Mars 08 17

Version imprimable Noubliez pas! Un mot qu'il faut aussi appliquer à l'entreprise.

Jour de commémoration Nationale en souvenir des Poilus de 14 / 18

Mots-clés : , ,

Photographie de poilus français dans une tranchée dans la Somme en août 1916.Photo panoramique du cimetière de Berry-au-Bac


En ce jour de commémoration, c'est bien le souvenir à qui l'on doit redonner sa place. La grande guerre a montré toutes ses horreures sur un périmètre de bataille réduit mais où la mort avait passé le pas sur la vie. Le dernier poilu français est mort mais doit-on oublier pour cela? Dans ce souvenir que doit-on conserver? Quelle image doit-on avoir de cette époque?

Sans avoir réouvert mes livres sur le sujet, me vient à l'esprit d'une classe populaire féminine qui a dû tout gérer pendant plus dix ans faute d'homme à la maison et ensuite dans quel état étaient-ils revenus? Dans mon livre d'école, je vois bien la photo du Tigre visant les tranchées ou de Pétain à l'écoute de ses soldats. C'est surtout la misère et la mort qui est le plus présent. Quel bizarerie d'avoir choisi le bleu horizon pour couleur d'uniforme quand le bleu horizon ne devait plus être d'actualité dans le ciel au-dessus des lignes de combat. Avant de fermer l'ouvrage, je vois les australiens, les américains et les anglais monter au front pour gagner avec à côté les premiers chars. A cette évolution technologique, il faut biensûr se souvenir de l'épopée aussi tragique qu'héroïque des as de l'aviation débutante qui n'eut pas le de défiler le jour de la victoire.

Dans notre quotidien, ce souvenir n'est qu'un monument posé au milieu des places de village où l'on ne lit plus les noms depuis longtemps. C'est un soldat inconnu sous un arc de Triomphe dont la flamme brûle sans arrêt mais où Zidane l'a parfois fait oublier. C'est enfin un passage dans les livres d'histoire qu'il est dur d'appréhender pour des jeunes européens allemands ou français.

Pourtant, si un jour, vous visitez la région des combats, vous verrez sur le chemin des dames où les champs ont repris leur place un défilé de cimetières aussi lourds de malheurs que sobres et perdus dans leur réalité. Comment imaginer qu'il a fallu autant de mort pour se battre les parcelles de champs? 

Le souvenir ne doit pas s'éteindre et il n'est pas prêt à être oublié.

Si vous regardez l', autant nous voulons un esprit d', autant nous voulons une vie d' et moins nous travaillons à l'histoire de l'. Coïncés entre les actionnaires, les OPA, les changements de direction, le turn over et le profit rapide, l'histoire d' n'a pas ou peu sa place.

Dans combien d'entreprises, voyez-vous à l'entrée les noms des fondateurs? Dans combien d', propose t'on aux salariés de participer à l' d'histoire de l'. Combien de responsables de interne se sont-ils penchés sur la chose? On monte une plaquette à un centenaire qu'on oublie aussi vite.

Pourtant l'esprit d' est à la racine. Respectez la mémoire des anciens et vous comprendrez les besoins des jeunes. Quoi de plus anciens que les nouvelles tendances. C'est bien la répétition des erreurs qui font croire que les temps changent mais au fond qu'attendons-nous d'une ?

Dans la majeur partie des cas, qu'elle nous écoute, qu'elle soit fidèle et que je puisse compter sur elle. Le salarié d'hier comme celui de demain attend et construit une famille professionnelle. Plus vous lui expliquerez qui elle est, plus il l'aimera. 

L' qu'on aime, c'est celle qui est là quand elle ne l'attend pas. Pourquoi ne voit-on que trop rarement des enterrements avec une réelle présence d'? La retraite sépare l'homme de longues années de son et pourtant il aura toujours commencé sa présentation par "je suis un retraité de ...". Il aura suivi son et aimera que ses enfants y travaillent.

Loin de tous les outils, faites revenir et faites découvrir votre histoire d' pour mieux faire adhérer les salariés présents. Si vous voulez en plus utiliser les nouveaux médias, créez une communauté ou des amoureux ou passionnés de l' et/ou de la marque. Leur but sera de faire revenir le plus grand nombre d'informations sur l'histoire et sur son quotidien parce que l'histoire a commencé hier et ne finit pas demain.

Si j'ai voulu insister sur l'esprit et la mémoire d', je vous propose de réfléchir au savoir faire tout au long des ans. Combien de salariés ont une idée de l'évolution des produits de l' sur seulement les trentes dernières années? Cet enseignement ne serait pas de trop et pourrait parfois être un beau terrain de réflexion.

A la mémoire de ceux qui sont morts en ces temps pénibles.

Commentaires

De la mémoire...

Claude Malaison Merci Xavier de revenir sur cet aspect essentiel de l'entreprise 2.0 : La mémoire !

 


Claude Malaison | Le Lundi 17/03/2008 à 17:17 | [^] | Répondre

Hmmmmmmmmm.......

Vincent Je me suis interrogé avant de te répondre car le sujet est sensible.

Personnellement je n'aime pas l'utilisation politique de ces morts, les mots sacrifice, France avec des tremolos dans la voie et le regard sur l'éléctorat. Le souvenir de ces temps sauvages de faillite de la politique et de la relation humaine.

En revanche j'ai une profonde admiration pour la sagesse de ces hommes ayant vécu l'enfer et qui expliquait l'absurdité de cette guerre ou parfois ils s'entendaient avec l'ennemi pour cesser de se tirer dessus... Ce qui les avait fait tenir c'était la camaraderie et non lme patriotisme qui résiste mal à la boue, aux morts et aux executions pour l'exemple de son propre commandement!

La mémoire de l'entreprise pourra continuer à vivre si les hommes qui la composent sentent qu'ils sont plus qu'une ressource volatile, ajustable en fonction du dollar des Sub prime et autres fonds de pension.
On peut être fier de son entreprise sans pour celà être manipulé ou inconscient, la logique de l'honneur reste la plus belle des motivations mais elle s'entretient.

 


Vincent | Le Lundi 17/03/2008 à 18:53 | [^] | Répondre

Re: Hmmmmmmmmm.......

XavierAucompte Je ne crois pas que mettre en avant l'histoire et la mémoire soit de la manipulation. Nous avons tous besoin de racines.

 


XavierAucompte | Le Lundi 17/03/2008 à 23:49 | [^] | Répondre

Re: Hmmmmmmmmm.......

Vincent Tu es vien optimiste sur les dérives de la culture d'entreprise en temps de crise, tu nous dira comment ça se passe pour cette vieille entreprise Bear Stearns ;-)

 


Vincent | Le Mardi 18/03/2008 à 11:57 | [^] | Répondre

Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes...

La mémoire des entreprises est un cimetière abandonné où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir...  A ce sujet, cela me rappelle l'article "Tolérance zéro pour les cadres" de Vincent Monnier, que je vous invite à relire...

Nouvel Observateur - Septembre 2002

 


Mehdi | Le Samedi 22/03/2008 à 16:12 | [^] | Répondre

Re: Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes...

Vincent Très belle phrase et certainement vraie la majorité du temps, il me semble qu'on tend souvent à vénérer voire idolatrer une personne emblématique, le dieu le père de l'entreprise, le fondateur (Ford, Dassault, Microsoft...), le reste c'est l'employé du mois bien vite oublié....

 


Vincent | Le Samedi 22/03/2008 à 21:07 | [^] | Répondre

Re: Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes...

XavierAucompte Dans les phrases de ce style, vous avez la fameuse : " des gens irremplaçables, vous en avez plein les cimetières."  Une aventure est toujours collective mais l'histoire ne retient qu'un nom. C'est la vie mais l'entreprise ne peut en rester là. Il faut conserver la mémoire des savoirs et donc des hommes. 

 


XavierAucompte | Le Dimanche 23/03/2008 à 01:12 | [^] | Répondre

Re: Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes...

ah ça... je crois qu'on est tous d'accord... mais la reconnaissance a la mémoire courte :)

 


Mehdi | Le Dimanche 23/03/2008 à 15:06 | [^] | Répondre