Les limites entre vie privé et professionnelle,
Bosse et ne dit que du bien ou casses-toi pauvre C...!
Mots-clés : hadopi, tf1, web 2.0, generation y
Travaillant actuellement sur le sujet des nouveaux modes de conflictualité dans l’entreprise et suite à un échange avec Xavier, celui-ci en élargissant nos échanges me donne l’exemple de la mésaventure du journaliste de TF1, Jérôme Bourreau, responsable du pôle "Innovation Web" de la chaîne.
Cette histoire est en effet exemplaire et je l’ai bel et bien raté sur twitter ;-)
En bref ce dernier e-mail adresse un mail à la députée de sa circonscription du 17ème arrondissement de Paris, Françoise de Panafieu pour lui dire tout le mal qu’il pense de la loi Hadopi.
Erreur on ne taquine pas les petits pouvoirs car ils peuvent en référer aux plus gros et pour le coup ce journaliste qui ne confondait pourtant pas expression personnelle et professionnelle se voit licencié par son employeur !
Le mail a fait ricochet du gouvernement à TF1, plus précisément d’un collaborateur de C. Albanel la ministre de la Culture et de la Communication, qui a trouvé logique d’envoyer copie de ce mail personnel à la direction de TF1.
Sans rentrer dans un débat politique ou sur la loi Hadopi, ce fait désastreux pose la question de la justification d’un tel licenciement qui d’ailleurs passera aux prud’hommes et devant la Halde.
Une première interrogation est juridique car licencié un salarié pour des faits se déroulant en dehors du cadre de l’entreprise et relevant de la simple expression d’opinion fera certainement jurisprudence. Le contrat de travail peut-il prévoir de telles clauses ?
Enfin on rentre dans une discussion plus philosophique sur le tout pouvoir d’une entreprise sur ses salariés. La porosité de l’entreprise ne va pas toujours dans le bon sens, ni celle de l’affaiblissement des frontières entre privé et personnel revendiqué par la génération Y.
Travailler dans une entreprise et encore plus malheureusement dans une entreprise 2.0 c’est travailler selon certaines valeurs avec une demande d’engagement de plus en plus forte quelque soit le niveau. Est-ce à die que l’employeur a toujours raison et qu’il conviendra désormais de prendre un pseudo pour s’exprimer ?
Malheureusement des témoignages de personnes proches montrent que ce n’est pas seulement les mails mais les contributions sur les réseaux sociaux de twitter à Facebook en passant par les blogs qui peuvent vous coûter cher.
Quel paradoxe, ce web 2.0 citoyen, participatif risque de tourner au cauchemar à la big brother sans réels cadre juridique et frontière précises pour les différents acteurs ou des sanctions envers les employeurs trop légères pour les freiner.
J’aimais bien ce commentaire laissé sur le site de TF1 : Enfin, trouvez vous normal que dans une entreprise, un employé ne puisse avoir une opinion divergente de sa direction. Faut il que tous les humbles et les obscurs soient aux ordres, dévoués corps et âmes à leur employeur, au mépris des droits les plus élémentaire auquel chaque salarié à droit?
Le côté rassurant c’est la mobilisation extrême sur les réseaux sociaux qui a suivi la publication de cette affaire, un véritable raz de marée, qui plongé dans mes dossiers je n’ai pas vu passer…TF1 a tenté d’enrayer la vague à grands coup de modération, censure diront certains mais au final a été débordé. Certains sites recueillaient près de 1000 messages sur cette histoire !
Au final un lampiste est tombé au ministère de la culture, Mme de Panafieu se réfugie derrière l’absence de demande d’anonymat dans le mail (alors que celle-ci est implicite) et on attend la suite juridique de cette affaire.
Nota : l'entreprise 2.0 c'est justement l'entreprise ou on écoute les avis divergents, les objections pas celle où on les écrase !
Heureusement, rien de tel et encore merci d'avoir été plus loin sur cet évènement. Le soucis est que nous devenons des êtres communiquants. Nous laissons des traces partout et nous mélangeons les parties professionnelles et personnelles.
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