L’intranet 2.0, pourquoi les DG n’y croient pas !
Le compte n'est pas bon ...
Mots-clés : vincent Berthelot, dg, intranet 2.0, organisation
On aurait tort de ne voir dans les réticences de nos principaux DG et top managers qu’un simple frein au changement, une peur ou un archaïsme générationnel.
Le 2.0 c’est très bien comme concept internet avec des millions d’internautes avides de prendre la parole, d’avoir leur commentaire, article ou même vidéo de gloire et leur minute de célébrité.
C’est encore mieux pour ceux qui sont derrière ces services et qui profitent de l’engouement pour développer des nouvelles stratégies de marketing, de vente ou de développement et tests de produits.
On peut même rêver à la réussite proclamée de journaux ou chaînes de web tv sur le mode caco 2.0 et toute sorte de projets d’échanges basés sur la bonne volonté et le désir de partager ou se mettre en avant de nombre d’entre-nous.
Très bien le fait est entendu et le raz de marée de ces services prouvent que cela fonctionne mais l’analogie que nombre d’entre-nous avons fait avec une utilisation dans l’entreprise était un raccourci trompeur.
C’est bien à la lecture à tête reposée des articles et commentaires que nous avons publiés les uns et les autres sur le sujet (Xavier, Gilbert, Bertrand, Padawan…) que je me rends compte que quelque chose cloche dans nos analyses !
Nos dirigeant seraient-ils trop obtus, figés dans d’anciens paradigmes pour comprendre les gisements de créativité, motivation…etc que contient cette nouvelle approche ou bien peut-on se dire que leur comportement dubitatif face à cette révolution annoncée en interne se base sur d’autres éléments ?
Comment expliquer qu’ils ont foncé sur les intranet de première génération mais se tiennent éloignés des dernières avancées ?
Quelle différence à leurs yeux sur le cash back, ROI et avantages de ces différentes vagues de l’intranet ?
Les premiers intranet ont permis de trouver un nouveau canal d’information à moindre coût et plus riche que le simple print ou flotte de TV avec programmes d’entreprises. On reste dans du top down bien contrôlé et on communique souvent mieux (réactivité et moins cher) ou au moins de façon complémentaire.
La seconde vague d’intranet apporte en dehors des notions de portails la magie du workflow, la killer application pour les DG car sonnante et trébuchante. Que de calculs de ROI sur la dématérialisation de nombre de processus en particulier des RH et des achats.
En revanche là on commence à toucher à l’organisation car souvent workflow et reengeniring vont de pair, mais si on y touche c’est vers du downsizing, de la réduction d’effectif qui plait aux DG comme aux actionnaires et parfois aux salariés avec des services plus rapides et d’une meilleure utilisabilité.
L’intranet 2.0 n’est pas aussi limpide dans la grille de lecture de nos dirigeants car il vient en promesse de gains souvent immatériels et difficilement mesurables heurter les principes d’organisation et de management en place.
Si je reprends nos différents écrits on l’a tous dit, l’intranet 2.0 sans management, salariés, organisation 2.0 n’est pas grand chose…Maintenant mettons nous dans les chaussures de nos dirigeants, ils viennent enfin de se débarrasser de l’influence des syndicats qui ne se remettent pas de la génération Y et de la mondialisation, croyez-vous qu’ils aient envie de donner de nouveau les clefs d’un contre pouvoir en échange d’hypothétique gain sur l’intelligence collective de leur société ?
Certains l’on fait et réussit, Google en est le fer de lance avec une véritable E-transformation, une autre façon d’appréhender l’environnement de travail, les logiques de rémunération et d’emploi du temps mais ils ont l’avantage de se baser sur une réussite phénoménale avec un avantage concurrentiel certain. Google a l’avantage d’avoir inventé ce nouveau type d’entreprise au fur et à mesure de sa croissance.
Il faut imaginer le pari de la e-transformation pour des entreprises parfois ancrées sur des générations de management traditionnel, des jeux de pouvoir et des réseaux informels comme un carcan mais parfois un corset qui permet à l’entreprise de continuer à fonctionner à se développer, c’est un pari dont la mise est souvent trop importante et qui amène la réponse « je passe ! »
L’intranet 2.0 pleinement développé c’est de la cogestion à puissance N, on oublie les fiches de poste, les grilles salariales, le jeu traditionnel des syndicats… pour faire confiance à la volonté de chacun de s’investir dans le poste pour lequel il a le plus de compétence et d’intérêt. Manque de chance dans une entreprise il y aura toujours des postes moins intéressants et quoi que l’on fasse purement alimentaire, des choix de nomination à des postes plus politiques que stratégiques et un besoin de contrôle et de productivité émanant des stakeholder qui rend quasi impossible ce type de changement.
L’intranet 2.0 pour nos entreprises actuelles se limitera en grande partie à des projets limités dans le temps et l’espace organisationnel, l’adoption d’outils moins chers et plus performants.
La E-transformation risque de conduire à l’entreprise virtuelle dont l’intranet serait le poste de pilotage et la plateforme permettant de gérer les différents flux et interfaces. Externalisation de l’ensemble des activités périphériques dans un premier temps pour finalement aboutir à ne garder que les départements de la direction et R&D.
Le E-salarié, 2.0 ou pas, risque d’être comme l’électeur 2.0 qui pensait avoir du pouvoir mais dont le résultat des urnes à montré les limites du web face aux pouvoirs et réseaux en place.
![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)






Derniers commentaires
→ plus de commentaires