Quelques retours sur le livre blanc sur l' "Entreprise 2.0" réalisé par blueKiwi
blueKiwi fait la Une ...
Mots-clés : entreprise 2.0, reseau social, blueKiwi, livre blanc
Avant de rentrer dans le fond du dossier, il faut souligner que blueKiwi, l'un des premiers éditeur de réseau social d'entreprise, fait la Une ces derniers jours. En date du 13 octobre, le site officiel (http://www.bluekiwi-software.com/fr/), repris dans une grande partie de la presse, annonçait la venue d'Arnaud Poujardieu comme General Manager. Pour ceux qui ne le sauraient pas, il était depuis de longues années chez, le client historique de blueKiwi, Dassault System comme General Manager de la division des ventes France (http://www.usinenouvelle.com/emploi/nominations-21/arnaud-poujardieu-france-general-manager-de-bluekiwi-software.1058.html).
Maintenant, revenons au sujet principal de cet article : le livre blanc* sorti au mois de septembre que j'ai vu à l'occasion de l'invitation de Carlos Diaz pour venir au prochain rendez-vous qu'ils organisent le jeudi 13 novembre.
Sur la forme, et cela ne s'applique pas qu'à ce document, nombre d'éditeurs et d'entreprises de consulting utilisent le terme de Livre Blanc ou White Paper. Ce vocable est normalement utilisé pour des textes ou études gouvernementales ou d'hautes assemblées internationales. Ce n'est pas très grave, mais la valeur intrinsèque à l'auteur n'est pas un gage dans le cas de sociétés privées.
Sur le fond, c'est un document de grande qualité avec de nombreux passages très interessants. Pour les fans d'un certain Bertrand, vous n'y apprendrez-pas grand chose mais cela a l'intérêt d'être résumé et regroupé dans un document de 20 pages. Cela n'est donc pas une thèse sur le sujet "entreprise 2.0" mais un très bon document d'information et de pédagogie sur le sujet qui a vocation commerciale au final.
Trois parties claires proposent un contexte et une approche, des exemples par thème et enfin le n'ayez pas peur et la touche innovation.
Dans la première partie, j'avoue avoir été surpris pas certains passages très bons mais avec un vocabulaire que je n'avais pas utilisé jusque là. Entre autre, il est développé l'idée de phénomène de globalisation des marchés, produits et ressources pour expliquer l'un des éléments déclencheur du besoin d'évolution de l'entreprise. Puis il est donné des motifs d'accélération du processus avec le temps ou plus exactement la vitesse et le phénomène de discontinuité.
Rien n'est oublié ensuite sur l'explication web 1.0 à web 2.0 si ce n'est une conclusion sur les implications sur l'entreprise un peu courte et limitée. La génération Y est décrite comme il se doit et visé, voir ciblé comme la bête à avoir!
La deuxième partie propose trois entrées métier. La première est le réseau social au service des équipes commerciales. Je ne peux être d'accord, alors que j'ai moi-même développé une offre de consulting en ce domaine avec Micropole Univers qui a donné lieu a un excellent petit déjeuner avec deux grands experts (Cyril Castelnaud et Francis Clancy). Désolé, je vire parfois à la page pub... Pour revenir au sujet, l'approche est bonne mais je ne crois pas dans l'extrême qui amène à lire que le vendeur préfère la reconnaissance de la hiérarchie à sa rémunération.
La deuxième approche est liée à l'innovation mais là encore je suis en total accord avec la croyance que le réseau social peut être un levier d'innovation mais contre le fait qu'il remplace ou efface les processus de création d'idée. Enfin, le troisième bon sujet mis en avant est l'utilisation des réseaux sociaux par les RH. Là encore, je ne peux être qu'en accord avec cette idée mais je ne crois pas que le réseau social soit capable de tout gérer tout seul. Il peut par contre être un excellent levier d'une politique RH.
La troisième partie parle du 2.0, du web à l'entreprise. Le passage le plus interessant pour moi relève de cette page 18 qui nous propose un nouveau métier : le Chief Networking Officer. Sorti du fait que cela continue à me géner qu'une entreprise française propose d'abord son site en anglais et utilise dès que possible un vocabulaire anglophone, je trouve l'idée à creuser d'un "Directeur des Réseaux Humains". Cela fait longtemps que je l'ai dans ma poche sans pouvoir le sortir. Grâce à cet article, je vous propose ce nouveau DRH!!!!
Mes remarques générales seront surtout un grand nombre de questions qui sont d'actualité et qui ressortent encore de la lecture de ce document.
1. Tout d'abord, à lire et écouter nombre de sachant des réseaux sociaux, on peut se demander si cela n'est pas réservé qu'aux grandes entreprises de services. En gros, le réseau social n'irait qu'à une entreprise du CAC40 et encore plus particulièrement sur le service. Pour ma part, je crois en l'entreprise 2.0 généralisable de l'artisan à la grande entreprise. Et encore, croyons-nous vraiment après cette crise financière à la réalité de ces méga structures? Peut-on croire en le ROI d'un Facebook interne sur des milliers de personnes?
2. La vision du salarié se limite déjà à l'employé du bureau avec des tentatives pour comprendre le commercial. Nous ne touchons donc pas là toutes les couches de l'entreprises. Ensuite, j'ai très peur de la dictature intellectuelle d'un courrant de pensé limité à la génération Y. Elle existe et elle est perturbante pour les organisations. En même temps, elle a plusieurs facettes et réalités. Une définition ne permet pas de la comprendre en son entier. Ensuite, le vrai défi de l'entreprise de demain n'est pas de l'intégrer mais de faire vivre ensemble les avant génération X, les X, les Y et ceux qui viennent ensuite. Aucun n'aura réellement les mêmes codes de communication. Comment ferons-nous? Le risque du seul viseur génération Y est la réflexion que j'ai eu il y a peu de temps. "Xavier t'es super dépassé! On fait pas une plan de com et un plan de formation, ces outils sont user centric et méga simples. Les salariés vont se le passer de manière viral et tout le monde va y courir..." A cela, je dis non! Il y a encore des gens qui sont contre la télévision, des salariés qui n'ont pas d'ordinateur chez eux, des déconnectés qui n'ont pas de téléphone portable, ... Que faisons-nous avec eux?
3. Un problème minime de vocabulaire que j'ai déjà entendu apparaît sur ce texte. On dit que la génération Y est "surfeur". Je ne crois pas à cette vision. Les "surfeurs", cela restera à jamais une partie de la génération X. C'est cette capacité à travailler sans cesse pour un seul but ou une seule passion. C'est bien en adéquation avec le sport. On recherche la vague, le bon tube, au risque de mourir, de ne jamais l'avoir, ... Quand on surfait sur le web, on n'utilisait pas de moteur de recherche ou presque pas. Cela restait un réel voyage au coeur du web où chacun réalisait sa conquête de l'Ouest avec les campements de chercheurs : les forums. La génération Y est plus des "zapeurs" qui passent vite d'un sujet à un autre, d'une expérience à une autre, ..., comme on change de chaîne avec sa télé commande. Ils font de même dans la vie.
4. Enfin, le dernier point qui me tient à coeur et qui suit le débat sur le blog avec mes amis québécois. Tout simplement, attention, l'entreprise 2.0 n'est pas la conséquence d'un outil mais une vision RH, communication, organisation, ... Il est clair qu'un éditeur ne peut pas aller faire peur en indiquant que l'entreprise doit faire sa révolution pour l'intégrer mais c'est ce qui se passe pourtant. Ensuite, le réseau social est un très bonne chose à mon avis mais ce n'est pas le seul outil. On peut utiliser seulement du blog ou du wiki et l'entreprise aura déjà fait de belles avancées parfois.
5. L'idée du CNO que je vous propose de dire DRH est une piste à creuser mais j'ai fait il y a quelques jours, semaines et mois des articles sur le documentaliste 2.0, l'animateur, ... Ce n'est pas un nouveau métier mais des nouveaux métiers et de nouvelles organisations.
En conclusion, si j'ai pris du temps à lire ce document, c'est que blueKiwi est un grand acteur avec des personnalités qui ont pensé et poussé ce que nous voyons naître aujourd'hui. Plus que d'autres, leur vision est à retenir et écouter. Ce document est à lire mais reste un document commercial avec, je crois, des choses à revoir mais qui tiennent du débat actuel sur un sujet en évolution.
* pour le consulter : http://www.bluekiwi-software.com/fr/entreprise20
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Courageux de la part de Bertrand de s'être attelé à cette tâche et de s'en sortir pas si mal. En effet c'est quelque peu enjolivé le document que de lui donner le titre de livre blanc qui suggère l'ouverture d'horizon. Nous sommes plus ici dans un exercice de vulgarisation pédagocico-commerciale mais qui a de la valeur.




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