Nouveau partenaire du dialogue social : le web 2.0
L'entreprise 2.0 est déjà la
Mots-clés : dialogue social, entreprise 2.0, jon husband, wirearchy
Les syndicats en France perdent chaque année un peu plus de leur influence et pouvoir et la loi à venir sur la représentativité des syndicats ne va faire que renforcer cet état de fait. Ne comptant que 8 % de syndiqués, fonctionnant sur une réglementation datant de plus de 50 ans et voulant limiter l’influence de la CGT.
Le nouveau projet fixerait le seuil de représentativité à l’obtention d’au moins 10% des vois lors des élections professionnelles ce qui implique le regroupement des syndicats les plus faibles pour passer cette barre. A terme on peut se demander si on ne finira pas avec seulement 3 syndicats représentatifs. Le bon côté étant la fin des accords passés grâce à la signature de syndicat minoritaires, un poids plus important pour chaque syndicat restant permettant un dialogue social plus constructif. Au passage le coût de financement des syndicats risquent aussi de diminuer par une diminution du nombre de représentants, de moyens alloués à chaque organisation…
L’idée généreuse de mettre un frein à l’émiettement actuel risque de ne pas tenir longtemps, les forts mouvements de grève montrent souvent que la base ne suit plus les décisions des responsables syndicaux centraux. Le dernier en date étant les marins pécheurs, mais nous avions eu les infirmières, routier…
En quoi ce regoupement va permettre d’augmenter le nombre de syndiqués ? Moins de choix serait-il séduisant pour les employés ?
En fait tous les éléments sont entrain de se rassembler pour passer à l’entreprise 2.0 dans toute sa dimension managériale, culturelle et sociale.
Un nombre toujours plus importants d’entreprises passent au 2.0 pour leurs partenaires, clients, mais toujours pas pour leur employé. Malgré Les best sellers de P. Drucker on en reste encore à des organisation bien plus proche du neo-taylorisme que de l’entreprise apprenante ou agile.
Jon husband expliquait à ce propos l’importance de la méthode d’évaluation des postes dans cet empilage hiérarchique et ces cloisonnements par silo. Des méthodes qui datent de l’après-guerre, les méthodes japonaises datent d’ailleurs de la même époque puisqu’elles découlent directement du management américain suivant l’après guerre. De là découle, les mobilités, les salaires, la hiérachie qui rassurent mais emprisonnent aussi. Le passage à la Wirearchy (J.H) a commencé avec les modes projets et va se propager dans les années qui viennent aux autres entreprises. Rappelez-vous l’exemple de la nouvelle organisation de travail à l’ANPE qui avait gagné un prixintrablog en 2007. C’est du réel et pas du verbiage, d’ailleurs les exemples de l’intrablog de cette année seront tout aussi remarquables
Il n’y aura dans la plupart des cas pas de big bang mais un effritement des modes de fonctionnement anciens d’une part par la pression des employés actuels de plus en plus 2.0 hors de l’entreprise, voulant être entendu, reconnu et des digital native qui sont à des années lumières des managers actuels de la période « baby boomer ». Un basculement va se faire pour répondre aux exigences du marché, de l’environnement, des consommateurs et des employés.
Le dialogue social va suivre la même voix, comment continuer à ne discuter que avec 8% des employés quand on a désormais le moyen de permettre au 92% restant de le faire ? Cela ne veut pas dire que les syndicats n’existeront plus car ils permettent une efficacité dans les négociations. Simplement ils ne seront plus les seuls à pouvoir exprimer l’avis des salariés, ceux-ci pourront le faire directement aussi sur les grands enjeux. Cette nouvelle loi arrive au moment ou on sent bien la faiblesse de son pouvoir de négociation. De leur côté aussi le 2.0 est peu ou mal utilisé et leur permettrait pourtant d’améliorer leurs actions, d’augmenter leur audience et de peut-être renverser la tendance. Alors bien sur il y aura des tensions, des jeux de pouvoir, d’alliance, une importance accrue de la com corporate pour séduire les salariés mais franchement est-ce pire que l’état actuel du dialogue social en France ?
Au moment même où nous vivons une révolution de la liberté d'expression et de l'engagement, on croit encore qu'on va décider de comment les salariés veulent se faire représenter. Comme tous les systèmes politiques qui échouent, on monopolise et on centralise. L'idée est bien là. Moins de groupes possibles donc moins de risques de débordement. Face à une montée de petits syndicats qui prennent en seulement une grève les parts des autres syndicats, la volonté est de préserver les anciennes familles.
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