vie parce qu'on a eu lus d'infos et ... Nous sommes dans un même cycle!

Ce cycle, à tort ou à raison, a pris le nom au départ de web 2.0. C'est bien de cette même filiation que l'entreprise nouvelle va naître. Après, les conséquences sociales, organisationnelles, stratégiques, ..., peuvent être discutables. Ainsi, tous les débats dont celui-ci qui amènent à réfléchir sur les conséquences sont un terrain riche pour travailler aujourd'hui et demain.

Dans ces réflexions et recherches, il y aura évidemment la mise en relation avec d'anciennes ou non théories et approches. C'est normal. Ainsi, le lean est un des éléments fort de ce qu'on peut imaginer pour demain.

Mais l'entreprise 2.0 est un contexte et une vision qui n'est pas en opposition ou en accord avec lean. Je crois que lean va évoluer dans l'entreprise 2.0. J'irai même plus loin, je pense que cela facilitera son développement et que les outils et usages de l'entreprise 2.à seront des leviers.

 


XavierAucompte | Le Mardi 09/12/2008 à 02:31 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby ( nous ne sommes pas des hérétiques)

Francis Clancy Chers amis , de toute façon il a une confusion. 

Je ne crois que dire que l’entreprise 2.0 est un concept qui ne correspond pas (en l’état) aux besoins de l‘entreprise, cela reveint à nous positionner comme les ennemis de la machine à vapeur. Merci pour la symbolique.


Au lieu de camper sur nos positions, regardons ce monde évoluer et pas à travers le prisme d’un blog, mais dans sa globalité. Plus fort que Twitter, il s’agit bien d’avancer sur la relation inter communautés dans les entreprises. Je ne suis pas un ennemi du web2.0, c’est une évolution dans nos sociétés. Une prise relative de liberté et de création. Très bien pour l’externe. Mais en interne dans l’entreprise les enjeux sont différents et les attentes aussi. Iphone n’est pas la solution à la communication des «mobiles» dans l’entreprise. Il faut garder raison et  dire que le monde de l’entreprise est une structure qui justement doit trouver son équilibre face au web2.0.
Mais ne pas l’importer. Le dialogue, la relation directe, le contact humain cela veut-il dire encore quelque chose pour vous ?. Et puis attention à cette entreprise à deux vitesses. Les Twitter et ceux qui sont déconnectés, la base, le reste des collaborateurs sans connexions. Encore une fois il y a un équilibre à trouver une approche. Juste commencer par le début. Comment re introduire du dialogue dans l’entreprise, le modèle blog est-ce l’unique non. Il viendra après une véritable réflexion sur la mise en place d’une dynamique relationnelle.  Avoir un idée différente n’est pas encore une fois une insulte au dieu Web et à sa déesse Entreprise2.0. C’est juste de la liberté de parole. 

 


Francis Clancy | Le Mardi 09/12/2008 à 08:16 | [^] | Répondre

Re: Yin Yang et le rugby ( nous ne sommes pas des hérétiques)

Francis,
Je suis complètement d'accord avec toi sur les "relations" entre l'entreprise et le web 2.0. Comme tu le dis, nous ne sommes pas les ennemis de la machine à vapeur... Mais nous mettons la machine à vapeur à sa place.
L'argument de Xavier qui prend exemple sur la révolution de l'imprimerie tombe à plat. L'imprimerie a bien été une révolution, mais pas pour les méthodes de management dans les entreprises de l'époque. Les corporations sont restées les corporations, et leur organisation n'a pas beaucoup évolué au 15ème siècle...
Ce n'est quà l'occasion des révolutions "industrielles" des 18ème - 19ème siècles que l'organisation et donc le management des entreprises ont commencé à bouger. Mais la plus grande révolution jusqu'à ce jour dans le management a certainement été celle faite par Taylor... Pour le meilleur (il y a quand même du positif chez Taylor) et pour le pire. Nous y sommes encore!
Si l'on veut comparer la révolution du web à celle de l'imprimerie, il risque d'y avoir un faible impact sur le management des entreprises...
Complètement d'accord également sur le danger de cette entreprise à 2 vitesses et pour ne pas laisser de côté sur le chemin de la participation et de la collaboration, "la base, le reste des collaborateurs sans connexion". Il en reste encore beaucoup dans nos entreprises, et ce n'est pas demain la veille que chacun ait un ordinateur ou une connexion internet (ou intranet). 
Question à Xavier : comment tous ces salariés sont-ils intégrés dans une démarche collaborative et participative alors qu'ils de disposent d'aucun accès permanent aux outils 2.0?

Par contre, Francis, si nous critiquons l'approche 2.0 dans les entreprises, il faudrait peut-être que nous soyons plus précis dans ce que nous proposons pour réussir la nouvelle révolution collaborative et participative... De mon côté, je propose le lean. Il me semble que tu proposes une démarche plus RH. Peux-tu préciser?

 


Bernard Sady | Le Mercredi 10/12/2008 à 00:39 | [^] | Répondre

Lien croisé

Le blog de Bernard Sady : "blog des managers 2.0" que « nous avons créé une bulle du 2.0, terme que je n'utilise plus depuis plusieurs mois qu'avec"

 


Anonyme | Le Dimanche 07/12/2008 à 19:35 | [^] | Répondre

souvenez-vous

XavierAucompte

 


XavierAucompte | Le Mardi 09/12/2008 à 02:34 | [^] | Répondre

Ah la passion

Vincent Nous ne sommes ni des philosophes ni des théoriciens mais bien au contraire en plein principe de réalité mais tu veux continuer à utiliser un concept qui nous a fait démarrer au début mais qui devient un boulet maintenant.

Toi qui aimes bien les métaphores c'est un peu comme si lançais une fusée et qu'à un moment tu ne te séparais pas des réservoirs pour te mettre en orbite, hé bien tu retombes à ce moment là !

Il y a une différence énorme entre par exemple la mise en place des machines, châines de production et construction d'une nouvelle organisation, management du travail chez Taylor et celui de as-facebook en entreprise. A tout prendre les ERP ont eu bien plus d'impact pour l'instant car ils sont en alignement avec les stratégies actuelles et les renforcent.

Gil est passé du blog, aux univers virtuels, aux applications mobiles et ne parle pas d'entreprise 2.0 ;-)

 


Vincent | Le Mardi 09/12/2008 à 07:31 | [^] | Répondre

Une preuve de plus

Vincent Je viens de recevoir ce mail :

Nous avons le plaisir de vous compter parmi les personnes inscrites à notre déjeuner du mardi 16 décembre 2008 ayant pout thème le travail en équipe à l'ère de l'Entreprise 2.0 avec Adobe Acrobat 9, à lAutomobile Club de France à Paris.

Cependant, et suite à un problème indépendant de notre volonté, nous sommes au regret de devoir reporter ce déjeuner à une date ultérieure.

Désolé d'avoir semé le doute avec cette remise en question du vocable entreprise 2.0 ;-)


 


Vincent | Le Mardi 09/12/2008 à 10:53 | [^] | Répondre

Lien croisé

Taylor : Contexte dans lequel il a évolué - Le blog de Bernard Sady : "blog des managers 2.0, beaucoup de thèmes ont été abordés."

 


Anonyme | Le Mardi 09/12/2008 à 17:09 | [^] | Répondre

C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

En effet c'est déjà cela l'entreprise 2.0: ne serait-ce que de pouvoir parler de sujets qui il y a à peine 5 ans n'étaient que discuter en haut lieu de l'entreprise par les experts dans leur grande tour d'ivoire... 

Pourquoi parler de sujets simplements et ouvertement n'est toujours pas donné dans l'entreprise traditionnelle réglée sur l'axe exclusif de communication institutionnelle, asseptisée et stérile... TOP-DOWN et pas content va voir ailleurs... Des sujets d'échanges peuvent très vite devenir tabou alors qu'avec l'esprit 2.0 l'outil n'est qu'une intermédiation entre le sujet, l'objectif de l'activité et l'outil... une triade bien développée par la théorie de l'activité du Leontiev dont je parlais plus haut. L'intelligence se veut plus collective mais là encore dans une entreprise établie, le changement culturel prend quelques 10aine de mois...

Bravo encore à Vincent pour cette énergie que vous avez su faire circuler avec B-R-Ent

See you,
Gil

 


Revgi | Le Mardi 09/12/2008 à 21:44 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

Euh... Gil,
Il me semble que si nous pouvons discuter ensemble d'un sujet qui nous intéresse tous, c'est tout simplement grâce au web...
Dans les entreprises, ce n'est pas parcequ'on va installer un outil qu'il n'y aura plus de sujets tabous... Je ne connais pas Léontiev, mais j'avoue que j'ai de la difficulté à comprendre "qu'avec l'esprit 2.0 l'outil n'est qu'une intermédiation entre le sujet, l'objectif de l'activité et l'outil..."

 


Bernard Sady | Le Mercredi 10/12/2008 à 00:55 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

Pour la faire courte car ces échanges deviennent un chouille longuet... Pour cette théorie de l'activité (Vygostsky, Leontiev, Thomson) l'activité est l'élément central des pratiques humaines... L'observation des activités permet d'étudier comment les outils évoluent et comment en retour ils influent sur la connaissance et la pratique des groupes sociaux etc...

L'outil qui médiatise la relation entre le sujet et l'objectif est composé de deux parties: l'artefact technique et des connaissances qui lorsqu'elles sont entièrement intériorisées viennent se greffer à l'outil pour l'enrichir... cette relation "sujet", "outil" et "objectif" débouche sur des résultats attendus ou inattendus qui vont modifier l'environnement.

Plus récemment (Engestrom, 1993) introduit le concept de théorie de l'activité organisationnelle et en 2003 Hassan introduit la notion de "communauté" et là on y est les biloos... c'est encore une fois très bref avec des raccourcis mais si vous voulez en savoir plus voici l'article que nous avons publié dans le cadre du CEROS avec Bernard Quinio dans le cadre des actes scientifiques de l'AFRV (l'Association Française de la Réalité Virtuelle): 
b-r-ent.com/files//Actes_Journees_AFRV_2008___Constellation_de_Valeurs_GR.pdf

Que du bonheur pour un p'ti gars comme moi qui fait la lessive, lave les carreaux avec une brosse à dent le tout dans le virtuel... pardon c'est du concret comme on a pu le montrer avec les prix intraVerse 2008 (wait and see la version 2009 encore plus cool !). Et vous verrez dans l'article je pense qu'il faut bien identifier que la vision "chaine de valeur" du jeune M Porter dans l'entreprise c'est bp bp trop industriel, compartimenté voire en sillots étanches alors que la valeur dans l'entreprise 2.0 elle intègre et dépasse la notion de chaine bien linéaire et réductrice pour aller vers la constellation de valeurs par l'implication créatrice de valeurs d'un ensemble de parties prenantes... les fameuses communautés.

Cheers,
Gil

 


Revgi | Le Mercredi 10/12/2008 à 16:05 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

Vincent Ah faut le voir Gilbert en conférence sur ces sujets avec les schémas qui défilent, les extraits concrets, un pur bonheur mais ça mérite un article, un vrai !

 


Vincent | Le Mercredi 10/12/2008 à 21:14 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

Gil,
Merci de ce petit cours... C'est un peu plus clair. Je vais étudier plus attentivement le doc que tu mets en lien.

 


Bernard Sady | Le Mercredi 10/12/2008 à 23:52 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

XavierAucompte

Donc si je te lis bien Gilbert, sur BRENT, la vision entreprise 2.0 reste majoritaire... Tu vas voir qu'on aura bientôt un article de Vincent pour l'entreprise 2.0 ...

PS : c'est M Porter ou c'est H Poter?

 


XavierAucompte | Le Jeudi 11/12/2008 à 20:21 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

Vincent Oh ça c'est moche Xavier !

Ceci étant je n'ai pas dit que j'étais contre l'entreprise 2.0, j'ai simplement dit qu'elle n'existait pas, tout juste une exception dans les nouilles et le thé vert de la cafétaria de google dans la silicon Valley...

 


Vincent | Le Jeudi 11/12/2008 à 20:50 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

XavierAucompte Et tu as déjà montré ton vrai jour : tu y crois à l'entreprise 2.0. Tu peux rentrer à la maison maintenant. Mais ne recommences pas! Plus de 20 commentaires, cela fait beucoup pour une passade! 

Blague à part, cela nous a permis de débattre et d'affuter nos arguments.

 


XavierAucompte | Le Jeudi 11/12/2008 à 23:25 | [^] | Répondre

Re: C'est déjà ça l'entreprise 2.0 !

C'est bien M come Michael la star de Boston, le professeur en stratégie d'entreprises, avec sa bible des écoles de management "Competitive Advantage", New York, The Free Press en 1985 où tout est basé sur la classification des ACTIVITES dans l'entreprise (activités primaires, secondaires etc. et la chaine type de la valeur ajoutée)... 

C'est très marrant car ce focus sur l'ACTIVITE c'est aussi celui de l'école russe à laquelle appartenait Leontiev... Son bouquin à lui c'est 1981 à Moscow... 

Trop fort du coup le concours de circonstance dans les dates pour théoriser sur l'ACTIVITE: serait-ce un autre de ces duels USA - URSS à l'époque montrant que la psychologie sociale c'est aussi important dans l'entreprise que le taylorisme... ? on en reparlera ;-) Gil

 


Revgi | Le Vendredi 12/12/2008 à 13:30 | [^] | Répondre

Soirée Clubnet

Vincent La pression était là avec une table ronde organisée par clubnet dont je vous ferai un retour avec quelques photos dans un nouvel article rapidement.

On a entonné le "A mort les gourous du 2.0", Xavier à fait du Xavier "Vous êtes mort si.." Angie et Awak It (Eric Blot) ont été très sage mais l'animateur un peu à côté de la plaque surtout dans son interpellation de notre ami intervenant de Orange, Sylvain Hudelot; Pour ma part j'ai repris le même message du principe de réalité que sur ce blog.

On a eu des moments un peu chaud, c'était donc bien mais le nombre des intervenants, le style de l'animateur on a mon avis un peu limité le débat et l'interactivité.

http://www.clubnet.asso.fr/

 


Vincent | Le Mercredi 10/12/2008 à 10:59 | [^] | Répondre

Lien croisé

Médias sociaux et sociologie des organisations - M2IE : le blog du management de : "développe aussi ici) ou Bernard qui expliquait que "le mode de"

 


Anonyme | Le Lundi 15/12/2008 à 15:55 | [^] | Répondre