Mai 09 11

Version imprimable Les limites entre vie privé et professionnelle,

Bosse et ne dit que du bien ou casses-toi pauvre C...!

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Travaillant actuellement sur le sujet des nouveaux modes de conflictualité dans l’entreprise et suite à un échange avec Xavier, celui-ci en élargissant nos échanges me donne l’exemple de la mésaventure du journaliste de TF1, Jérôme Bourreau, responsable du pôle "Innovation Web" de la chaîne.

 

Cette histoire est en effet exemplaire et je l’ai bel et bien raté sur twitter ;-)

 

En bref ce dernier e-mail adresse un mail à la députée de sa circonscription du 17ème arrondissement de Paris, Françoise de Panafieu pour lui dire tout le mal qu’il pense de la loi Hadopi.

 

Erreur on ne taquine pas les petits pouvoirs car ils peuvent en référer aux plus gros et pour le coup ce journaliste qui ne confondait pourtant pas expression personnelle et professionnelle se voit licencié par son employeur !

 

Le mail a fait ricochet du gouvernement à TF1, plus précisément d’un collaborateur de C. Albanel la ministre de la Culture et de la Communication, qui a trouvé logique d’envoyer copie de ce mail personnel à la direction de TF1.

 

Sans rentrer dans un débat politique ou sur la loi Hadopi, ce fait désastreux pose la question de la justification d’un tel licenciement qui d’ailleurs passera aux prud’hommes et devant la Halde.

 

Une première interrogation est juridique car licencié un salarié pour des faits se déroulant en dehors du cadre de l’entreprise et relevant de la simple expression d’opinion fera certainement jurisprudence. Le contrat de travail peut-il prévoir de telles clauses ?

 

Enfin on rentre dans une discussion plus philosophique sur le tout pouvoir d’une entreprise sur ses salariés. La porosité de l’entreprise ne va pas toujours dans le bon sens, ni celle de l’affaiblissement des frontières entre privé et personnel revendiqué par la génération Y.

Travailler dans une entreprise et encore plus malheureusement dans une entreprise 2.0 c’est travailler selon certaines valeurs avec une demande d’engagement de plus en plus forte quelque soit le niveau. Est-ce à die que l’employeur a toujours raison et qu’il conviendra désormais de prendre un pseudo pour s’exprimer ?

 

Malheureusement des témoignages de personnes proches montrent que ce n’est pas seulement les mails mais les contributions sur les réseaux sociaux de twitter à Facebook en passant par les blogs qui peuvent vous coûter cher.

Quel paradoxe, ce web 2.0 citoyen, participatif risque de tourner au cauchemar à la big brother sans réels cadre juridique et frontière précises pour les différents acteurs ou des sanctions envers les employeurs trop légères pour les freiner.

 

J’aimais bien ce commentaire laissé sur le site de TF1 : Enfin, trouvez vous normal que dans une entreprise, un employé ne puisse avoir une opinion divergente de sa direction. Faut il que tous les humbles et les obscurs soient aux ordres, dévoués corps et âmes à leur employeur, au mépris des droits les plus élémentaire auquel chaque salarié à droit?

 

Le côté rassurant c’est la mobilisation extrême sur les réseaux sociaux qui a suivi la publication de cette affaire, un véritable raz de marée, qui plongé dans mes dossiers je n’ai pas vu passer…TF1 a tenté d’enrayer la vague à grands coup de modération, censure diront certains mais au final a été débordé. Certains sites recueillaient près de 1000 messages sur cette histoire !

 

Au final un lampiste est tombé au ministère de la culture, Mme de Panafieu se réfugie derrière l’absence de demande d’anonymat dans le mail (alors que celle-ci est implicite) et on attend la suite juridique de cette affaire.

 
 
http://www.pcinpact.com/actu/news/50760-tf1-commentaire-effacement-hadopi-licenciement.htm

Nota : l'entreprise 2.0 c'est justement l'entreprise ou on écoute les avis divergents, les objections pas celle où on les écrase !

Commentaires

Voilà un vol d'exemple : je te vire de BRENT!

XavierAucompte Heureusement, rien de tel et encore merci d'avoir été plus loin sur cet évènement. Le soucis est que nous devenons des êtres communiquants. Nous laissons des traces partout et nous mélangeons les parties professionnelles et personnelles.

A l'inverse de ton exemple, imaginons TF1 dire : je veux être exemplaire en développement durable. ma Tour est en zone innondable donc cela doit être des pelouses car cela ne polluera pas en cas de crue. En plus, je n'ai pas de risque de continuité d'activité. 

A cela, sur le terrain écologique, je me rend compte que 70% de mes salariés vivent dans l'ouest Parisien et il serait mieux de s'installe un peu plus en dehors de Paris pour diminuer les transports, pour avoir un cadre de travail moins pollué et plus agréable. 

Pour finir, je trouve que l'effort de ceux qui sont dans le sud est anormal. Je finance donc les déménagements.

En gros, la raison de TF1 est noble et bonne. Ils font un choix. A côté de cela, 90% des salariés sont contre et disent sur les blogs, twitter, facebook, je suis contre mon employeur, ils sont anti démocratique, ils sont des menteurs, ils sont ... 

Que doit faire TF1? Conserver les collaborateurs qui vont contre son choix, sa volonté, ..., sa décision ? Alors même que ceux-ci portent atteintent à l'image de l'entreprise où ils sont!

En l'espèce, le cas est tout à fait différent mais la question de nos actes sur le web ne sont pas si neutre? L'employeur a aussi son mot à dire parfois. Ou alors il faut distinguer le pro et le perso! Mais comment aujourd'hui?

 


XavierAucompte | Le Mercredi 13/05/2009 à 04:50 | [^] | Répondre

le mariage entre l'entreprise et le 2.0... c'est pas encore pour maintenant..

Mon commentaire sera sûrement un peu subjectif, mais comment peut-on imaginer vivre dans un contexte où d'une part les progrès technologiques nous permettent d'aller plus loin dans la communication interpersonnelle, dans le développement de son réseau pro, dans l'apprentissage autodidacte, dans l'enrichissement par l'échange, avec des outils toujours plus aboutis et que d'autre part les mentalités, les lois ne suivent pas cette évolution dans laquelle les individus sont pourtant prêts à s'engouffrer... ?

Comment se fait-il qu'aujourd'hui, dans un pays fondateur des droits de l'homme, on ne puisse avoir une opinion personnelle et l'exprimer librement ? J'ose encore espérer qu'on a le droit, en tant que salarié, d'avoir une vie sociale et citoyenne en dehors de son entreprise ?
C'est peut être parce que la tendance en ce moment c'est le personnal branding et que tout le monde se vend au nom de son entreprise et mélangent les genres privé/pro.
Cet e-mail à la député, n'était qu'une opinion citoyenne exprimée de manière individuelle. Rien ne mettait en cause l'esprit d'entreprise ou l'image de TF1.

Je suis d'accord, Xavier, avec le fait que l'employeur a son mot à dire, lorsque les propos de son salarié sont en rapport direct avec l'entreprise ou que ses propos soient tenus au nom de l'entreprise et impliquent son image.
Si les propos du salarié sont une expression personnelle et individuelle de ses opinions et qu'il l'a clairement affiché tel quel, le droit à la liberté d'expression est applicable et en aucun cas l'employeur ne peut et ne doit en tenir compte dans la fonction professionnelle de l'employé.

J'aurai encore d'autres choses à dire sur notamment la vision qu'ont les dirigeants de petites entreprises sur cette limite ambigüe entre vie privée et professionnelle mise en valeur avec les réseaux sociaux virtuels... mais je sors du sujet. Je profiterai donc d'un autre article pour exprimer mon avis, si vous le voulez bien chers brenteurs :)

Merci Vincent pour cet article.

 


laure | Le Mercredi 13/05/2009 à 09:47 | [^] | Répondre

Re: le mariage entre l'entreprise et le 2.0... c'est pas encore pour maintenant..

XavierAucompte

Et voilà, tu dis merci à Vincent, alors que c'est moi qui est passé l'info... Dans le cadre de la loi HADOBI, c'est pas pénalement répréhensible en France maintenant? ... lol

Pour revenir sur tes propos, ce cycle est normal. Pour exemple, la France a tué l'amour sauvage en ville et les baisés cachés au coin d'une rue avec les éclairages publics. A l'inverse, cela a été le premier élément de baisse de criminalité. Car quand je me cache, c'est pour du bon comme du mauvais.

C'est le combat aujourd'hui des vidéos surveillances, des fichiers CNIL, ... C'est encore la question ici.

Après je dirai simplement que nous devons décider de ce que nous attendons de notre entreprise qu'elle soit responsable et respecte des valeurs. En cela, pourquoi ne pourrait-elle pas sanctionner si les valeurs qu'elle propose ne sont pas celles d'un salarié. Se pose même la question : n'est-ce pas le salarié qui est en faute? Je ne suis pas en accord avec l'attitude et les choix de mon entreprise donc je pars en la respectant mais en montrant par là que j'ai une autre opinion.

Pourquoi ne ferais-tu pas un article qu'on mette en ligne si tuas une idée?

 


XavierAucompte | Le Mercredi 13/05/2009 à 15:18 | [^] | Répondre