Nov. 08 24

Version imprimable Episode 7 : "la vie 2.0" dans les longs transport ...

et si on s'en servait pour l'entreprise 2.0!

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Si mes voyages usent ma jeunesse, c'est aussi parce que j'y fais beaucoup moins de rencontres qu'avant. Alors souvenez-vous... Vous partiez de la gare de Lyon ou ... , les wagons étaient en pleine ébulition. Les derniers sautaient dans le train la porte pas bien fermée aux grands cris des contrôleurs SNCF.

A peine sorti de Paris, les premiers sortaient leurs réserves. C'est pas le train qui allait couper l'apétit. Distribution de rondelles de saucissons, partage du pain, odeur d'oeufs pas assez cuits ou trop longtemps conservés au fond d'un sac. Les premiers échangent allaient bon train à coup de rouge et de crêpe suzette. 

A côté, les gens bien regardaient d'un mauvais oeil ces habitudes de campagnards et ouvriers pratiquées pourtant par tout le monde, ou preque. Assis sagement dans son siège, le bien éduqué se dispersait dans un ouvrage dont l'épaisseur prouvait l'intérêt. A croire que les plus fins ne faisaient que cacher des pamphlets aux dessins et photos réservés aux hommes mûrs. Mais si le livre cachait le visage, ll ne coupait pas le regard et n'empêchait de transperser les sourires les plus jolis. Le seul moyen de débuter la conversation était alors soit de rompre le silence par un "une petite rondelle madame" soit qu'elle fasse tomber son marque page à terre, soit que le silence se trouve rompu par un évènement sans conséquence mais déclencheur d'un échange de mots validé par un échange de regard.

Mais si ce wagon est bien calme dans l'odeur des livres et de la charcuterie, il connaît une attaque plus grave : celle des quelques enfants qui ont décidé de recréer une cours d'école dans l'espace d'un couloir. Rien ne sert de vouloir les arrêter, ils sont capable d'une grande imagination pour troubler le repos mérité d'un ancien combattant se reposant encore de ses batailles passées. 

Les mères s'échangent les recettes, les amoureux des bisous dans des recoins de wagon et les hommes des bonnes histoires à raconter aux copains le lendemain.

Dans ce bazar organisé, le hasard n'avait pas ses droits. les codes étaient puissant et rien n'aurait pu changer ces modes de communication ancestraux. Il fallait une crise, une grande crise, ..., je ne m'imaginais pas devoir la vivre la semaine passée.

Rien de grave, rassurez-vous! Mais le choc fut réel. Le wagon 2.0 était né dans mon dos, sans rien dire et même en chuchotant... Arrivé juste à l'heure, je me trouva confronté à une atmosphère de calme et de bien être. Pas même une valise tombant sur un passager ou un coup de sac d'un voyageur nerveux.

Tout cela devait être du fait de mon billet en première classe... Les gens s'étaient assis en rang, en accord, en silence, en aisance, comme la classe parfaite qu'un maître d'école n'imagine que photographiée à l'époque de Jules Ferry.

Il me fallait la preuve que la seconde classe avait gardé la bonne tradition française du brouhaha et de la révolution pas tranquille... Mais rien... Non rien... Pas un incident dans ce wagon... la seconde classe comme la première avait été touchée par le 2.0!

En moyenne, 70% des passagers avaient un appareil numérique avec lequel ils jouaient, regardaient, écoutaient ou communiquaient. En ce vendredi soir de cette sainte année 2008, le premier outil du diable sagesse était la DS Nitendo. Les utilisateurs avaient tous les âges et devaient bien correspondre à 40% des utilisateurs d'appareils numériques. En second avec un bon 30%, et je suis sûr que certains ne se voyaient pas, les mp3 et ipod se réservent une population de 10 à 35 ans. Ensuite avec 10%, c'est l'ordinateur portable qui prend une bonne place avec 70% de lecteurs de mails en déconnecté et les autres sur des jeux ou vidéo. 

Il reste enfin les utilisateurs de portables et i-phones qui disparaissent vite avec le long temps de train sans connexion ou très mauvaise. Enfin, quelques jeunes adolescents jouaient avec des PSP.

La conséquence de cette utilisation massive de ces objets numériques a été le mort de la vie de wagon. pas de regards se croisent. Personne n'est obligé ou même tenté de parler à son voisin. Le fameux temps perdu est gagné à faire quelque chose. En même temps, c'est au cours de ces temps perdus qu'il était le plus simple d'en gagner grâce à des rencontres improbables.

Cette perte énorme n'est que le reflet de l'ancienne utilisation des médias. L'utilisateur n'étant qu'un receveur d'informations. Espérons très vite que demain le wagon 2.0 naissent réellement avec un réseau interne créé que le temps d'un voyage, que des jeux en réseau soient proposés aux voyageurs entre eux,... Enfin, tout ce qui crée de la rencontre, de l'échange et du plaisir.

Au sein de nos entreprises, le développement trop important des outils numérique peut avoir cet effet dévastateur d'un lieu de passage où les gens se croisent et où l'on perde l'échange et le hasard des rencontres. En cela, le réseau social, les blogs et les mondes virtuels nous ramènent dans ces territoire de vie et d'échanges.

N'attendez rien des outils, utilisez les à mieux écouter, à mieux comprendre, à mieux échanger, et donc à mieux vivre. Tout cela donne pour une entreprise, un développement de la productivité en même temps qu'un développement d'un contexte de travail agréable.

Qu'en pensez-vous?