Avr. 09 09

Version imprimable E-reputation, personnal branding ou la cosmétique du 2.0 ?

Ou l'instrumentalisation du moi

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Je commence a être un peu lassé des discours actuels et préconisations de confrères et experts du 2.0 ou illustres inconnus sur l’importance de veiller à la bonne image de son entreprise et la sienne.

 

Bon concernant l’entreprise cela se comprend, se défend et justifie même de la création de certains postes à inclure dans le référentiel des nouveaux métiers de l’internet dont l’ami Michel Germain est le maître d ‘œuvre et qui m’a accepté comme moussaillon.

 

En effet la viralité des vidéos, propos sur les blogs et réseaux sociaux peut nuire de façon souvent exagérée à une entreprise et ruiner des années de positionnement sur le marché et d’efforts en relations clients. Il devient donc vital d’avoir une veille de ces outils performante et surtout d’une cellule chargée de la stratégie pour y remédier. Cela va de la diffamation, à la critique justifiée en passant heureusement aussi par les compliments et suggestions mais qui peut conduire à des situations de crise qui sans préparation sont parfois destructrices.

 

Le problème vient du mix avec le personnal branding, j’aurai d’ailleurs la chance d’en débattre avec un de ses promoteurs, Olivier Zara bientôt sur techtoc.tv. en effet le personnal branding c’est la négation de l’individu profond au profit d’une mise en scène de son identité numérique pour devenir plus vendeur. On se considère ainsi comme une marchandise et on soigne l’emballage pour se vendre alors que dans le même temps on condamne ce capitalisme ancien qui n’en finit pas de détruire emplois, solidarités et environnement.

 
A ce sujet j’ai beaucoup apprécié les derniers articles de Michelle Blanc (De la transparence, de la mise en scène et de la perte de contrôle) et celui de Xavier Aucompte (Blog, positionnement web, TF1, censure, LCI, ... un vrai soucis cette liberté d'expression!!! ) qui sur le fond se rejoignent avec la revendication d’un positionnement « authentique » sur le web mais Michelle reconnaît tout de même le faire de manière contrôler. On retrouve là un peu notre statut d’intermittent du spectacle du web, un peu artiste, cabotin, provocateur pour séduire faire de l’audimat mais professionnel et expert sur le fond pour le garder. La question posée est aussi la limite entre e-reputation et personnal branding. Vous êtes dans une entreprise soucieuse de sa e-reputation alors il y a de grandes chances pour qu’elle soit au courant de vos activités de bloggeurs, vos prise de positions, vos commentaires SURTOUT si ils concernent votre entreprise ou son domaine d’activité.

Comment allez-vous gérer ce contrôle, ce risque de prise de parole tout en assurant votre e-reputation personnelle ? Etes-vous vraiment libre de dire ce que vous-voulez ? Juridiquement ? Professionnellement ? Jouez-vous la carte du saltimbanque, celle d’un ambassadeur de votre entreprise ?


A noter que sur ce point l’entreprise peut agir de façon très positive en écoutant ses salariés, en leur offrant la possibilité de s’exprimer en interne, en les impliquant à la réussite de l’entreprise. Donc le personnal Branding c’est un peu comme ces hommes sandwich, panneaux publicitaires ambulants qui se vendent à qui les paient le mieux mais ne pensez pas que ce qu’il y a d’écrit sur leur panneau reflète leur pensées personnelles.

Nous sommes dans un jeu de miroir, un jeu de dupes, une webréalité ou souvent les plus honnêtes ne gagnent rien si non de faire valoir les mieux armés, les plus stratégiques ou ambitieux.


Pesonnal branding et sincérité vont rarement de pair ou sont alors souvent destructeurs. Perdre son emploi pour avoir atteint à la réputation de son entreprise en ligne n’est pas une invention de l’esprit.
Alors vous avez la possibilité de poster anonyme, de vous inventer un personna mais du coup vous n’êtes que virtuel.
Le meilleur personnal branding reste pour moi la capacité à montrer sa compétence sans volonté de plaire, le reste n’est qu’artifice et cosmétique qui ne dureront qu’un temps…

Commentaires

On RT mais on ne commente pas, une explication ?

Vincent C'est assez étrange ce qui se passe sur ce billet, j'ai eu en effet le plaisir de le voir Retwitter plusieurs fois en moins d'une heure par des twitteurs influents et cependant aucun commentaires.

Je pensais certainement à tort qu'il y avait une corrélation entre les deux !

 


Vincent | Le Vendredi 10/04/2009 à 18:54 | [^] | Répondre

Re: On RT mais on ne commente pas, une explication ?

XavierAucompte Attention, je connais ton actuelle passoin pour l'oiseau mais il ne fait que chanter! C'est plus dur de réfléchir et de l'écrire...

 


XavierAucompte | Le Samedi 11/04/2009 à 10:38 | [^] | Répondre

Re: On RT mais on ne commente pas, une explication ?

Vincent


Parfois une image vaut mieux qu'un long discours...Ce n'est pas parceque tu ne l'utilises pas que les autres font de même ;-)

 


Vincent | Le Samedi 11/04/2009 à 14:46 | [^] | Répondre

Re: On RT mais on ne commente pas, une explication ?

XavierAucompte

je n'ai pas dit que le petit oiseau ne volait pas très haut en ce moment.

 


XavierAucompte | Le Samedi 11/04/2009 à 17:15 | [^] | Répondre

la vie n'est qu'une pièce de théâtre

XavierAucompte Molière, en son temps, a décrié l'ensemble de la société au travers de pièces de théâtre qui passaient à la cours du Roi Soleil qui était directement visée. Jean De La Fontaine avait fait de même à son époque. Et d'autres connus et nombreux ont suivi le pas en France.

La vie n'est pas une vie mais des vies. Je ne suis pas le même quand je joue les gros bras sur un terrain, le charmeur devant une assistance, le sérieux en conseil d'administration, le fou en soirée, l'amuseur avec des amis, le naïf avec des enfants, ... Nous sommes tous pareil. 

C'est encore plus marqué avec les métiers à habit mais même sans, nous avons plusieurs facettes. Celle du web en est une nouvelle que nous devons maîtriser ou gérer. Sa grande différence est qu'elle est la seule à être universelle et se mélangeant entre toutes les autres personnalités.

On doit donc en faire une utilisation claire et chacun va faire son choix. Il n'y aura pas une atitude mais des attitudes. Le personnal branding peut être soit la vision du personnal market que je ne crois valable que pour nos métiers, soit le secure personal pour simplement se protéger des risques.

 


XavierAucompte | Le Samedi 11/04/2009 à 10:37 | [^] | Répondre

Branding Vs Marketing -- Démarche Vs Dérives/usages

olivierzara Hello Vincent,

On ne va pas commencer le débat de lundi avec techtoc.tv. maintenant alors j'attire simplement ton attention sur les points suivants :

1. ne pas mélanger branding (création et gestion d'une marque) avec marketing (visuel, promo,...). Le Personal Branding commence par une démarche de développement personnel dans laquelle on doit découvrir les fondements de notre identité professionnelle (passions, valeurs,...). Le marketing c'est un aspect du branding et seulement un aspect. Ce débat sera une bonne occasion de clarifier la méthode dans son intégralité.

2. ne pas mélanger les démarches personal branding / self marketing avec les usages ou les dérives possibles liées à ces démarches. Visiblement, tu es invité pour parler des dérives alors ne t'en prive pas d'autant que je partage totalement ton avis ! Il y a des dérives, des abus comme dans tous les systèmes. L'objectif du Personal Branding n'est pas d'avoir une bonne image mais d'avoir une image authentique qui montre notre singularité.

Voilà, le débat s'annonce passionnant ;-)

Olivier

 


olivierzara | Le Samedi 11/04/2009 à 12:05 | [^] | Répondre

Re: Branding Vs Marketing -- Démarche Vs Dérives/usages

Vincent Non non Olivier je ne suis pas témoin à charge :-) et aurait plaisir à me laisser convaincre sur certains aspects mais c'est vrai qu'il ya un réel risque à être lassé de ses SOI et de n'être que facette sans jamais être transparent et authentique.

 


Vincent | Le Samedi 11/04/2009 à 13:59 | [^] | Répondre

personnal branding et e-reputation : un accord nécessaire

gmaubon Prog Id" />

Bonjour Vincent,

C’est un sujet passionnant le personnal branding (PB) car il rejoint aujourd’hui  celui beaucoup plus ancien de la distinction entre vie public et vie privée. Pour être franc j’ai encore l’impression de radoter en affirmant une fois de plus que l’utilisation massive de l’Internet 2.0 produit un effet d’échelle sur la question.

Le PB est la négation de l’individu profond ? Je ne le pense pas. Comme le dit Olivier dans son commentaire l’effort que l’on doit faire aujourd’hui pour se connaitre et gérer sa vie et sa carrière n’est pas nouveau : C’est du développement personnel. Si on a inventé le mot de PB c’est peut être parce que la vision « des autres », qui est importante dans le développement personnel, passe maintenant par Internet. « Les autres » sont donc très nombreux et peuvent facilement donner leur avis (merci le web2.0). On joue donc toujours un rôle dans notre société numérique, simplement il est plus exposé. Il est toujours possible d’être en accord avec ces principes et d’être « entier ». A mon avis, Il devient plus compliqué en revanche d’être « entre deux chaises ». Puis-je travailler chez un pétrolier et militer chez Greenpeace ? Hier (il y a quelques années) ce genre de comportements pouvait servir à soulager sa conscience, les informations circulaient peu si on n’avait pas un engagement  « important ». Aujourd’hui le simple fait de s’inscrire dans un groupe Facebook est  public et nous met en face de nos contradictions (et y met aussi « les autres »). Bref, si on persiste dans cette voie il me semble qu’il faut maintenant le faire en pleine conscience (commentaires anonymes, faux profils, etc.) et l’on se rapproche un peu plus de la schizophrénie.

 Tu poses la question de la limite entre PB et e-réputation de l’entreprise.  Il n’y en a pas ! Je m’explique, pour moi le marketing personnel est fortement lié au PB. J’irai plus loin qu’olivier sur ce point car il me semble que si on est dans l’optique de gérer sa propre marque, on va plus loin que du développement personnel et on touche directement aux fondements du marketing. Bref, on accepte de mettre consciemment une partie de sa vie « privée » dans la sphère « publique ». Comment poser alors une limite avec la e-réputation de son entreprise qui est évidement elle-même publique ?

Je suis d’accord avec Xavier sur le fait que nous avons plusieurs facettes mais elles sont complémentaires pour nous construire une personnalité, pas antagonistes (dans la majorité des cas !). Peut-on être heureux dans une entreprise en la critiquant constamment ? Le problème ne vient plus alors du conflit entre PB et e-réputation, mais de la place de la personne dans la société et donc du management ou des RH interne. Bref, un cas «banal» de recrutement raté…

On va nous mener tout cela ? Je reste optimiste et je pense que la possibilité d’exprimer ses opinions, ses choix, ses idées va rapprocher les personnes et les entreprises « en harmonie ». A l’intérieur même des entreprises, cela va créer de la cohérence. Cela ne sera probablement pas simple pour les entreprises actuelles car j’imagine une évolution (une révolution) dans leur structure. Mais là, tu es bien mieux placé que moi pour en parler !

PS : j'ai bien vu ton message sur Twitter mais moi il me faut du temps pour réagir !

 


gmaubon | Le Mercredi 15/04/2009 à 13:28 | [^] | Répondre

Re: personnal branding et e-reputation : un accord nécessaire

olivierzara Je partage ton analyse ! Au passage, je précise que je ne sous-estime pas l'importance du marketing. J'insiste pour qu'on ne réduise pas le branding uniquement à du marketing ;-)

 


olivierzara | Le Jeudi 16/04/2009 à 12:01 | [^] | Répondre

C'est beau mais très idéaliste...

Vincent Merci Grégory pour ce très beau et bon commentaire que j'aurai tendance à partager, ceci étant celà ne refléte peut-être pas tout à fait la vraie vie...

Combien de personnes, salariés se sentent en phase avec leur entreprise et revendiquent un rôle d'ambassadeur ? Je suis sur que tous souhaiteraient travailler dans une entreprise avec laquelle ils se sentent proche du point de vue des valeurs, un métier qu'ils aiment mais peu on ce choix ou cette chance. Alors il assurent leur jobs mais aspirent à autre chose et parfois le disent sur les réseaux.

Je n'ai pas eu l'occasion de débattre avec Olivier mais pour moi l'objectif du personnal branding c'est avant tout de se vendre, de faire monter sa côte sur le marché, d'être démarché que ce soit pour des services, une mission ou un recrutement en travaillant la manière dont on se présente, on s'exprime sur le web.
Pourtant  tu annonces Le Personal Branding commence par une démarche de développement personnel dans laquelle on doit découvrir les fondements de notre identité professionnelle (passions, valeurs,...) La je ne comprend pas, le personal branding serait ainsi la quête de mon identité profonde et comment elle me guide dans mes choix professionnels mais affiché aux yeux de tous ?

Le développement personnel a déjà joué des tours à nombre de stagiaires que ce soit dans les années 80 dans les stages intensif du type commando ou ensuite dans la PNL, l'AT qui n'ont fait pour la grande majorité qu'aligner leur développement interne à ce que le marché attendait d'eux. Si on mixe le risque de manipulation à une exposition sur le web je mesure déjà les risques...

Il me semble que les limites du PB sont loins d'être claires et j'aimerai que l'on essaie d'en donner une définition et des limites si vous en êtes d'accord. On pourrait ajouter a la liste des course la traduction de ce terme !

 


Vincent | Le Jeudi 16/04/2009 à 19:46 | [^] | Répondre

Re: C'est beau mais très idéaliste...

olivierzara @Vincent

Je reprends ce passage de ton commentaire : "La je ne comprend pas, le personal branding serait ainsi la quête de mon identité profonde et comment elle me guide dans mes choix professionnels mais affiché aux yeux de tous ?"

Exactement, sauf qu'on ne cherche pas à définir mon identité profonde mais mon identité professionnelle. L'idée est de se placer dans une optique professionnelle et de se limiter autant que possible à cette sphère (je sais, c'est pas évident mais pas impossible).

La connaissance de soi c'est 1/3 de la démarche. Mais c'est ce 1/3 qui va permettre d'être efficace dans le reste de la démarche.

Voilà une courte définition : http://www.reputation.axiopole.info/2009/02/04/definition-personal-branding/

 


olivierzara | Le Lundi 04/05/2009 à 23:00 | [^] | Répondre