Mai 07 28

Version imprimable L'imagination collective - 3e extrait

"La poule et l'oeuf" - quid de l'innovation descendante vs ascendante dans le Web 2.0?

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Nous voici au milieu du gué sur cette saga de l' signée Brice alors que la semaine dernière se tenait "la fabrique du futur"... Je reviens dessus car le thème de l' ascendante a été clairement étudiée sur toute une session par de nombreuses contributions, au demeurant toutes stimulantes et structurées mais qui à mon sens manquaient un point essentiel... En effet, après l'ère de l' descendante (ie l' poussée du haut vers le bas de la structure) cette communauté d'expert http://www.lafabriquedufutur.org/ considère que nous en sommes à l'ère de l' ascendante (ie un flux de sens opposé du bas vers le haut, enfin presque)... Et c'est là qu'en rentrant au bureau j'en discutais avec Nicolas et sans surprise il partageait ce complément de mise en perspective... S'attarder sur cet axe ascendant n'est que le reflêt d'une analyse industrielle où les actifs industriels pourraient même imposer de l'inertie volontaire à l'... et oui, il faut bien amortir les actifs "traditionnellement" productifs (voire immobilisés dans un bilan financier). Du coup n'est-ce pas manquer le fait que l'avènement du 2.0 avec la fait ressortir l' dans une architecture distribuée (ie qui peut être ascendante, descendante, mais surtout transverse tant à l'intérieure qu'à l'extérieur de l', convergente et divergente comme le nuage de Tags, centripète et centrifuge un peu comme le réseau du "grid computing" à la Napster ou encore en "parasite bienfaiteur" de l'infrastructure mondiale des télécommunications comme Skype etc.)... On en reparlera mais pour l'heure cf la richesse de ce que nous propose Brice via "tous "... et attention à ne pas tuer l' dans l'oeuf !

§         La poule et l’œuf "Cette tendance à la conception assistée par collaborateurs et consommateurs reste de notre point de vue paradoxale car pendant longtemps, le pilotage, l’émergence d’idées ou de concepts innovants et leur mise au point restaient de la compétence quasi exclusive des experts internes de l’ [équipes de R&D, de marketing ou d’études principalement, soit un petit 20% des forces vives de l’ en moyenne].

Le reste de l’ et surtout le client-consommateur se bornaient alors, dans les processus d’ traditionnels – et sans caricaturer- à donner un avis et juger des nouveaux concepts a posteriori, lors des phases d’études et de tests. Il ne serait pas venu à l’idée de les convier très en amont dans la dite conception [idée reçue : ‘’ un financier ou un consommateur ne sont pas créatifs, ce n’est pas leur rôle, ne leur demandons donc pas de participer à l’accouchement de nouvelles idées dont ils seront les premiers vecteurs ou utilisateurs…’’].

Résultat : les idées les plus innovantes et rupturistes étaient souvent tuées dans l’œuf, du simple fait que la ‘poule’ [autrement dit l’interne et le client] n’avait pas été impliquée en amont et rejetait par conséquent son rejeton. En clair, les idées qui auraient pu permettre à leurs auteurs [les entreprises et les marques] de mieux démontrer leur différence étaient ni plus ni moins avortées. D’où paradoxe à une époque où il devient de plus en plus crucial pour les marques de matérialiser leur valeur ajoutée [en particulier face à la montée en puissance du hard discount].

Ne pensez surtout pas que le 2.0 n’impactera que les consommateurs. Des entreprises telles qu’ [à l’aide de ses jams ou au travers de ], Samsung [avec ses rooms], Danone [et ses marketplaces], Elli Lily [et son Innocentive], Procter & Gamble [et son Tremor], Société Générale [et ses innovacteurs], Total [et son processus Idea], Walt Disney Co. ou encore la banque Dresdner ainsi que des sites tels que www.salesforce.com ou www.facebook.com se servent d’ores et déjà du 2.0 comme outil de management de leurs communautés de collaborateurs.

Avec le 2.0, il se passe, en fait, la même chose que pour les entreprises en ce moment : là où le 1.0 était organisé autour de ‘pages’, le 2.0 est organisé autour de ‘gens’. Là où les entreprises raisonnaient ‘métiers’, elles commencent à penser leurs innovations autour ‘d’experts’ [situés dans le bac à sable qu’est l’, mais aussi en dehors de ce bac à sable].

§         Tous demain ?

UN NOUVEAU CONSOMMATEUR EMERGE

ACTIF ? CRITIQUE ? RESISTANT ?! mais surtout CREATIF !

Les applications disponibles sur Internet ont généré un fort besoin d'interaction. Le consommateur ne se satisfait plus d'une réception passive. Il souhaite agir, co-produire et pour tout dire exister. Qui sont ces consommateurs qui postent des , entretiennent des blogs, agissent en réseau, s’invitent dans la cuisine de l’ ? Les marques doivent-elles les craindre, les concilier, les utiliser ?

Le terme ‘’’’[1] a été promu par le sociologue américain Paul H. Ray afin d’illustrer les nouvelles tendances collectives à créer des contre-courants de pensées aux systèmes en place. Une sorte de résistance douce, par les idées, pour répondre aux idées assénées à tout va par les gouvernants quel qu’en soit la tendance. Le succès de cette approche toute récente est tel que des dizaines de milliers de contribution sont d’ores et déjà disponibles sur . Les Créatifs Culturels sont des personnalités capables de catalyser et assurer une symbiose entre différents courants, différentes alternatives à nos modes de vie, à nos façons de nous organiser. Ils symbolisent la réponse humaine à la systémique des machines. Aujourd’hui, un quart environ des citoyens américains vivrait d’ores et déjà dans un système de valeurs et de comportements complètement nouveaux, ouvert à l’environnement, à la sociabilité, aux "valeurs féminines" et au développement personnel.

L'Homme clé de l’, c’est vous et nous. La preuve : l’Homme de l'année 2006, pour le magazine Time, c'est 'You' – VOUS – autrement dit, toutes les personnes qui créent et colportent du contenu sur le World Wide . Le Time a ainsi souhaité reconnaître dans la 'Person of the year' l'ensemble des 'citoyens de la nouvelle démocratie numérique'. " C'est une histoire de communauté et de collaboration sur une échelle jamais vue auparavant", peut-on lire dans le Time. Un nouveau système nerveux est en train de se créer qui changera la façon dont nous percevons le monde. Mais aussi la façon dont le monde change. ‘’…Ses conséquences sont à la fois difficiles à connaître et impossible à sur-estimer…’’.



[1] www.culturalcreatives.org/book.html

A vous de réagir sur ces 2 concepts !

Gil

 

 

 

Commentaires

TOP DOWN or ROUND & ROUND ? que fait la police ?!

Je souscris à 110% sur l'intro de Gilbert. Raisonner ascendant ou descendant, c'est, sans mauvais jeu de mots ni critique à l'égard d'un confrère, fabriquer du passé. Avec le réseau, les communautés virtuelles & bien réelles, l'information, les idées, l'innovation, circule dans tous les sens [top-down, dow-top, in & out of the box, in & out the media, in & out brands, transversalement, chaotiquement. Le seul méga problème qui demeure - et que peu d'outils actuels contribuent à résoudre, c'est l'accélération de cette circulation. Qui va réussir, non pas à la contrôler [laissons cela svp aux mégaentreprises qui pensent pouvoir y arriver alors qu'elles n'ont pas compris que ce n'est plus un jeu d'échecs désormais mais un jeu de Go, où on peut jouer si on a l'humilité de ne pas 'tuer' l'autre, mais plutôt de l'inviter], mais à la co-piloter. Non pas un flicage au sens policier du terme, où d'ailleurs le top-down/down-top ne dupe personne [quoiqu'on fasse, à l'arrivée, c'est toujoiurs celui au top qui décide, right ?], mais un pilotage au sens jardinier du terme [j'aide à grandir, à progresser, à fertiliser...]

Bref, the merry go round & round. Let's rock!

 


Brice auckenthaler | Le Mardi 29/05/2007 à 12:44 | [^] | Répondre

C'est pas simple après ce déluge d'idées...

XavierAucompte

Les Brentiens passent un cap... Je vais essayer de ne pas aller contre et en même temps, est-ce innovant d'être d'accord? Alors pour continuer le débat, je relance la partie.

Je ne crois pas du tout qu'on puisse innover sans organisation et process de l'innovation. Ainsi comme Solvey le démontre, l'imagination est collective et reconnue par une démarche d'entreprise mais les choix sont à un moment ceux de responsables. Donc à un moment du process, on retrouve une logique de courant de validation.

L'innovation n'est pas la même quand elle porte sur l'interne, métier et organisation et quand elle est externe, image et produit. Je trouve qu'en généralisant, vous en faites une religion alors que je crois que c'est une philosophie. En cela, je comprend et même temps je trouve dangeureux la création des responsables de l'innovation car d'une part l'un ne va pas avec l'autre et d'autre part parce que cela enferme l'innovation à un homme, à une fonction et à territoire. L'innovation n'a d'intérêt effectivement que si elle est d'entreprise mais pour reprendre le deuxième débat, c'est quoi une organisation innovante.

Après je veux revenir sur notre patron, c'est le client. Je crois que l'âge de l'innovation est l'ère de sa disparition. En croyant qu'un homme où une direction peut innover pour l'entreprise, c'est un sophisme et en cela de croire qu'il peut remplacer l'univers externe. A contrario, les utilisateurs ne savent pas ce qu'ils veulent très souvent. En cela, Ikéa est très fort. Vous rentrez pour acheter un meuble de salon et vous repartez avec un lit, un tableau, une peluche, ... En même temps, la deuxième fois, vous connaissez le piège. Mais d'une certaine façon, vous êtes une victime heureuse. Ainsi, nous aimons être guidé sans être pris par la main. Nous aimons croire à notre liberté en ne brisant pas nos chaines protectrices. En cela, l'innovation ne devient pas une recherche de fond mais de forme et d'attitude qui se transforme en usage qui est traduit en mode web 2.0 par tendance car cet usage n'a de vérité que le temps de ...

L'innovation dans une société du jetable est la conséquence d'une course folle et liée à sa perte. L'innovation dans une socité de rigueur est un courage, une pensée et une aventure qui se paie. Peut-on être innovateur et heureux et reconnu? Non, je crois aux innovateurs maudits. En même temps que deviens Christophe Colomb si tous les gênois étaient partis ou s'ils leur avait demandé? Que serait De Vinci sans François 1er? Qui aurai été Zidane dans un pays sans foot? Comment doit-on appeler un homme qui dit non dans un pays totalitaire? Volontairement, j'ai tout mélangé mais d'une part dites nous ce qu'est l'innovateur? Et ensuite, comment vit 'il si tout le monde innove?

Enfin pour finir, que nous fasse une couverture, c'est rien quand toute l'année on parle d'eux qui souffrent. Le nous du web est un nous gagnant. N'est-ce pas aussi un peu aussi là une rupture du web et de l'innovation collective que de s'appuyer que sur ceux qui vont bien et qui consomme?

(Désolé pour cette fin un peu pleurnicharde)

 


XavierAucompte | Le Mercredi 30/05/2007 à 01:50 | [^] | Répondre

Religion...philosophie...posture... gymnastique ?

Là où vous touchez juste, c'est qd vous dites 'c'est une religion' ou une 'philosophie'.

chez expertsconsulting, on préfère parler de 'posture'. La bonne posture innovation pour l'entreprise, c'est justement ne pas créer un responsable de l'innovation, mais plutôt -cf my previous comment- un pilote (tsst tsst, pas la même chose di tou, di tou) + de permettre à tous les collaborateurs (pas forcément tous en même temps, pas forcément de façon trop assistée) de contribuer au processus + de les former à la posture et aux techniques d'innovations (contrairement à ce qui est dit et pratiqué trop souvent, l'innovation c n'est pas que la créativité ou le trop connu brainstorming : nous avons posé un crescendo séquencé > idées >> initiatives (ici tout le monde -dedans et dehors la boîte-peut contribuer)>>>innovation (ici, cela doit être piloté par exemple comme un projet stratégique et technique habituel, sans perdre l'intuition et les convictions individuelles & collectives de départ évidemment). Ainsi, non seulement la fierté d'avoir contribué à inventer le futur aura été renforcée, mais la fierté d'appartenance également. Vaste sujet... enthousiasmante quête.

Bref, l'innovation, ce n'est surtout pas quelque chose que l'on pratique qd, dans l'ordre : on a l'argent, le temps, les gens, l'équipe et que tout va bien... mais plutôt une saine gymnastique que toute l'entreprise (et pas que son responsable passionnné) va pratiquer...

Et c'est là que le parallèle avec la religion s'arrête : si Benoît XVI pratiquait et faisait pratiquer à ses ouailles la spirituelle gymnastique de l'innovation, peut être que nos religions seraient en meilleure forme ?

à suivre...

 


Brice | Le Samedi 02/06/2007 à 16:57 | [^] | Répondre

Re: Religion...philosophie...posture... gymnastique ?

C'est le délire chez les "brentiens".

Mais  certaines remarques sont plus que justes.

C'est claire qu'il s'agit d'une posture, d'un état d'esprit. Dans le monde de l'entreprise - on parle bien tous du monde l'entreprise, non?- on peut rêver dans tous les sens, mais si le top management n'a rien compris à l'intérêt de l'innovation (cf la chute libre du Club Med) ou n'a aucune idée du "travail collaboratif"...il ne laissera pas ses troupes s'essayer à l'innovation.

Donc il faut un peu (dixit Xavier) organiser tout cela.

D'autant plus que l'innovation prend tout son sens quand elle débouche sur une valeur économique.On ne refera pas le monde. L'innovation doit être porteuse de création de valeur économique.

Qu'est-ce que l'innovation "transformer l'innovation en richesse".

Blandine

 


blandineM | Le Lundi 11/06/2007 à 18:25 | [^] | Répondre

Re: Religion...philosophie...posture... gymnastique ?

Fatigue du soir, bonsoir.

Qu'est-ce que l'innovation? "Transformer LA CONNAISSANCE en richesse".

 


blandineM | Le Lundi 11/06/2007 à 18:27 | [^] | Répondre

Re: Religion...philosophie...posture... gymnastique ?

Clin d'oeil du matin: merci Blandine de ta visite bien sympathique qui nous rappelle que même la "colonne vertébrale de la connaissance" dans l'entreprise a besoin d'être entretenue avec une bonne gymnastique matinale et éviter l'arthrose articulaire entre les départements, les étages hiérarchiques et démographiques de la dite organisation !

Have a great day ;-)

Gil

 


Revgi | Le Mardi 12/06/2007 à 07:13 | [^] | Répondre

vous-et-la-ratp.net

Vincent

https://www.vous-et-la-ratp.net/

C'est un formidable exemple de cette nouvelle approche de l'amélioration du service client qui je suis sur interessera Brice.

Ce service vient juste de démarrer aussi il est trop tôt pour se prononcer mais la fréquentation , les propositions et les commentaires ne manquent pas !

Je viens d'ailleurs d'en déposer une, saurez-vous me reconnaître ;-)

 


Vincent | Le Mercredi 30/05/2007 à 15:30 | [^] | Répondre

Re: vous-et-la-ratp.net

Génial ce post pour une idée tout aussi géniale ! Après Urbam cette initiative mérite un chapeau bas...

Gil

 


Revgi | Le Mercredi 30/05/2007 à 17:13 | [^] | Répondre

Les vidéocasts de la fabrique du futur !

Un cadeau de Denis Failly http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2007/05/29/succ%C3%A9s-des-tables-rondes-du-futur.html pour ceux qui auront le courage de visionner la première vidéo, votre dévoué serviteur commence à s'exprimer à partir d'1'10" mais avant et après il y a des grands de la blogosphère qu'il a aussi capturés... moi je n'y suis allé que pour faire la lessive, laver les carreaux certes numériques et passer la souri sur de nouveaux chantiers... et au passage saluer Yann  http://visionary.wordpress.com/2007/05/25/fabrique-du-futur-2/#comment-9594 et François   http://marketingisdead.blogspirit.com/archive/2007/05/25/la-f-brique-du-futur.html qui sont sur cette vidéo too ! 

1. il me fallait semble-t-il évoquer au moins une fois "la locomotive" qu'est l'anonymat sur le développement de l'internet (eBay et ses qq centaines de millions de clients, Second Life et les 300 univers virtuels avec les avatars qui sécurisent nos projections... comme le dit si bien l'avocat Mr Alain Bensoussan lors du séminaire du 23 mai (Banques sur internet) mais aussi le rôle de référentiel que sont les commnunautés virtuelles car le tiers de confiance devient la communauté dans laquelle évolue l'internaute...

2. l'innovation ascendante vs tout le reste qu'on observe aujourd'hui avec les architectures participatives qui sont plus distribuées et ouvertes qu'on ne l'avoue...

3. l'innovation c'est aussi "le fruit" d'un travail de co-création qui ne tombe pas seulement de l'arbre mais qui pousse du terrain que l'on fertilise pour que ce dernier porte ses fruits dans son écosystème... c'est la récolte et les bonnes confitures de ces "fruits" de l'innovation qui rend la France et son tissu économique encore plus vif, conquérent, mais aussi attractif et gagnant dans cette compétitivité mondiale ! A en croire nos politiques ont manquerait même de vitamines...

4. et enfin, justement cette fabrique du futur doit mieux penser l'internationalisation de nos entreprises et de leurs processus d'innovation... la fabrique du futur doit rayonner dans l'interstice le plus fin de nos campagnes... mais aussi au delà de nos frontières et pas que l'Europe... bref dans tout ça y'a beaucoup de B-R-Ent et de NNM ;-) car au delà de l'outil et des usages... ce n'est pas tout d'être observateur il faut maintenant être acteur avec les meilleurs techniques (ie intégration des outils et des usages) pour être encore plus voire le plus performant !

Cheers,

Gil

 


Revgi | Le Mercredi 30/05/2007 à 18:48 | [^] | Répondre