Juin 07 04

Version imprimable IC - Feu d'artifice avant le bouquet final en mode CACO

y'a-t-il un pilote pour les satellites de la fusée Web 2.0

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Nous voici au 4e épisode de notre saga sur l', au coeur de l' "" qui irradie et met le feu à la . Du grain numérique à moudre pour cette semaine avec galette de riz et paëlla au menu... et oui l'attractivité culturelle 2.0 de notre beau pays a aussi ses menaces ! Rassurez-vous face à "Zopa" ou "Prosper" le legislateur français nous permet d'avoir notre tontine bien de chez nous version 2.0 ... cf la tontine des blogueurs http://capelli.typepad.fr/capelli/2007/02/la_tontine_des_.html . Vous perdez pied, vous n'y voyez plus de ligne directrice et de pertinence dans cette agitation 2.0, cela devient même fumeux alors voici ce que nous livre Brice le pilote cette semaine... à vos réactions & co !

§         La  : chambre d’écho ?

 

Un des premiers exemples étonnants de co-conception est celui d’, quotidien coréen qui n’a aucun équivalent dans le monde pour l’instant [peut être faudrait-il que nous soyons plus asiatiques parfois ?].

Imaginez un journal exclusivement rédigé et illustré par ses lecteurs, érigés en journalistes amateurs. Fondé en 2000, est réalisé par une rédaction flottante de 45.000 personnes.

Une sorte de chambre d’écho qui raconte à ses lecteurs ce que d’autres ont vu ou vécu. Un méga forum-tchat-blog… qui est consulté par plus d’1.5 millions de lecteurs chaque jour. Lesquels élisent tous les ans le meilleur reporter issu de leur rang. Juste retour des choses.

 

A côté d’OhMyNews, le quotidien espagnol Qué ! [distribué à un million d’exemplaires dans 12 ] fait petit joueur en proposant depuis début 2005 à ses lecteurs de contribuer au contenu du journal : un seul blog par jour est ainsi sélectionné en Une.

 

Grâce aux téléphones mobiles équipés de caméras et à des outils comme les blogs[1] ‘nous devenons tous des journalistes…’, comme le dit le New York Times[2].

Le 2ème exemple, plus récent et au moins aussi rupturiste de notre point de vue est aswarmofangels : il s’agit ici rien moins que de co-concevoir et co- financer un film entier. Bienvenue à l’ère du  cinéma 2.0 !

C’est une initiative anglaise de Matt Hanson, critique de cinéma et fondateur du premier festival de cinéma en ligne. Les contributeurs [les ‘angels’] souscrivent environ £25 [50 euros]. Le site n’a besoin que de 50.000 anges pour rassembler le budget nécessaire [estimé globalement à 2 millions d’euros]. Deux scénarii [intitulés ‘’The Glitch’’ et ‘’The Untold’’] sont en préparation au moment où nous écrivons ces lignes [et 1.000 angels se sont déjà déclarés]. Ils seront testés auprès de l’essaim [‘swarm’] de la communauté pour décider celui qui doit être finalisé. Le tournage sera lui aussi réalisé collectivement. Une fois le projet ficelé, ce sont également les angels qui en assureront la promotion et la distribution. A priori le film sera téléchargeable gratuitement sur Internet, sous une licence Creative Commons.


[1] voir aussi le chapitre ‘’Les outils de l’’’ dans ce même livre.

[2] Edition du 8/01/2005.

§         Perspectives : l’, nouvelle source de revenus ?

 

a annoncé 2006 qu’il offrait 300.000 dollars aux clients qui apporteraient des innovations gagnantes[1]. Le grand gagnant a été désigné au Spring Developer Forum qui s’est tenu en mars 2007 à San Francisco. Joli aveu d’humilité de la part d’un leader bien dans son temps.

Ceci étant dit, on peine encore aujourd’hui à discerner un modèle économique viable dans le tout neuf 2.0. La question qui demeure à ce sujet est de savoir si le 2.0 a, en lui-même, un modèle économique. Ou bien s’il n’est qu’un outil qui soutient, renouvelle, ou consolide les modèles économiques en place.

 

Il n’y a toujours pas de road map sur la façon dont un organisme qui ne soit pas une bactérie vit, se développe et travaille collectivement sur une planète où cohabitent 6 milliards d’imaginatifs potentiels. Observer les fourmis ou un essaim d’abeilles peut aider[2] mais n’est pas suffisant[3].

Les auteurs sont convaincus néanmoins que le 2.0 -et la qui s’y niche- constitue une piste sérieuse de développement pour toute dont l’activité dépend –à un moment ou à un autre- de l’appréciation que ses clients ou ses usagers portent sur ses offres.

 

Ce qui est sûr, c’est que l’exigence croissante des collaborateurs et des clients devrait se traduire par la généralisation de ce genre de processus d’ collectifs visant à identifier des initiatives provenant d’amateurs [au sens ‘j’aime la marque, du coup je flingue quand je suis déçu, mais je sais aussi être constructif….’].

 

§         Une relation 2.0 ?

Et si cette ‘’ était une traduction concrète des hyper-liens permettant de faire entrer les clients dans la ‘cuisine’ de l’, leur proposer de co-produire avec les équipes les nouvelles offres dont ils rêvent ? Mieux, de devenir les ambassadeurs des marques… ? Mieux encore, d’en tirer un bénéfice sonnant et trébuchant ?!

 

Bienvenue dans un monde de nouvelles règles qui permettront, à l’instar de eBay, d’assurer un revenu complémentaire à vos abonnés [ainsi, plus de 730.000 citoyens américains déclarent qu’eBay est leur première source de revenus].

Demain, l’avènement du 2.0 [courroie de transmission des démarches collaboratives par excellence], combiné à une volonté accrue des dirigeants d’impliquer en amont de façon collective l’interne et l’externe, générera une relation plus forte.

 

Les mots clés de cette nouvelle relation seront :

 

1.       Transmission : transmettre l’ADN de la marque à des clients qui seront fiers d’y appartenir car ils auront contribué à l’avènement de nouvelles initiatives ;

2.       Appropriation : ce sera la condition clé du succès des innovations, en interne et auprès des différents publics externes ;

3.       Pérennité : la est un processus engageant qui s’auto-génère. Une fois la machine à idées lancée, difficile de l’arrêter…

4.       Pilotage  : pour ne pas se laisser submerger par les débordements créatifs en provenance de l’intérieur et de l’extérieur de votre ‘boîte’, la nécessitera une équipe rapprochée de pilotes animateurs enthousiastes. Et de surcroît coureurs de marathons, car la est une longue course faite d’une succession de 100 m haies ponctuée de ‘non’, ‘pas possible’, ‘faut voir… peut être quand on aura le temps et l’argent’… Le pouvoir ne vient plus d’en haut, mais du cœur du réseau. Le modérateur qu’est son pilote devient le nouveau patron.



[1] Détails sur http://www.intel.com/idf/corechallenge.htm. Netflix procède de même : http://www.netflixprize.com où les clients sont invités à co-créer des innovations ou des améliorations entre octobre 2006 et octobre 2011 !  Grand Prix : 1 million de dollars !

[2] A propos de fourmis, abeilles et autres bêtes habituées à vivre en collectivité, relisez L’ collective Editions Liaisons 2002.

[3] Revoyez le chef d’œuvre de dessin animé qu’est Fourmiz/Bug’s Life pour voir les déboires qui attendent la fourmi créative…

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Alors c'est plus clair !

Cheers,

Gil

Commentaires

Patron !

Vincent

Le modérateur qu’est son pilote devient le nouveau patron.

C'est dommage cette conclusion car pour ma part le patron c'est dans un premier temps l'ensemble des collaborateurs ou consommateurs dans une démarche CACO qui fait son propre tri et arbitrage puis en effet les tops manager de l'entreprise qui alignent ces demandes avec la stratégie de développement de l'entreprise.

On cherche des Leaders, animateurs, coacheurs mais surtout plus de Patron ;-)

Patron la même!, Hic ! ;-)

 


Vincent | Le Mardi 05/06/2007 à 11:56 | [^] | Répondre

Innovation [Re]creation

Bonjour,

Je dois dire que cette "saga" m'intéresse particulièrement, je vous remercie donc, en passant, de la qualité de cette ébauche d'une révolution perpétuelle dynamisé par un secteur (TIC) qui se propage au coeur des entreprises et acteurs de l'ensemble des métiers d'aujourd'hui et de demain.

Concernant "Les mots clés de cette nouvelle relation", j'appuie fortement le commentaire précédant, je ne vous suis pas vraiment pour le 4ème point, je parlerais plutôt de dématérialisation distributive des entreprises et des processus, je ne distinguerais plus intérieur et extérieur d'une entreprise mais je parlerais plutôt d'inter-créativité, de constellation du personnel/acteur de notre planète. Quand à la hiérarchie du type pyramidale, avec un super-admin-patron que vous nommer modérateur, elle suit la même [r]-évolution et devient parcellaire, son éclatement expansif, certes source de débordements, esquisse la révolution manageriale et salariale qui est en marche.

Pour revenir sur une partie du commentaire précédant,
"On cherche des Leaders, animateurs, coacheurs, mais surtout plus de Patron", Ok pour la conclusion, mais j'insiste sur le fait, certes naïf et un peu idyllique, que les leaders, animateurs et autres coacheurs sont ceux que vous dénommer souvent ressource, nul autre que ces étoiles appartenant à la constellation d'une entreprise.

Parler du coeur du réseau c'est encore rester sur des archétypes structurant, encadrant et donc limitant le processus expansif et récursif de l'innovation/création qui arrive au pouvoir. Il faut, bien entendu, canaliser l'afflux créatif, mais dans un mode (encore et toujours) distribué, parcellaire, participatif...

Enfin... Si je dis ça, c'est histoire de participer pour montrer mon intérêt sur cette notion d'intelligence/innovation collective. L'humanisation de l'approche RH réponds aux mutations des boîtes (satellites) qui s'accroche à la fusée.
Tous sur orbite !!! :)

 


Frédéric Rabian | Le Jeudi 07/06/2007 à 11:49 | [^] | Répondre

Re: Innovation [Re]creation

Vincent Merci pour ce commentaire décoiffant qui va encore plus loin que mes quelques remarques pragmatiques et que je trouve fondamental dans le passage à une nouvelle entreprise.

 


Vincent | Le Vendredi 08/06/2007 à 12:25 | [^] | Répondre

"dématérialisation distributive des entreprises et des processus" - pas certain de bien comprendre !

En effet, je ne suis pas certain de bien comprendre car la dématérialisation n'est en rien distributive peut-être même au contraire... par contre quelque chose de dématérialisé est peut-être plus facile à distribuer: ça je comprends et j'en ai l'exemple à chaque fois que je prends un billet électronique sur Air France ou Voyages-SNCF. L'intermédiation entre le producteur et le client est facilité par le distributeur... par contre le fait que ce billet soit dématérialisé n'implique en rien qu'il soit "atomisé" ce qui rendrait l'écosystème (même réduit avec les 3 agents économiques dans mon cas simple) actuel "explosif"... Le changement généralisé sur l'industrie du transport notamment aérien avec l'e-Ticket a pris plus d'une décennie et on est à quelques années encore du 100% de dématérialisation des agents économiques sur l'e-ticket même si le modèle des compagnies aériennes low-cost repose à fond dessus !

Anyhow sur le fond qui concerne le fameux pilote (sans allusion à l'aérien au dessus), ce que je lis dans vos propos c'est plus une volonté de pointer vers 1 objectif (louable au demeurant): "c'est là qu'il faudrait qu'en 2015 voire en 2050 le role du chef d'entreprise soit" alors que Brice nous dit plus "comment et avec quel chemin à suivre pour y arriver dans les meilleurs délais"... car dans les 2 cas j'ai l'impression naïve certainement qu'on cherche à éclairer comment le cycle du changement culturel (celui du management de l'entreprise) peut s'effectuer via l'intégration de cette révolution technologique.

Malheureusement ces méchanismes de changement (on ne se débarasse pas sur un simple clic de quelques siècles d'industrialisation et de valorisations d'actifs productifs à rentabiliser et à amortir) s'observent sur des cycles longs et complexes... Certains blocs et idéologies politiques l'ont compris avec une "élasticité au prix" très forte... 

Prenons pour exemple le temps qu'il nous faudra pour intégrer sur l'ensemble de notre tissu économique (et pas simplement 2 ou 3 grands groupes mondiaux basés en France) la valorisation des actifs immatériels dans notre société et nos entreprises (mais sur une portion sensible de notre écosystème)... cf http://www.observatoire-immateriel.com/ 

En tout cas merci de vos commentaires éclairant sur bien des axes de réflexion et surtout d'action d'où le plaisir anticipé de vous lire à nouveau !

Cheers,

Gil

 


Revgi | Le Vendredi 08/06/2007 à 15:06 | [^] | Répondre

Vincent

Je ne pense pas que nos visions soient bien éloignées et on parlait bien de savoir être, de comportemental et de positionnement et non d'une vision idyllique du cyberpatron.

Les principes de dématerialisation et donc de workflow ne datent pas du dernier web, le web 2 ce n'est pas ce modèle mais bien celui du partage plus ou moins équilibré, orienté, manipulé diront certains, de la long tail et du one to one.

Tous patrons comme disait l'autre !

 


Vincent | Le Vendredi 15/06/2007 à 17:08 | [^] | Répondre