Le web 2.0 farce à dindon, réseau intelligent ou valorisation du moi ?
Maoiste, capitaliste, philosophique
Mots-clés : UGC, 2.0, hsbc, wikipedia, graph social
Plusieurs critiques sur le phénomène du 2.0 ont fait l’actualité des blogs ces derniers mois, renforcé par la sortie des livres comme celui du « culte de l’amateur » de Andrew Keene alors il me semblait intéressant d’ouvrir le débat sur B-R-Ent.
En premier lieu concernant ce livre, il m’apparaît comme une critique de l’ancien modèle que rassurait l’étiquette d’expert, le payant, le légitime officiel et pour qui Wikipédia constitue le summum du n’importe quoi mais avec un vernis de légitimité car partagé par tous, la démocrtie participative 2.0 en quelque sorte.
Wikipédia a eu ses problèmes et dérives mais son succès tant d’utilisation que de participation à son élaboration ne peut continuer à se faire sur du vide ou de l’imprécision, voire manipulation. Bien sûr sur les millions de données certaines peuvent prêter à interprétation mais la qualité globale du projet est indéniable n’en plaise aux amoureux de l’encyclopedia Universalis.
En revanche il est vrai que je suis un peu mal à l’aise à être à la fois sur un message souvent philosophique du web 2.0 des utilisateurs mais aussi des vendeurs de solution pour une application à l’entreprise en interne ou externe. Le propre d’un vendeur de solutions c’est de vendre son produit et là où ça devient plus difficile, de parvenir à le vendre sur un marché ou le gratuit est devenu habituel donc félicitations à ceux qui y parviennent que ce soit pour les qualités intrinsèque de leur solution ou leur discours accrocheur.
Comme me le répondait dernièrement sarcastiquement ou avec humour l’un d’entre eux à mes interrogations, hé oui c’est incroyable nous vendons des licences de notre outil 2.0. En fait ils peuvent vendre et je les encourage même à vendre très cher leurs solutions pour s’éloigner justement de cette image d’amateurisme qui colle à ce Web 2.0. Plus c’est cher, plus ça doit être professionnel et donc rassurant pour tout une clientèle. Le gratuit est bien sur du faux gratuit car il faut compter sur l’accompagnement, packaging, suivi, et oublier l’assurance des solutions 2.0 propriétaires d’adapter leurs produits à vos besoins.
C’est tout à fait juste qu’un outil de qualité facilite la mise en place d’un projet de communauté, innovation, partage mettant en jeu le réseau social. Mais n’oublions pas que la loi est 20% de la réussite du projet réside dans l’outil et le reste dans l’accompagnement donc les coûts ne se limitent pas aux licences brutes et dans un cas ou un autre on vous vendra du projet pour vous aider à aller plus loin que la simple réussite de l’implémentation d’un outil web.
Un autre problème celui du buzz organisé par la blogosphère consciemment ou non et la possibilité de « tordre » la réalité mais sommes-nous très loin des pratiques du lobbying ? De toute manière les tendances du web avant les élections et les résultats après celles-ci devraient nous rendre assez humbles sur notre influence au final même si l’expérience malheureuse d’HSBC semble remonter ce pouvoir d’influence!
Le tout gratuit voila un beau cheval de Troie car ce qui est très ambivalent c’est le contrat entre la possibilité d’utiliser gratuitement des services et en échange donner accès à nos données personnelles car nous ne savons pas exactement ce qui va en être fait. Le fameux graph social et la bataille sur l’interopérabilité entre les différents réseaux sociaux sont le cœur du sujet. Mes données permettent d’enrichir des bases marketing pour mieux comprendre la segmentation des utilisateurs et pousser les bonnes offres commerciales. Du gratuit pour mieux placer du payant mais au final est-ce dérangeant ? Pour ma part non ! Un paragraphe serait d'ailleurs nécessaire sur la percée de skype et ses éventuelles prise de marché sur les acteurs de telecoms habituels...
L’image est plus floue si je propose un journal dont le contenu est à 80% celui de contributeurs bénévoles et qui permet toute une source de revenues pour la plateforme avec en échange un peu de visibilité, notoriété pour l’écrivain « amateur ». L’ensemble des services de partage de vidéo, slides, documents répondent aux mêmes interrogations dont la réponse est souvent très individuelle. L'UGC doit-il être rémunéré ?
Enfin le web 2.0 est-il porteur d’une image que le collectif est plus intelligent que l’individuel à la manière du 1+1=3 et que les experts sont dépassés au profit de la masse?
Encore une fois Wikipédia revient sur le devant de la scène pour ses détracteurs et pourtant nombres de sites se sont ouverts aux commentaires, forums dédiés avec un effet puissant sur la qualité du contenu et donc l’impact de ces média et leur nombre de visites.
Je pense qu’il y a surtout une mauvaise interprétation en imaginant les contributeurs comme une foule d’anonymes, la foule est manipulable et son intelligence collective est souvent celle du plus faible de ses composants !
Le web 2.0 ne fonctionne pas avec la foule mais avec le réseau, paradigme bien différent et auquel on ne peut appliquer les mêmes raisonnements car le nombre n’empêche pas l 'individualisme. L’usage marketing de la long tail le prouve. Les experts il y en a aussi dans le 2.0 mais c’est la communauté qui les choisi en votant pour eux, la qualité de leur réponse, ou en les citant. Ils ne sont pas désignés comme expert par une émanation divine et sans remise en cause.
L’un des derniers billets de Claude Malaison porte sur le développement de plateformes 2.0 de résolutions de problèmes bénévoles ou non d’ailleurs les ressorts étant ma réputation numérique ou mon portefeuille bien réel.
Ce billet va dépasser la longueur supportable au titre de ce genre exercice aussi je vous propose de vous donner la parole pour que grâce à vos commentaires j’améliore la qualité de celui-ci, mon classement technocrati, ma réputation web et mon réseau ;-)
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Claude vient de publier un echo de cet article sur son blog





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