Retour sur une matinée avec Jane McConnell et Florence Devouard, présidente de la Wikipedia Foundation
Compte rendu d'un grand moment de l'intranet
Mots-clés : jane Mc Connell, wikipédia, UNESCO
Mercredi 16 janvier, il est 8h45. Je me dirige vers l'entrée de l'UNESCO pour profiter cette année encore du premier petit déjeuner de Jane McConnell. Le monde est présent cette année. Le showbiz de l'intranet est présent presque à son complet. On peut noter Michel Germain ou bertrand Duperrin entre autre. Les regards se croisent et bon nombre d'entre nous sommes sur ces thématiques depuis des années et nous rencontrons régulièrement. Après un long moment de retrouvailles, la conférence est du coup en retard par envie ou besoin de se retrouver et échanger.
Nous rentrons dans une salle de conférence qui fait penser aux films des années 50 sur la guerre froide. Le mobilier est fixe et tout en un bois vernis qui n'a de beau que ce qu'il dégage de souvenirs. Des longues tables se prolongent et se rangent dans un amphi qui ne laissent pas de place à la perspective. Les chaises sont moelleuse comme dans toutes ces salles où la diplomatie décide de s'éterniser. Le mur à gauche propose des petites salles vitrées où sont annoncées des langues. Pas de traducteur ce matin pour donner vie à un mur d'expressions. Si vous en avez déjà vu, c'est une chose incroyable pour une même phrase que d'observer ces magiciens en lignes redonner un sens dans des langues , des intonations, gestes et "grimaces" différentes. Le décor côté public est achevé par un nombre de spectateurs qui prouve la réussite de cette matinée.
En face de nous, le représentant de l'UNESCO qui nous fait la gentillesse de nous accueillir et le responsable des intranet qui est en deuxième partie. La Reine de l'Intranet prend la parole simplement pour expliquer le fonctionnement des micros. Ce détail technique passé, son introduction nous propose trois définitions pour cadrer les réflexions intranet. Son intervention est très rapide pour laisser la parole à son invitée principale : Florence Devouard, présidente de la Wikimedia Foundation.
Pour ma part, cela fait au moins deux fois que je l'écoute et je crois trois. J'étais là pour Jane et son étude donc avec une franche envie de boire un café considérant le nombre d'heures de sommeil qui me est laissé en ce moment. Les autres fois, je trouvais les présentations sur Wikipédia dans la ligne des succes story à l'américaine avec une belle histoire mais le plus souvent profonde comme du vernis à ongle et réelle comme des décors de cinéma. Je dois avouer mes fautes et vous dire que j'étais tiré entre ma croyance en l'intelligence de chaque homme et donc la capacité de réaliser une telle oeuvre mais connaissant sa perversité et sa capacité de destruction qui me poussait à ne pas imaginer qu'un tel projet ne soit pas embourbé dans une réalité aussi féerique.
Je ne sais pas ce qui s'est passé mais ce matin, j'ai trouvé cette intervention de Florence Devouard d'une très très grande qualité autant par une modestie de ton qui manque chez certains majors d'internet que par une analyse du net et du 2.0 très juste et surtout très inspiratrice de d'autres idées qui feront mon prochain post.
Pour vous donner l'essentiel de son intervention, elle nous a d'abord expliqué le combat de wikipédia contre les fractures :
- La fracture linguistique du fait qu'il n'existe pas d'encyclopédie aujourd'hui dans toutes les langues. Le but de Wikipédia est d'être proposé et réalisé par tous.
- La fracture financière parce que jusque là le savoir était couteux et demandait l'achat d'une encyclopédie papier. Wikipédia est gratuit en tout.
- La fracture de diffusion avec un wikipédia qui est même transportable gratuitement par clé USB sur des serveurs de réseau interne de villages africains. Tout ce qui est dedans est libre et l'internet permet une large ouverture.
Tout le monde peut participer à l'écriture de cette encyclopédie. La base de ce travail est la croyance en la confiance à porter à tous. Wikipédia est une communauté de personnes qui partagent les mêmes valeurs.
Wikipédia a donc autant de sites que de langues ou presque... La gestion du site participatif n'est pas identique partout. D'un système très démocratique reposant sur le vote au Japon, la France est dans un process flou mais qui marche, ... et chaque pays s'organise à sa volonté. J'ai noté qu'en tout, cela représentait 9 millions d'articles. Le développement des sites wikipédia est très différent suivant chaque pays et langue.
Dans ce système, elle remonte deux problématiques: - la première est le développement de nouveaux supports dont la vidéo pour cet été. - la seconde est sur la volonté de plus se rencontrer entre contributeurs de tous pays pour continuer la dynamique et partager. Ils ont mis des conférences internationales en place à Francfort, Boston et Taïpe pour être à Alexandrie cette année (petit message : Florence si tu m'écoutes, je suis sûrement libre à cette date...).
Enfin, le vrai problème est celui financier. Mais comment faire dans le cadre d'un si grand développement pour rester à une petite dizaine de salariés en étant dans les 10 plus grands sites internet?
La deuxième partie de l'intervention commence par un sujet qui revient à presque tous les articles de Gilbert sur ce blog. Nous sommes à la troisième révolution historique et universelle de la connaissance. La première était l'écriture, la deuxième l'imprimerie et la dernière internet.
La révolution du web 2.0 est un mauvais terme parce que fait penser à de la technologie alors que c'est une révolution sociale. Cette révolution s'exprime en particulier par ce besoin de tout commenter. Cette révolution donne la tendance du participatif. On voit l'explosion du contenu.
Alors tout cela peut se baser sur trois modèles économiques:
1. Le premier est l'économie du don. On donne beaucoup pour une rétribution le plus souvent maigre. Le grand retour à attendre est de la reconnaissance.
2. Ensuite, on parle d'économie de la connaissance qui dans le modèle classique est basé sur l'offre et la demande. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai avec un contenu indéfiniment utilisable sur le net en lecture. Le gain est de trouver la bonne information. le modèle a l'avantage d'être plus large en cible.
3. Enfin, l'économie de l'attention qui est devenu une grande richesse face à un public "tête en l'air". Comment faire pour avoir et garder leur attention.
Wikipédia est surtout une économie de dons avec de la vente de produits dérivés et enfin un grand risque dû à la pression de la publicité et des recherches d'informations sur les visiteurs.
En conclusion et réponse aux questions, Wikipédia peut souffrir de mauvais contenu pendant un temps déterminé et court mais qui peut créer des interactions fortes. C'est donc une chose en réflexion. D'autre part, il ne faut pas essoufler le réseau de contributeurs.
Désolé mais l'heure était tardive et mes rendez-vous m'ont poussé à ne pas ou peu écouter la présentation sur les sites de l'UNESCO et surtout rater la présentation de Jane.
Donc merci et bravo Jane. Et aussi merci à Florence pour la qualité de son intervention.
PS :
Les infos et déjà un article sur l'évènement sur le blog de Jane : http://netjmc.typepad.com/carnetnet/
Pour mémoire le site de l'UNESCO si certains ne savent pas ce qu'ils font : http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=29009&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
Pour en savoir plus sur fondation wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikimedia_Foundation
PS(bis) : B-R-Ent est même pas défini sur wikipédia...
Devouard
| Le Dimanche 01/02/2009 à 01:56
| ![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)
Intervention excellente dont je me souviens encore! à très bientôt





Derniers commentaires
→ plus de commentaires