Nov. 08 06

Version imprimable La socioperformance comme clef du succès

Le moteur de l'entreprise performante et éthique de demain

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Dans le cadre des échanges et projets collaboratifs impulsés par Jérémy Dumont et le cercle d’innovation Courts circuits j’ai été amené à réfléchir sur le concept de socioperformance. Au final cette question m’a passionnée et surtout permis par les échanges qu’elle a provoquée d’affiner mon analyse sur les conditions requises au développement de l’intelligence collective, de la performance, de l’innovation et de la motivation au sein d’une entreprise.
 

Je vous propose d’aborder ce thème de la socioperformance au travers de plusieurs billets qui permettront de nourrir des échanges et débats afin  d’éclairer et convaincre les dirigeants  de la nécessité d’une nouvelle approche managériale, organisationnelle pour une entreprise économiquement et socialement performante.
 

Pour commencer, aborder le thème de la socio performance dans le contexte de désenchantement économique actuel est une réelle opportunité pour en faciliter l’appropriation. La crise n’est plus seulement redoutée, elle est arrivée avec ses premières victimes, des secteurs aussi divers que la banque, l’automobile, les web agencies, l’immobiliers ou des sous-traitants. Ceux qui ne sont pas encore touchés s’interrogent soit pour passer au travers soit pour en tirer opportunité. Certains perçoivent leur activité comme un avantage alors que pour d’autres elle les rend vulnérables. Pourtant, cette situation constitue un élément déclencheur de changement, d’interrogation sur les organisations, son management et ses modes de travail au risque de rencontrer le mur de la récession voire de la faillite très vite !
 

Cette analyse amène rapidement à ré-interroger les facteurs de la croissance, de la performance, clef de survie de l’entreprise et l’une de ses composantes la gestion de son capital humain... puisque le capital financier semble défaillant ce qui constitue un retournement important : le capital humain devient désormais plus sur que le capital financier !.

La socio performance constitue une nouvelle valorisation économique du capital humain passant du traitement global et de masse des employés à leur prise en compte individuelle en leur permettant d'utiliser leurs capacités, compétences de manière plus ouverte et en renforcant ainsi leur motivation. Les conditions de la socioperformance dépendent du mode de management, de la politique RH et nécessitent un soutien politique fort des principaux dirigeants.

On peut toujours considérer que l’identification des bons managers, des compétences critiques et d’une rémunération correcte suffit à garder un noyau dur et considérer le reste comme première variable d’ajustement en cas de difficulté. On peut aussi verser dans le nostalgique et se souvenir de l’autogestion porté par la CFDT au début des années 70 bien que  son caractère plus politique que pragmatique et l’absence de résultats probant a limité son expansion malgré des expériences très enrichissantes.

Mais pourquoi ne pas s’interroger sur une nouvelle voie qui ne soit pas forcément une nouvelle mode ? En effet la fonction RH fonctionne par vague déclenchée par des grands cabinets ou experts mais rares sont les entreprise qui arrivent à bien les prendre et à surfer sur celles-ci ! En période de succès économique pour faire face aux revendications on recommence à parler d’intéressement, de plan de développement de carrière etc.… On a eu avec l’arrivée de la mondialisation et la perte de sens face à du toujours plus toujours moins cher, puis une réponse sous forme de mouvement des entreprises vers un besoin d’affirmer leur éthique. Ce fut souvent, intentionnellement ou non, une instrumentalisation de la morale déguisée sous les valeurs de l’entreprise ou des débats bien éloignés de la réalité sur les positions philosophique de Nicomaque à Max Weber. Car au final il est toujours délicat de lier éthique collective et business comme nombre d’affaires récentes l’ont encore démontrées.

De façon binaire l’entreprise est là pour créer de la richesse, le salarié gagner sa vie, la socio performance donne un cadre redéfini d’entreprise citoyenne, soucieuse du respect de son environnement, du développement de ses hommes et de sa croissance par la qualité de ses services et produits et la mobilisation de tous les salariés.

Le retour actuel des tensions avec cette nouvelle crise économique pourrait amener des objectifs de réductions de coût et un repositionnement du RH plus comme gestionnaire que développeur de talents si on ne montre pas l’intérêt de l’utilisation des réseaux sociaux pour redonner de la motivation et de la compétitivité.

C'est ce que nous aborderons dans les prochains billets en attendant merci de commencer à échanger sur ce thème qui fait aussi bien appel à la sociologie des organisations, à l'éthique qu'à la faisabilité par les politiques RH et les outils.

Participez à cette grand reflexion qui pourra permettre de développer une nouvelle approche stratégique de développemnt de l'entreprise !

Commentaires

Complément

Vincent Super travail en commun dont voici la partie concernant les RH : http://tinyurl.com/6ceje2

 


Vincent | Le Jeudi 06/11/2008 à 18:49 | [^] | Répondre

rtrillard Bonjour,
Article très intéressant ! Le concept de socioperformance est en effet  porteur de sens pour les organisations, il me fait penser à la notion "d'organisation apprenante" développée par Gregory Bateson, repris et développé par les cogniticiens américains, Schon, Agyris et Hébert Simon en France Jean-Louis Le Moigne et plus généralement par toute la littérature KM... So, question ? Le concept de socioperformance, n'est-ce pas simplement une façon de promouvoir l'empowerment des membres de l'organisation à l'heure du 2.0 ? Comme vous le montrez bien les changements sont profonds et nous ne sommes qu'au début du nouvelle ére de l'organisation et de l'efficacité opérationnelle, vue de l'intérieur, je peux vous dire que les collectivités locales sont dans une période de changement, de réflexion mais le travail reste énorme et les personnes (consultants) ne sont pas tous 2.0. Les champs d'actions sont très vastes...Pour lecture cf l'étude du GIS M@rsouin sur l'utilisation des TIC dans les communes bretonnes...
ps : des chiffres vont bientôt sortir pour les entreprises. Pour l'éthique de l'orga 2.0, pour faire vite c'est RSE mais les épistémologues débattent bcp de ce terme, c'est assez complexe...

 


rtrillard | Le Vendredi 07/11/2008 à 10:37 | [^] | Répondre

Socioperformance ou le rapport WIN/WIN

Francis Clancy C'est une approche très intéressante. Qui pose d'une façon plus générale la problématique conseil que WEA pourrait avoir. Soyons clairs. Le Web 2.0 est une super boite à outils. Pour autant elle ne sert que dans le cadre d'une problématique, mais n'est pas à elle seule une problématique. La définition de problématique réelle et concrète doit conduire notre approche commerciale. La socio performance peut être une des approches possibles.

 

Pour l'entreprise cette réflexion sur la socioperformance introduit une notion presque "tabou " de productivité. C’est à juste titre, une certaine révolution ou la tendance, n’était pas celle de performance économique, mais portait sur des notions d’éthiques, et autre sentiment d’appartenance. 

Or le sentiment d’appartenance n’a rien à voir avec la réalité actuelle. socioperformance. Du reste, il suffit d’analyser les études sur la génération Y pour se rendre compte que la valeur «individualistique» reste la plus importante. 

 

Le sentiment d’appartenance est la chimère RH. La sociologie nous montre bien que le chemin se dirige vers un éclatement lié pour beaucoup par un désenchantement. Le développement personnel s’intègre dans un rapport WIN/WIN. Moi et pour moi pourrait-on résumer. 

La socioperformance est donc dans ton approche la mise en perspective d’un rapport win/win au sein de l’entreprise. Comment faire bouger les lignes du discours « l’ile aux enfants» des DRH, vers un discours « gagnons ensemble ou nous ne gagnons rien».

 

Cela implique donc une redéfinition des objectifs du management. Assurer les objectifs de l’entreprise et laisser son collaborateur créer de la valeur pour en tirer profit. Là le collaboratif devient un levier. La création de valeur «via le collaboratif» est un discours incomplet. Parlons d’un collaboratif de profit. Pas facile, mais plus juste.

 


Francis Clancy | Le Vendredi 07/11/2008 à 12:01 | [^] | Répondre

Yes we can ;-)

Vincent Merci Rodolphe et Francis d'avoir embrayé avec des commentaires très riches sur cette problématique d'une analyse plus large que la simple ambition de vouloir "lever des freins" à la mise en place d'outils.
Nous sommes sur un travail passionnant qui nous rend humble et en obligation de collaborer nous-même pour parvenir à cadrer une vision plus actuelle de l'entreprise, des rapports hiérachiques, managériaux, collaboratifs qu'elle propose et enfin une méthodologie pour permettre de donner corps et réalité à cette vision.

Il n'est qu'a voir les gros titres des journaux professionnels, des thémes des rencontres métiers pour comprendre qu'au changements actuels on propose de nouveau des solutions d'hier...

 


Vincent | Le Vendredi 07/11/2008 à 12:30 | [^] | Répondre

la dynamique de réseaux OUI, l'intelligence collective BOF

Francis Clancy  J’aime tant cette notion d’intelligence collective, elle est du dernier chic. 

À si seulement l’humanité pouvait se prévaloir

 d’une intelligence collective nous n’en serions pas là !

Et puis d’abord ,qu’est-ce que « l’intelligence collective »? Y a-t-il un baromètre qui statue d’un niveau atteint ou non ?  Et vers quoi serait-elle tournée cette intelligence collective. Le bien-être Non ! La création de valeur, au final non ! Les grandes avancées sont individuelles. Certes, ces avancées s’appuient sur un ensemble culturel ou historique, mais elles restent est resteront des poussées, des intuitions émergentes dans un océan lui-même brassé  par des possibles.  

L’intelligence collective chimère humaniste plus qu’une réalité, entend investir le territoire de l’entreprise, via un nouveau concept « la socio performance » ou préférons-lui « la dynamique des réseaux ». Je sais que je viens de me faire quelques inimitiés, mais le sujet vaut bien une messe. 

La dynamique des réseaux oui, l’intelligence collective non !

Il suffirait donc de mettre un réseau social, et hop le moteur s’emballe, et au bout de « l’intelligence  collective »  prête à emploi se met en rayon.  Or l’approche est bien plus complexe que cela. Il ne s’agit pas tant de faire émerger une intelligence collective que de redéfinir la place du collaborateur et de son encadrement dans un processus global de valorisation « mutuelle » via la mise en place d’une dynamique sociale interne, qui peut à l’occasion s’appuyer sur la mise en place d’un réseau. 

La création de valeur viendra plus de la prise de responsabilité que d’un wiki.

Il ne s’agit pas d’opposer les deux, mais de reconsidérer que la relation  «patriarcal »  dans l’entreprise vit, j’espère ses dernières heures.

Repenser à mon avis cette dynamique des réseaux, revient à considérer une entreprise non pas en trois dimensions (dirigeant, cadre, collaborateur) mais en quatre : il adjoindre la composante réseau (au sens connectique neuronale du terme). 

Un réseau d’entreprise, est par définition un objet en devenir, qui doit  d’abord s’inscrire dans sa potentialité et non pas dans un objectif. Quel intérêt de dire : voici le nouvel outil de l’entreprise qui saura grâce,à vous créer de la valeur pour gagner des nouveaux marchés....ouf. 

Créer un réseau interne d’amélioration avec un objectif fini, c’est déjà, pour reprendre un mot célèbre: caduque. C’est là ou la notion de dynamique prend tout son sens. Il faut d’abord insuffler cette dynamique de connexion, prendre le risque de voir se dessiner, dans un premier temps, une image protéiforme, ne pas voir exactement ce qui va émerger.  Laisser les connexions se faire et se défaire, après le système se stabilisera.  

L’entreprise a perdu de sa superbe auprès des collaborateurs. La confiance en ses dirigeants est loin d’être une évidence.  Face à une mécanique de productivité et de rentabilité, nécessaire,  ce qu’il faut ! recouvrez des espaces de respirations et d’initiatives des collaborateurs.  Le réseau participe à cette dynamique, mais il n’est pas à lui tout seul la solution. Le manager doit considérer que lorsque son collaborateur prend du temps sur son « réseau » ce n’est pas du temps perdu, c’est un temps productif, car quand bien même il ne serait pas en  relation directe avec l’objet sa tâche, il va créer de la valeur par l’échange «soit informel» soit « direct» avec d’autres membres du réseau.

Car il serait absurde de considérer le collaborateur comme déconnecté, dans ce cas présent,  de son environnement.  

Cela implique également que la fonction RH soit à l’écoute de ce réseau. Qu’elle sache interpréter et relancer de façon visible des thématiques émergentes, et cela, sur d’autres outils collaboratifs .  Aussi paradoxal que cela puisse paraître , le réseau social d’entreprise doit être un espace de «liberté et de parole» du collaborateur. Le laisser souffler. 

Ne craignez pas les dérives et autres critiques. D’abord le système s’auto régulera et deuxièmement il y aura là matière à amélioration.

Pour l’entreprise qui aujourd’hui se pose la question de la mise en place d’une dynamique des réseaux, je dirais «installer, laisser prendre sans précipitation, animer, mettez en place au niveau de la RH une fonction propre à cette dynamique. 

Un réseau apprend d’abord à se connaître avant de fonctionner.

À méditer


 


Francis Clancy | Le Jeudi 13/11/2008 à 19:16 | [^] | Répondre

Re: la dynamique de réseaux OUI, l'intelligence collective BOF

Vincent

Francis tu nous ramènes aux principes de réalité et je t'en remercie :-)

La difficulté que nous avons actuellement c'est à mettre des nouveaux mots sur de nouvelles approches et pratiques dans l'entreprise, socioperformance, dynamique des réseaux, intelligence collective sont des mots tiroirs qui apportent certaines notions de ce changement mais sont orientés et donc limitant et je ne parle pas de l'entreprise 2.0 encore pire...

Quoi qu’il en soit nous nous retrouvons sur les notions essentielles des changements nécessaires sur les structures et de casser le mythe de l’outil 2.0 révolutionnaire.

Cela doit donner lieu à une méthodologie pour justement ne pas rester de la philosophie plaisante mais inapplicable et passer à une approche cadrée, logique et produisant des effets mesurables de performance. C’est sur cet objectif que je vous propose de travailler en commun et ton commentaire Francis vient tout naturellement l’alimenter.

Un petit mot, le bien-être dans l’entreprise est aussi pour moi une des conditions de la performance durable …

 


Vincent | Le Vendredi 14/11/2008 à 18:21 | [^] | Répondre