Déc. 08 11

Version imprimable Quand les compagnies du web 2.0 nous font honte et montrent qu'elles ne sont pas des entreprises 2.0

Parfois les jeunes ne font pas mieux...

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Pour commencer la liste des cartons rouges, il est très dur de savoir quel est le premier à mettre en avant. Je vous propose e-bay qui va licencier normalement 1000 salariés mais qui, en même temps, va racheter 2 entreprises*. J'ai oublié de vous dire que e-bay a une santé financière cette année qui est honteuse pour un temps de crise (+12% du CA en 2008 / 492 millions de $ de bénéfices) Ces suppressions ne sont le fait que d'une volonté de renforcer sa compétitivité.**

Il rentre ainsi dans la liste très longue des firmes qui vont licencier cette année dans les nouvelles technologies, l'informatique et les Télécom : Hewlett-Packard, Dell, AMD, Infineon, IBM, et même SFR et Free.

IBM, après une année 2007 sur le signe du dégraissage, semble continuer mais en moindre mesure et sur les branches les plus faibles***. Si IBM n'avait pas fait de mauvais chiffres cette année, sa dégringolade en Bourse ne va pas aider à revoir ses choix.

Seesmic devient le symbole d'une nouvelle démarche entreuprenariale. Le génial Loïc Lemeur, ayant le courage de partir aux states pour monter une start up, est encore une fois en avance sur les autres. Alors que les investissements réalisés et les fonds poussés pour ce projet sont colossaux****, la première note d'un grand fond lui ouvre les yeux et il publie sur son site le licenciement de la moitiée de ses salariés en prévision des temps dificiles...***** Je vous propose l'article d'Eric sur ce sujet beaucoup plus soft que ce que j'ai entendu l'autre soir... Le plus beau est que cela devient un acte marketing mettant en valeur le bon sens entreprenariale et les élans de coeur et d'amitié dans la tendance : "c'était pas facile mais j'étais obligé ..." J'en pleure encore un peu.

Google, qui est le symbole de l'employeur nouvelle génération en façade, semble passer par le même système. Ainsi 10 000 personnes devraient disparaître des bureaux agréables et des salons détendus où chacun peut jouer*******. Plus sérieusement, nous sommes encore là dans la préparation à la crise. Espérons qu'elle arrive... Pour mémoire, cela correspond à 1/3 des effectifs.

Et puis c'est un peu tout le web qui est touché par ces licenciements, alors crise ou pas? Des échanges ont déjà eu lieu sur d'autres sites(http://www.frenchweb.org/internet/le-web-touche-par-une-vague-de-licenciements-faut-il-paniquer/). Je ne vous ai pas parlé des SSII françaises qui sont aussi très touchées et qui devraient annoncer de mauvaises nouvelles pour 2009.

Tous ces exemples et bien d'autres, nous montrent que les jeunes pousses du web 2.0 sont aujourd'hui avec des visions aussi voir plus dures que leurs mères des vieilles industries et du service. Les unes ne se posent pas de question pour licencier pour cause de capitalisation à venir quand les autres en font un slogan marketing : je vous vire mais je suis cool!!

Le premier grand choc est en train de se jouer sous nos yeux avec Nortel (secteur des télécommunications) qui a son titre en dessous de 1$ depuis des semaines. L'avertissement des autorités boursières new yorkaises met la lumière sur ses difficultés.

A côté de cette situation, ceux qui m'ont entendu à Club net vont le relire ici, je crois qu'il doit y avoir en France une nouvelle attitude des grandes entreprises face à leurs fournisseurs et aux petits éditeurs et start up. Les process de ces groupes n'ouvrent aucune porte au petit sans contrôle de qualité produit ou service ce qui est dommageable pour l'entreprise elle-même. A cela s'ajoute un process de paiement qui dépasse régulièrement le cadre légal ou qui joue avec. C'est ainsi qu'on voit disparaître quelques petites agences et éditeurs ou qu'on voit les autres préférer l'international.


Et vous qu'en pensez-vous?

*http://www.bluegger.com/ebay-une-2-rachats-1000-emplois-supprime.html  
**http://www.presence-pc.com/actualite/eBay-benefices-licenciement-32022/
***http://www.presence-pc.com/actualite/IBM-licenciement-30028/
**** http://www.journaldunet.com/breve/32368/loic-le-meur-licencie-7-salaries-de-seesmic.shtml
*****http://ericblot.blogs.com/eric_blot_awakit/2008/10/loic-lemeur-lic.html
******* http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39385079,00.htm?xtor=RSS-1

Commentaires

Le sens du bien commun ... pfff

Catherine Que dire ...si ce n'est qu'encore une fois on ne peut que constater l'énorme gap entre le concept et la réalité. Nous sommes à la croisée des chemins entre le monde 1.0 et le monde 2.0, on tente de construire un pont durable... mais quant à le traverser... c'est une autre affaire...persévérons :-).

 


Catherine | Le Vendredi 12/12/2008 à 09:28 | [^] | Répondre

La crise est une crise ce n'est pas une crise 2.0

pminguet Les petits, les sous-traitants, les indépendants... mais aussi les interimaires, dans les entreprises "2.0" et dans toutes les autres sont les premiers à morfler (je ne vois pas d'autres mots). Ils sont, en temps de crise ou non, pressés, essorés, payés à 120 jours ou plus... et même dans des entreprises, ou des instances, qui s'offrent une communication très "développement durable" (le 3ème pilier c'est bien le social ? ou j'ai mal compris). 
Dans tous les cas, leur modèlec'est : "je profite de la crise, je crie aux loups, j'annonce des gros chiffres de licenciés (vous avez remarquez comme en cas de icenciement on n'hésite pas sur les 0, 1000, 3000, 10 000 alors que ces mêmes entreprises font du 99,99 ou du 399,90 habituellement). Tout celà est bien triste, loin des concepts, des petits bobo d'égo de starlettes du web (oui starlettes) il y a des gens, des familles, des humains qui crèvent dans la rue. A côté des "colloques" à plus de 1250 € la journée, nous avons à Paris de plus en plus de gens qui réclâment.... à manger. JE sais on ne doit pas dire çà, on va encore trouver un terme politiquement correct... 

Alors la vie 2.0 oui peut être, mais n'oublions pas de descenndre dans la rue et d'aider tout simplement les hommes (les humains) qui crèvent. Alors, qu'une starlette ne puisse plus manger de caviar, c'est triste pour les pauvres ouvriers qui pêchent les Beluga, mais je ne pense pas que la nanoblogsphère soit très en phase avec la dure réalité, et c'est bien dommage. Le web 2.0 peut sans doute aider à trouver des nouvelles solutions, des moyens, des idées... 
Messieurs du peut être Web de demain (enfin sui pas certains que ce soit vous qui l'inventerez) continuez à vous congratuler, à vous "masturber" les neuronnes pour promouvoir certains services bien médiocres (bien que des fonds, oui des Fonds injectent des millions de dollar). 

Désolé, mais en province et dans la vraie vie, dans des villages de France, le taux de suicide pour cause de crise est en terrible augmentaion depuis 2 mois (qui enparle ? quel blogueur "influent" ?), les dossiers de demande d'aide de la part de gens qui travaillaient et vivaient plutot bien sont quotidiens et  dramatiques. Alors la vie des starlettes du Web... qui rêvaient d'Amérique....
Bon je retrourne essayer de trouver des solutions pragmatiques, dans la vraie vie. 
Bon week-end à tous.

 


pminguet | Le Vendredi 12/12/2008 à 09:45 | [^] | Répondre

Re: La crise est une crise ce n'est pas une crise 2.0

Rien à dire après cet article éloquant et ce commentaire pertinant...
LA LOI DU MARCHE, comme-ci elle etait figée dicte ainsi la conduite d'entreprises et d'entrepreneurs.
Messieurs, retirez vos oeillères, votre capital il est pas (uniquement) virtuel et boursier mais HUMAIN.
Personellement je n'admire absolument pas des mesures du type : Je rachète des boîtes, je vire 1/3 de mes effectifs, si avec ça les investisseur ne me suivent pas... Je vais briller car je vais dégager bien plus de CA.
Que neni, un autre monde est possible, tout comme écologie n'est plus un antagoniste d'économie (certe parfois à tort), il faut reconcilier capital Humain et entreprise Durable (et croissante...).
Au lieu de presser les citrons, aidons les à mieux croître et fructifier, ne virez pas 1/3 de votre masse salariale, ou alors attendez-vous à ce que votre galère sillonne plus difficilement les océans ou coule tout simplement car le capital de haine et la compétition engendré ne vous profitera certainement pas, attendez-vous à une mutinerie interne/externe et mondiale.
Si l'activité ralentie c'est le moment d'intégrer, d'internaliser une dynamique d'évolution manageriale, la tempête ne durera pas, autant capitaliser sur vos oies et retaper votre poulailler.
M'enfin c'est pas un jeu tout ça !!!
Des entrepreneurs luttent, des salariés se debattent et des familles sont derrières alors quittez vos tableaux de stats et autres courbes d'analyses et... ECOUTER.
Sortez (ailleur que chez votre banquier), ouvrez les yeux et Entreprener Durablement.

P.S. : Loic c'est qui ? Personellement, depuis longtemps boycotté de mon lecteur de flux rss !!
Le web03,08,09 à 1250 eurette c'est une vaste foutaise, de l'economie purement 2.0 dans la plus ignoble de ses définitions. Ou, pour parler plus vulgairement, du braquage, du gonflage de bulle qui semble être au point de rupture à force d'abus d'opportunistes et de confusion générale.

 


Champagne ! | Le Vendredi 12/12/2008 à 15:10 | [^] | Répondre

Re: La crise est une crise ce n'est pas une crise 2.0

Vincent Je note que Pascal va bien avec champagne sur la dénonciation de cette crise ;-)

Voila en quoi il n'y a pas d'entreprise 2.0 car où est le social dans cette belle tendance de toujours séduire les stakeholders au prix de son personnel?
Le web 08 était mauvais d'après nombre de commentaires et surfait mais je pense que la bulle vient d'éclater pour LLM.

Je vais me faire un plaisir vendredi prochain lors d'un débat fimé sur l'entreprise 2.0 de donner mon avis sur ce miroir aux alouettes capitalistes...

Dans vos propos se trouvent déjà la source des contre proposition de cette nouvelle entreprise mais surtout système économique global car le plus important n'est pas de dénoncer mais de proposer des cheminements plus ou moins idéaliste, pragmatiques et adapté au contexte actuel pour faire bouger les lignes.

 


Vincent | Le Dimanche 14/12/2008 à 11:24 | [^] | Répondre

Re: La crise est une crise ce n'est pas une crise 2.0

Eric BLOT suis malheureusement d'accord avec vous.
Juste que je pense que Vincent voulait parler des shareholders, pas des stakeholders (ces derniers regroupant également les salariés, les clients, les partenaires, ...)

mais en fait je pense que même LLM est victime du dictat des financiers actionnaires, cela ne ressemble en rien à une décision de chef d'entreprise modèle PME start'up

 


Eric BLOT | Le Dimanche 14/12/2008 à 17:19 | [^] | Répondre

Re: La crise est une crise ce n'est pas une crise 2.0

Vincent J'aurai du dire "Shtakeholder" car je ne voulais pas me limiter aux simples actionnaires, c'est bien plus large et parfois les salariés agissent contre leur propre bien de citoyen. Le propre de l'entreprise actuelle est de créer de la Schyzophrénie à tous les étages par des mises en tension entre managers, équipes, dirigeants, ou employés/citoyens qui ne se voyaient pas encore de trop en temps de croissance mais commence désormais à craquer de toute part.

 


Vincent | Le Dimanche 14/12/2008 à 18:07 | [^] | Répondre

Rassurant

Voilà qui va devrait rassurer les contempteurs du "2.0" : finalement il n'y a pas tant de différences que cela entre une entreprise 1.0 et une entreprise 2.0, mais est-ce si étonnan? Pourquoi effectivement y en aurait-il? L'objectif de l'entreprise est toujours le même, vendre et faire du profit. Finalement, le passage en "mode 2.0" est juste un autre moyen d'arriver aux mêmes fins. Les conditions globables de la réussite économique étant toujours les mêmes et s'étant nettement durci depuis peu (et pour quelques temps encore) il me semble assez logique que l'on emploie les mêmes remèdes, même si je suis moi aussi déçu. Je pensais également que certaines entreprises, Google en tête étaient en train d'inventer quelque chose de nouveau. Si eux n'y arrivent pas...

 


Christophe Deschamps | Le Dimanche 14/12/2008 à 17:25 | [^] | Répondre

Re: Rassurant

Vincent C'est que ces entreprises n'ont, soit pas réellement changées donc mensonge sur le terme entreprise 2.0, soit que l'homéostasie est trop forte pour permettre l'éclosion d'une entreprise plus citoyenne, ouverte, respectueuse des stakeholders et donc performante, socialement, économiquement et environnementalement.

La crise est en train de nous faire revenir en arrière sur la politique RH, financière au lieu de nous permettre de passer un cap...

 


Vincent | Le Dimanche 14/12/2008 à 18:10 | [^] | Répondre

Re: Rassurant

Je ne pense pas qu'il y ait de mensonge sur le terme "entreprise 2.0". Cette désignation n'engage finalement que ceux qui veulent y croire. Le management à la sauce 2.0 est là depuis des penseurs comme Crozier, Maslow, Drucker et même bien avant eux et ses Théories X et Y, et pourtant rien ne s'est passé. Non pas que je ne crois pas que l'entreprise ait tout intérêt à aller vers une démarche plus respectueuse de ses travailleurs, au contraire, mais il me semble que beaucoup de gens n'ont vu dans le 2.0 qu'une autre manière de mieux les contrôler, un soft power en somme : donnez leur quelques médias sociaux à la mode, ils seront content et éventuellement travailleront plus. Rien à perdre.
Comme toujours les outils sont neutres, ils sont ce que les stratèges de l'entreprise veulent en faire, et même une boîte qui multiplie les déploiements "2.0" (cf. Google) ne va pas changer sa politique RH pour autant, les contraintes externes sont sans doute trop fortes pour cela. Quand tout va bien elle est une "entreprise 2.0" et quand la situation se dégrade elle revient aux vieilles recettes, d'ailleurs (comme vous le soulignez) a-t'elle le choix? De fait si l'on veut une entreprise totalement 2.0 il faut des managers et des leaders 2.0 et plus globalement une société qui évolue en ce sens. Et là c'est une autre histoire, même si la crise actuelle semble ouvrir quelques portes en ce sens (à toutes choses...).

 


Christophe Deschamps | Le Lundi 15/12/2008 à 11:26 | [^] | Répondre

Atterrissage un peu rude!

Xavier,
Le titre de ton billet est symptomatique : tu pensais, comme de nombreux défenseurs de l'Entreprise 2.0, que l'application du web 2.0 allait automatiquement impliquer une révolution dans l'entreprise et la transformer en entreprise 2.0. Mais la réalité montre qu'il n'y a pas de cause à effet évidente. Et ce ne sont pas les jeunes (la fameuse génération Y sur laquelle repose tous les espoirs ?) qui font mieux. Le réveil est difficile et je comprends ton coup de gueule. Mais il ne faut t'en prendre qu'à toi...

Comme le dit Christophe Deschamps, cela fait au moins 50 ans (j'en étais resté à 20 ans avec "L'entreprise du 3ème type"...) qu'on essaie de changer les relations dans l'entreprise, qu'on essaie de sortir de Taylor et qu'on essaie d'améliorer la participation et la collaboration au sein de l'entreprise... sans aucun résultat, ou presque.

Ce n'est parce qu'on utilise les derniers outils collaboratifs qu'on considère les salariés comme des êtres humains et qu'on va révolutionner l'entreprise. L'inverse étant également faux : ce n'est pas parce qu'on n'utilise pas d'outils collboratifs qu'on est obligatoirement une entreprise X selon Mc Grégor.
Mais ne généralisons pas trop vite : ce n'est pas parce qu'une entreprise licencie qu'elle est "inhumaine". Parfois, elle n'a pas le choix. 

Je ne suis pas d'accord avec Christophe Deschamps lorsqu'il dit que "L'objectif de l'entreprise est toujours le même, vendre et faire du profit." Le profit est un moyen d'atteindre les véritables objectifs de l'entreprise. Mais je concède qu'il est vrai que pour beaucoup, le profit reste le seul objectif. C'est d'ailleurs ce qui continue à s'enseigner dans les écoles de commerce (ou de management comme elles osent se nommer...). 
Cependant, en période de crise et lorsque la pérenité de l'entreprise est en jeu, il est nécessaire d'orienter tous les efforts vers les résultats financiers. Mais ce ne doit être que passager. Et c'est dans ces périodes difficiles qu'il peut (doit) y avoir des licenciements. Dans toutes les entreprises que tu cites dans ton florilège, il y en a peut être qui n'ont vraiment pas le choix...

Cette crise va faire très mal dans toutes les entreprises. Le monde du web 2.0 n'y échappera pas, beaucoup de start up n'y résisteront pas. 
Ce n'est pas dans ces périodes qu'on développe la collaboration et qu'on demande l'avis de chacun sur la marche à suivre... Si c'est la culture de l'entreprise, cela pourra continuer, mais si ce n'est pas dans les gênes, aucune chance que ça démarre : c'est plutôt le style militaire en temps de guerre qui sera appliqué : "marche et tais-toi". 
Je le regrette, mais à mon avis, il faudra attendre des temps meilleurs pour que participation et collaboration (re)deviennent audibles dans les entreprises... avec ou sans outils web 2.0...

 


Bernard Sady | Le Mercredi 17/12/2008 à 02:01 | [^] | Répondre

Re: Atterrissage un peu rude!

Vincent C'est marrant Bernard car sur de nombreux points on a des accroches mais je suis foncièrement en désaccord avec ta conclusion.

C'est au contraire dans les  periodes de crise que l'on invente pour survivre !

 


Vincent | Le Mercredi 17/12/2008 à 19:24 | [^] | Répondre

Re: Atterrissage un peu rude!

XavierAucompte juste pour dire que je suis en total accord avec Vincent sur crise est égal à opportunités!

 


XavierAucompte | Le Mercredi 17/12/2008 à 19:34 | [^] | Répondre