Mc Afee, Dion Hincliffe et Gary Hamel, l’entreprise 2.0 n’est pas la même !
Outils, culture et management
Mots-clés : Dion Hinchcliffe, Mc Afee, Gary Hamel, entreprise 2.0, vincent Berthelot
En premier lieu désolé d’avoir fait place à ce trio américain dans ce titre, bien d’autres mériteraient d’y être et je pense à John Husband qui a vraiment fait avancer la réflexion avec son concept de Wirearchy mais les trois auteurs en question sont vraiment représentatifs de la vision actuelle sur l’entreprise 2.0.
Mc Afee en est même venu à douter de son avènement, lui son premier défenseur, porteur de la première définition de l’entreprise 2.0, très orientée outil, voit pointer le spectre du KM. On en a beaucoup parlé, on a fait des milliers de conférences, livres et au final la montagne a accouché d’une souris. Depuis le temps que l'on parle de cette entreprise 2.0 on ne peut pas dire que les premiers retours soient enthousiasmants, vous le verrez dans la suite de l'article.
Dion Hinchcliffe lui en est persuadé, à coup de schéma et graphique, que l’E.2.0 est déjà là ! Hé oui une étude montre que le degré d’adoption de ces outils dans l’entreprise est en hausse, qui dit outils 2.0 dit entreprise 2.0 non ? Il faut reconnaitre que ces schémas sont souvent excellents le seul problème c'est qu'il attaque l'entreprise 2.0 par l'outil et que les mêmes études américaines montre que les freins sont avant tout culturels...
Enfin Gary Hamel attaque sous l’angle culturel et génération Y cette entreprise, ce qui me sauve d’une caricature de l’E 2.0 à la sauce américaine qui serait une vision purement instrumentaliste de celle-ci et en aucun cas une transformation portée par les dirigeants, les managers et la RH.
Bon alors essayons de faire parler les chiffres alors et les études s’appuyant sur un large panel de répondant. Pourtant plusieurs études laissent planer un doute sur le degré d’adoption et surtout de satisfaction de la mise en place de ces outils 2.0 dans l’entreprise. En clair seulement 20% en sont satisfaits de ces nouveaux outils.
Bon il faut un certain recul sur les analyses de ces grands cabinets car quand on voit que Forrester dans ces prédictions début 2008 voyait une explosion de l’utilisation du RSS par les entreprise on ne peut s’empêcher de sourire 1 an après en lisant leur nouvelles tendances :
"RSS is underappreciated in the enterprise. This ubiquitous technology provides a mechanism to get content to people where they need it, rather than expecting people to find it."
Quoi qu’il en soit la tendance est confirmée par l’autre grand du conseil Mckinsey
"Only 21 percent voiced overall satisfaction, according to the report, and 22 percent cited clear dissatisfaction."
L’un des freins est annoncé clairement :
"For 22 percent of executives, their corporate culture doesn't encourage Web 2.0 usage. In addition, 20 percent said, "My company doesn't provide sufficient incentives to adopt or experiment with Web 2.0 technologies."
Il y a donc suite à l’adoption de ces outils plus de déçus que de satisfaits!! Faites la même étude avec notre bon vieil e-mail et je parie qu’on aura des résultats bien meilleurs.
Mc Afee est optimiste et pense que tout va se mettre en place grâce à un comportement de « good guys » des salariés. Hé oui l’homme est bon et dans le fond chaque salarié aspire a aider son voisin, son entreprise et comme on adore être au tableau d’honneur cela va marcher.
Un des derniers exemples que nous donne Mc Afee est celui de Verizon qui s’appuie sur ses retraités ou d’autres bonnes volontés pour animer un forum pour sa clientèle en leur payant…leur abonnement internet et en leur donnant un badge de super-user ! Pensez-vous que cela fonctionnerait en France, même les rédacteurs locaux de Ouest-France sont payés pour écrire sur la dernière kermesse du bourg de St Just ! A se demander si la théorie des jeux, la logique des acteurs est une spécificité française et que Crozier ne pourrait s’exporter…
Gary Hamel lui pense que c’est cette fameuse génération Y qui permettra enfin de bouleverser le monde organisationnel et managérial de l’entreprise et ne cesse d’écrire des article sur ce sujet. C’est une telle révolution à entreprendre que comme le dit un de ses articles c’est objectif lune pour le management (http://hbr.harvardbusiness.org/2009/02/moon-shots-for-management/ar/1). Ceci étant Gary Hamel quand il ne se focalise pas trop sur la génératrice Y avance des hypothèses solides des évolutions organisationnelles et managériales à entreprendre. C’est sans aucun doute le plus avancé dans cette réflexion
Ce qui m’embête ce n’est pas ces prises de position ou angles d’attaque de l’entreprise 2.0 qui peuvent s’argumenter et se justifier c’est surtout l’absence de réelle stratégie organisationnelle et RH. L’ami Bertrand Duperrin parlait dans un de ces derniers articles de ces RH qu’il voit au centre de l’entreprise 2.0, il en a donné quelques exemples sans rentrer dans la description d’une stratégie RH couplée au passage à l’entreprise 2.0.
Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer sur ce blog ou en webtv ce ne sont pas tant les outils que l’accompagnement et surtout le besoin de changer qui feront le succès de leur utilisation. Le syndrome de « on fait comme ça depuis des années et ça marche » a pour exemple frappant l’E-mail, le KM s’y est cassé les dents, le collaboratif aussi, l’E 2.0 risque de connaître le même sort si il n’y a pas plus d’urgence à changer la façon de travailler.
Ces trois auteurs en restent a des conseils pour faciliter la mise en place des outils mais sans poser la question du changement de paradigme nécessaire pour passer à une entreprise différentes de celle post taylorienne.
Alors oui ces outils doivent être simples, efficaces, dans la continuité des taches qu’on effectue, oui ils doivent mettre en avant les meilleurs utilisateurs mais on le voit bien on est à un niveau pratico-pratique et nullement stratégique.
Une anecdote dans un des billets de Mac affe m’a marqué : Il raconte ses échanges avec RH seniors plutôt ouvert à ces concepts mais lui disant jamais mon boss n’acceptera qu’on puisse échanger aussi librement avec nos clients, qu’ils puissent ouvertement nous dire ce qui leur plait et ne leur plait pas… Des clients ! On n’imagine même pas la question portant sur le salariés …
Ce n’est bien sur pas ce passage à l’appellation Entreprise 2.0 qui est important c’est ce qui l’accompagne avec, diminution des cloisonnements, systèmes pyramidaux rigides et hiérarchiques, écoute des clients, partenaires mais aussi des salariés, éthique par une volonté politique d’appliquer les principes de la RSE.
Dans cette posture en conseil il y a 10% d’idéalisme beaucoup de pragmatisme, de persévérance et de la performance !
Les études
(http://www.cio.com/article/440165/Enterprise_Web_._Adoption_Still_Growing_McKinsey_Report_Says)
http://www.mckinseyquarterly.com/information_technology/management
/building_the_web_20_enterprise_mckinsey_global_survey_2174
Les auteurs:
Dion Hinchcliffe
Gary Hamel
Mc Afee
Ressources: excellent article de Claude Malaison sur l'entreprise 2.0 qui partage certaines idées de ce billet
![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)
Cisco en effet... Encore une fois une entreprise avec une ADN bien particulière, un peu comme si tu m'avais donné l'exemple de Google. D'ailleurs Cisco a évolué dans son business modèle avec ces mêmes changements et ils doivent montrer l'exemple pour mieux vendre leur offre. Reste que tous les exemples de réussite nous enseigne à chaque fois quelque chose que l'on peut ou non appliquer à notre contexte.
Tout d'abord juste un mot pour dire que c'est quand même pas perdre son temps que de te lire. Merci de tout se travail et de ton analyse pour arriver là. Je n'aurai jamais pu aller sur ce terrain et j'ai beaucoup appris.
Nice to read you here Jon, We would appreciate if you could give us your feedback ont this topic in french or in english and how your approach on 




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