Organisation 2.0
Voila le livre qui nous manquait !
Mots-clés : Organisation 2.0, Martin Roulleaux Dugage, KM, vincent Berthelot
Martin Roulleaux Dugage a eu la gentillesse de m’adresser le manuscrit qui a précédé le livre et qui a été soumis aux bloggeurs pour avis et amélioration, les deux comportent de légères différences mais le cœur est identique.
Ce billet ne se veut pas un fidèle résumé du livre mais un compte rendu de ce que j’ai retenu et de mes commentaires personnels.
Ce qui est fondamentalement différent dans ce livre par rapport aux nombreux ouvrages sur le travail collaboratif, le KM ou le 2.0 c’est à la fois le style, pragmatique et pourtant s’adossant à une forte expertise et surtout le lien évident entre ces trois composantes en repartant des clefs de l’entreprise, stratégie, management, communauté.
Le titre original était le prix de la confiance qui est devenu Organisation 2.0, certainement plus vendeur mais moins fidèle au contenu.
Nombre de besoins identifiés par les dirigeants de l’entreprise depuis parfois des années restent sans réponse adéquate car le fonctionnement même des réseaux sociaux n’a toujours pas été compris. Qui n’a pas entendu dans son organisation ou celle d’une autre entreprise le besoin de capitaliser les bonnes pratiques, celui de savoir qui fait quoi…
Par ailleurs il met en évidence une des tares les plus importantes de nos entreprises française, la peur de perdre du temps si on s’éloigne des schémas organisationnels et hiérarchiques datant du siècle précédent et la croyance que les connaissances sont plus dans le sommet de la pyramide que partagées au sein de l’organisation.
On en arrive donc à une élite perdant beaucoup plus de temps dans les jeux de pouvoir que dans la mobilisation des compétences, la dynamique des équipes et cultivant le fameux NI
H (not invented here). L’innovation dans ce type d’organisation est problématique car non seulement les échanges sont faibles au sein de l’entreprise mais souvent inexistants avec l’extérieur puisqu’on est les meilleurs !
Le paradoxe c’est que l’entreprise cherche à mettre en gigabit et en manuel les connaissances sans permettre aux communautés de fonctionner normalement (outils, reconnaissance, équilibre entre cadrage et autonomie…). Cela explique en grande partie les échecs du KM en France.
Le livre alterne entre des démonstrations des modes de fonctionnement actuels et désirés et des exemples concrets de mise en œuvre. J’ai tout particulièrement apprécié l’importance des différents rôles, animateur et « expert » en outils 2.0 au succès d’une communauté, tant dans son fonctionnement que sa production.
Il est évident qu’une communauté si elle veut bénéficier du soutien de l’organisation doit prouver qu’elle apporte de la plus value et cela passe souvent par la production de contenus, l’amélioration de processus, la résolution de problèmes ou l’innovation.
J’ai aussi apprécié le parallèle fait entre l’organisation physique d’une rencontre d’un réseau et son organisation virtuelle, comment on passe du hall, aux salles de réunion, celle d’amphithéâtre sans oublier la cafétéria ou la bibliothèque comme lorsque nous étions étudiants. Ce passage est à faire livre tant à nos responsables de communication événementielles qu’aux responsables intranets et de communautés.
La dernière partie du livre nous ôte une épine du pied en arrêtant de se demander si l’entreprise 2.0 peut se développer sur le modèle des organisation actuelles. Martin roulleaux Dugage nous propose un recadrage et un fonctionnement systémique entre la hiérarchie, les équipes projets et les communautés. Il n’y a pas d’opposition mais une complémentarité à mettre en œuvre pour passer à l’organisation apprenante.
Reste que comme il le présente dans la première partie de son livre les modèles mentaux de nos dirigeants et managers sont axés, formatés avant tout sur le pouvoir et peu sur la confiance. Si l’organisation dans sa dimension hiérarchique ne demande que l’obéissance au pouvoir, le fonctionnement des communautés nécessite la confiance et celle-ci ne se décrète pas. Le rééquilibrage se fera plus facilement pour les entreprises en crise, obligés de changer pour les autres il faudra attendre des dirigeants plus ouverts à cette nouvelle entreprise…
Le seul petit regret est le manque d’exemples d’utilisation des nouveaux outils 2.0 même si on comprend naturellement leur emploi en face d’exemples donnés. Ainsi vous n’aurez pas le droit aux exemples d’utilisation de facebook, second life ou des blos et rss mais là n’est pas le plus important.
D'ailleurs l'auteur a utilisé un blog et un groupe sur facebook pour accompagner la rédaction et le lancement de son livre.
En vente dans toutes les bonnes librairies ou sur amazon :-)
merci vincent pour ce retour sur cet ouvrage qui semble vouloir devenir une référence. La prochaine étape est une interview. Rien à dire parce que en accord avec l'essentiel.
![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)
J'attends le retour de l'auteur :-) mais en analysant le retour du combat des grands chefs sur le 2.0 et les frustrations de Claude Malaison, Betrand Duperrin et Pascal Veilleux on se dit que certains experts 2.0 américains feraient bien de regarder du côté de l'Europe !
Merci beaucoup de ce commentaire qui me touche et qui m'encourage effectivement beaucoup. Sur le fait que je ne parle pas beaucoup des outils web 2.0, c'est effectivement un parti pris. D'une part, j'avais trop peu d'exemples d'entreprises les ayant effectivement introduits chez elles avec succès, et encore aujourd'hui je n'en connais pas beaucoup qui dépasse le stade expérimental. D'autre part, je ne voulais pas que le fond se trouve disqualifié trop vite par l'évolution technologique, d'autant que ce n'est pas le sujet. J'ai d'ailleurs commis l'erreur de citer Facebook sur un chapitre écrit en 2005, alors que peu de gens en parlaient à cette époque. Ce qui pouvait alors faire figure de propos prophétique fait ringard le jour de la publication...
Bertrand dans son




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