Mai 09 26

Version imprimable L’entreprise 2.0 entre simplicité volontaire et taichi

et pas entre Machiavel et usine à gaz!

Mots-clés : , , , , , ,

MAJ, comme me le faisait remarquer un ami, je parle de simplicité et commence par de la complexité alors n'hésitez pas à passer directement à la seconde partie si vous cherchez du pratico-pratique !

Depuis un moment je me sens en décalage avec la manière d’utiliser les outils de philosophie 2.0 en entreprise ou pour l’entreprise.  A l'origine d ce sentiment les problèmes de plus en plus fréquents liés à la mauvaise utilisation des TIC en entreprise et les exemples des salariés qui voient ces outils se retourner contre eux du point de vue juridique, santé physique ou mentale, charge de travail.

 

 

L’entreprise 2.0 reste basé sur le concept du toujours plus, de travail, de contrat, de rendement et de productivité qui lui-même est attaché à la sacro sainte loi du marché dont on a vu qu’elle n’était qu’un concept avec l’effondrement du modèle capitaliste depuis ces deux dernières années.

 

On reste donc avec tous les excès des 50 dernières années dont l’exacerbation a été la mondialisation et un ancien logiciel dans le quel on tente d’insuffler un peu d’oxygène 2.0.  A ce rythme nul doute que le 2.0 ne sera qu’une mode et les médias sociaux un gros mot d’ici quelque temps.

 

Nous sommes actuellement dans une phase propice à des profondes remises en question avec la crise actuelle et rater cette opportunité risque d’avoir des conséquences extrêmement négatives à l’avenir pour nos sociétés.

 

Comment croire que le marché, la production de masse constituent les clefs de sortie de cette crise. Nous sommes au bout du modèle de la mondialisation pour produire plus et moins cher, nos ressources actuelles sont incapables de supporter un développement à l’occidental du reste du monde. Il faut donc produire différemment, peut-être moins et de meilleure qualité et surtout avec moins d’impact sur l’environnement.

 

J’en viens dans cet article, j’en conviens bien philosophique, à notre entreprise 2.0 ! Pour moi elle constitue un exemple frappant du changement à opérer et pour prendre un exemple c’est le fait de passer à des briques logicielles simples en  abandonnant les gros systèmes propriétaires. Ceux-ci doivent être réservés aux applications métiers mais certainement pas à la communication, les échanges portés par l’intranet. Avec un blog, un réseau social vous pouvez transformer votre entreprise tout en vous assurant une confortable économie.

Le succès de ces outils c’est leur simplicité volontaire, halte aux usines à gaz qui savent tout faire mais que personne n’utilise à plus de 10% ? Halte à la raideur, à la force, passez à la douceur, à l’écoute au dialogue tant en interne qu’en externe. Cela s’applique aussi bien au management, à la RH qu’à la gouvernance de l’entreprise.

 

Osez la simplicité, elle vous permettra d’être agile, réactif et d’économiser votre énergie, osez les projets low-cost qui paraissent plus risqués car portés par des plus petites entreprises avec des solutions plus légères.

 

Osez permettre à vos salariés de trouver du plaisir dans leur travail en leur offrant la possibilité de participer, collaborer à des projets qui les intéressent, en développant leurs compétences, en adaptant leurs horaires et temps de travail.

 

Développez leur confiance, leur implication en réduisant les niveaux hiérarchiques comme ceux de la grille de salaire. La réussite de l’entreprise doit trouver les moyens d’une juste redistribution et non pas des miettes aux salariés et les gâteaux aux dirigeants et plus gros actionnaires comme les dernières enquête l’ont encore une fois prouvées.

 

Osez accepter les critiques en interne comme en externe, un client mécontent vous en apprend bien plus qu’un client anonyme, investissez dans la perte ! N’ayez pas peur de l’échec juste de ne pas apprendre, ne pas bouger, osez de nouveaux projets, développez l’imagination, l’innovation.

Ce qui se passe actuellement c’est un basculement des outils 2.0 avec une perte de leur sens originel  désormais résumé à des discours creux sur la place de l’homme dans l’entreprise et donnent lieu à toutes les manipulations possibles pour augmenter le chiffre d’affaire sans grand souci ni des hommes, ni de l’environnement.

 

Est-ce cela l’entreprise sociale?

Pour ma part non... vous l'aurez compris je suis pour que cette entreprise soit porteuse de sens, d'une éthique et non seulement de gains. Une entreprise performante economiquement et socialement voila le défi à relever et l'opportunité à saisir pour faire partie du nouveau modèle de l'entreprise de demain.


Que pensez vous de cette démarche ?


Commentaires

Mise au point !

Vincent Non je ne suis absolument pas pour la notion de décroissance ni celle que avant avec les chevaux c'était vraiment mieux que le tracteur et GPS de maintenant mais le mouvement venu du quebec sur la simplicité volontaire est une belle piste de reflexion comme d'ailleurs la Responsabilité Sociale de l'entreprise (RSE) en Europe.

Cette notion était prometteuse, elle a remplie les colloques et les séminaires, produit des systémes de mesure et au final.....

A croire que responsabilité sociale et entreprise ne vont ensemble que pour quelques visionnaires, philosophes ou idéaliste mais que c'est une bonne blague pour le vrai business.

Le dialogue social en panne, la RSE enterrée, à quand la fin de l'illusion de l'entreprise 2.0 pouvant réconcilier la valeur de l'homme, le sens du travail et l'entreprise?

Ce billet a été retwitté, merci, mais pas commenté....

 


Vincent | Le Mercredi 27/05/2009 à 19:16 | [^] | Répondre

J'en reste sans ...

XavierAucompte

Il n'y a que toi Vincent, à cette date pour dire ces choses. Je suis en accord avec toi sur la majorité de ce texte. J'y crois et je veux le prouver. Cette nouvelle entreprise va réconcilier les salariés et les employeurs. Il faut simplement que chacun le décide...
 

Si personne ne le vaut, l'entrepreneur mettra la clé sous la porte en aillant tout perdu et le salarié aura perdu son emploi. 

 


XavierAucompte | Le Dimanche 31/05/2009 à 00:55 | [^] | Répondre

Utopisme et anti-utopisme

Vincent, tu dis : 

Depuis un moment je me sens en décalage avec la manière d’utiliser les outils de philosophie 2.0 en entreprise ou pour l’entreprise.  A l'origine d ce sentiment les problèmes de plus en plus fréquents liés à la mauvaise utilisation des TIC en entreprise et les exemples des salariés qui voient ces outils se retourner contre eux du point de vue juridique, santé physique ou mentale, charge de travail.

Voilà un sujet passionnant. La question mérite en effet de se poser. L'entreprise 2.0 est-elle dénuée de tout risque ? Ne risque-t-elle pas d'altérer finalement la qualité de vie des collaborateurs.

La tonalité générale de ce blog ne va évidemment pas dans ce sens. Post après post, Xavier se fait l'apôtre du monde meilleur dans lequel nous vivrons une fois que les entreprises auront compris l'intérêt des outils 2.0. Les salariés communiqueront avec les managers dans la plus parfaite harmonie. Leur mode de vie en sera transformé, et ils seront certainement plus gentils avec leur femme en rentrant le soir à la maison.

Ce point de vue a un nom. Cela s'appelle de l'Utopisme technologique. Je fais référence à un papier de Rob Kling : "controversies about computerization and the organization of white collar work" dont on peut lire quelques extraits ici 

En résumé, selon ce point de vue les nouvelles technologies sont la clé d'un monde meilleur et qu'il faut les promouvoir sans arrière-pensée.

Il existe un point de vue alternatif qu'il convient au moins de connaitre, à défaut de le partager. Ce point de vue (baptisé anti-utopisme technologique dans le papier sus-cité) met au contraire l'accent sur les dangers inhérents à ces nouvelles technologies. Ce sont ces dangers que tu évoques Vincent, et que j'ai moi aussi parfois rencontrés.

Concernant les technologies 2.0, le plus gros danger me semble être celui d'un contrôle accru de l'activité des salariés. A partir du moment ou ils utilisent de plus en plus les outils informatique, le salarié perd de son espace de liberté. Si l'entreprise utilise un messagerie instantanée, tout le monde sait qui est là et qui n'est pas là à tout moment de la journée.

Même chose quand on déploie ces outils tant à la mode (forum, blog, wiki, espace collaboratif). Chacun est invité à collaborer. Mais l'invitation est pressante. Celui qui ne collabore pas se fait remarquer qu'il le veuille ou pas ("on ne peut pas ne pas communiquer"). Il ne joue pas le jeu, cela se retournera forcément contre lui.

Et certains ne sont pas à l'aise avec cela. Soit qu'il n'en ont pas le goût, soit qu'ils ont honte de leur orthographe défaillante, soit qu'ils soient mal à l'aise avec les outils technologiques.

Mais ils n'ont pas le choix.

L'entreprise 2.0  devient alors un asservissement.

C'est un risque qu'il ne faut pas négliger.

 


Gilles Satgé | Le Dimanche 07/06/2009 à 18:57 | [^] | Répondre