Oct. 09 18

Version imprimable L'entreprise française ne doit pas se tromper en copiant l'amérique

Quand copier n'est pas toujours une bonne idée!!!

Mots-clés : , , ,

Depuis quelques années, j'écoute toutes les belles théories managériales aussi géniales les unes que les autres qui nous viennent le plus souvent d'un universitaire américain. Qu'il est bon de donner un nom anglophone pour prouver le bien fondé d'une théorie. Qu'il est bon de se draper d'un rapport d'une des grandes entreprises de conseil (sans en citer) pour dire : voilà la tendance!

Après des années, mon oreille s'était habituée à cette logique. Je me tentais même parfois à ces sirènes répétées par le plus grand nombre. Sur le sujet qui nous intéresse sur ce blog avec la venue de l'entreprise 2.0 et de tous les outils et usages du 2.0 : participatif, réseau social, blogs, collaboration, ..., l'Amérique a un temps d'avance sur nous.

En arrivant au Québec, on me disait : tu as tort le Québec est derrière la France sur son développement de l'entreprise 2.0. En continuant à réfléchir, à voir des entreprises, à m'imprégner de la culture comme un bon immigrant, mon constat aujourd'hui est encore plus fort.

L'Amérique n'est pas en avance, le Québec n'est pas en retard et la France doit arrêter de prendre en référence les Etats-Unis. Ce n'est ni négatif, ni positif comme jugement. C'est tout simplement que nos modes de vie, nos façons de travailler, nos façons de communiquer et avoir des relations humaines sont totalement différents.

L'entreprise américaine ne sera jamais celle française car le salarié, le manager, le directeur et les clients ne sont en rien les mêmes. Tout ce qui marche aux Etats Unis ne marche pas obligatoirement en Europe.

La force de certaines entreprises américaines est d'avoir trouvé un modèle reproductible partout comme Mac Donald. Mais le géant Suédois Ikea a su faire encore mieux. Et les français restent les premiers ou dans les trois premiers de nombreux secteurs d'activité.

En cela, arrêtons de regarder les chiffres et tendances américaines pour nous faire nos propres théories et usages. Ainsi, pour l'entreprise 2.0, la lecture des blogs américains est toujours super jouissive mais n'est le plus souvent pas applicable et même trompeur pour nos entreprises françaises.

Ne refaisons pas les erreurs du passé en appliquant un jour des visions anglaises, puis allemandes, puis japonaise et ensuite américaines et inversement. La non prise en compte de la réalité salariale et sociétale nous amène aujourd'hui à un management créant du stress, créant de la désorganisation, créant plus de moins value que de plus value.

Après la vague Microsoft qui continue, les biens pensant vous poussent à faire du Google parce que c'est chouette, sympas, pas couteux, applicable pour tous... Mais quelle est la réalité derrière? Quel modèle pousse t'on en utilisant ces outils? A quel moment parle-t-on du salarié? A quel moment parle-t-on de la réalité de l'entreprise? A quel moment la spécificité française est-elle une entrée?

Au Canada, je préconise une organisation qui est en accord avec la réalité locale. En France, je fais de même. Et ce sera partout la même chose. La solution unique et industrielle de la même façon partout n'existe pas. C'est donc encore plus vrai pour les outils. C'est donc encore plus vrai pour de nouveaux usages.

L'entreprise 2.0 ne sera pas la même en France et en Amérique. Arrêtons de vouloir copier en tous points une réalité qui n'est pas adaptable pour donner des solutions qui correspondent la réalité du contexte.

Commentaires

Le stress au travail

XavierAucompte A lire ce petit témoignage d'une salariée d'une agence de com qui nous amène plein de réflexions qu'il serait bien de repenser : http://www.20minutes.fr/article/353635/France-Stress-au-travail-Les-methodes-de-management-actuelles-s-assimilent-a-du-harcelement-moral.php

Tout cela me fait souvenir ce que nous dit depuis des mois Victor Waknine et son site sur le dodo métro boulot. A relire...

 


XavierAucompte | Le Lundi 19/10/2009 à 01:08 | [^] | Répondre