Déc. 10 13

Version imprimable Diaspora : pourquoi autant en parler ? Pourquoi être contre Facebook ?

On veut ou non développer l'esprit communautaire ?

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Je vois de plus en plus d'articles sur le sujet du projet "diaspora". En quelques jours, il m'a été demandé plusieurs fois un avis sur ce projet. Il fallait aller plus loin sur ce phénomène et échanger avec vous.

Tout d'abord pour reprendre la tendance : c'est le projet "anti-facebook". Je ne vois pas pourquoi ? Il veut comme tout le monde prendre la place de facebook mais ce n'est ni la même vision, ni les mêmes usages, ni la même technologie, ... Nous n'aurons pas sur diaspora les usages de facebook. C'est donc un autre projet qui a ou non de l'avenir.

Pourquoi trouver ou monter un anti-facebook ? Parce que comme Microsoft, Mac Donald et les autres grands monstres, un combat mondial semble s'organiser. Sur ce point, je trouvé extraordinaire Coca Cola qui parvient à ne pas être dans cette tendance. Pourquoi et comment ?

Si j'avais envie de tuer facebook, ce serait pour l'utilisation des données personnelles. Est-ce un problème d'outil ? Non ! C'est un problème de gouvernance et de propriété. Tout facebook est génial si ce n'est qu'il y a derrière les pages des bases données qui se vendent. Mais facebook détenu par l'Etat, serait-ce un problème ? Non, car il n'y aurait plus de risques de mauvaise utilisation. 

Mais revenons sur diaspora. Quel projet incroyable qui commence par un mauvais nom ? Super pour un lancement mais aussi super pour, dès le départ, créer des problèmes. Ce terme a une réalité historique, culturelle et humaine qui n'est pas le projet proposé. Nous sommes dans le vol d'identité numérique. Ne serait-ce pas sage de ne pas valider la propriété de termes comme celui-ci ou en les donnant à des institutions ou musées.

Diaspora semble d'abord un grand rêve et encore plus une nouvelle façon de passer outre Hadopi sur certains points. Mais ou est le monde du Peer to peer dans ce projet ? De ce rêve, il y a ensuite les deux grands problèmes : le business modèle et la sécurité. 

Pour la sécurité, si dire oui à toutes les personnes comme ami peut être mauvais, dire oui à un mal attentionné et ce sont les problèmes. 

Après tous ces points négatifs où j'aimerai avoir vos avis, je trouve génial d'avoir des jeunes qui rêvent, qui travaillent et s'essayent. Leur vidéo est très sympas. Bonne chance à eux.

La vidéo ci-dessous :
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Commentaires

Premiers pas sur des terres malconnues...

Je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il ne s'agit pas d'un "concurrent" destiné à remplacer Facebook. Les deux entités ont leur raison de coexister, chacune dévoilera ses atouts et ses défauts au fur et à mesure de leur utilisation (même si on en a une petite idée avec Facebook par qu'il est plus ancien que Diaspora).

La version actuelle est juste en alpha, donc vraiment au tout début du processus. Mais j'y vois déjà, notamment dans la gestion des "aspects" (quelle traduction horrible !) un point très positif par rapport à ce qui se fait sur un réseau comme Facebook.

Multiplier les modèles des réseaux sociaux, qui sont quand même très jeunes, n'est pas une mauvaise chose. Celà laisse le choix aux utilisateurs. Le choix de leurs priorités, le choix du contrôle de leurs données personnelles, etc. C'est l'absence de choix qui serait préjudiciable, comme elle le serait dans n'importe quel domaine du numérique (OS, format de fichier...).

Question sécurité, un modèle technique basé sur l'open source est généralement favorable, puisque par définition le code est ouvert. Il y a donc toute latitude pour n'importe quel développeur d'identifier des failles, de les corriger et de les rediffuser. On voit régulièrement la "force de frappe" d'une communauté unie autour d'un logiciel libre par rapport à un logiciel propriétaire : les failles de sécurités y sont corrigées beaucoup plus rapidement.

Pour le business modèle, c'est moins évident , et en ce qui concerne Diaspora je n'ai pas la réponse.

Les développements de Diaspora sont donc à surveiller de près dans les prochains mois...

 


Agathe Bonnin | Le Lundi 13/12/2010 à 16:36 | [^] | Répondre

Re: Premiers pas sur des terres malconnues...

XavierAucompte

Je ne peux être que d'accord avec tout ce que tu dis. 

Effectivement, plus il y a de solutions, plus il y a de liberté et de capacité d'innovation. Facebook n'est pas la fin mais le début.

Sur la sécurité, d'accord avec toi. Ce que je voulais dire n'était pas contre l'Open Source mais contre la difficulté que chacun soit capable de gérer sa sécurité. Ne sommes-nous pas dans le même cas que le partage en peer to peer sur ce projet ? J'aimerai avoir des lumières sur ce point...

Et pourquoi ce projet fait plus de buzz que les autres à ton avis ?

 

 


XavierAucompte | Le Lundi 13/12/2010 à 23:49 | [^] | Répondre

Obligation de sortie de nouveaux sites concurrents à Facebook

Pour ceux qui ne connaissent pas Dispora, lisez le résumé suivant :
http://www.lexpress.fr/actualite/high-tech/qu-est-ce-que-le-projet-diaspora_920343.html

Y a-t-il des projets concurrents à Facebook : oui
Est-ce indispensable : oui
...
Quel en est l'enjeu : l'utilisation des données personnelles, la réunion en un seul serveur des connexions entre amis et des avis partagés sur tel ou tel sujet.
De quoi parlons-nous : une mise à disposition non volontaire de données très personnelles permettant à terme une segmentation de la population. Par recoupement successifs, utilisant stastistiques et probabilités, les consommateurs, activistes et autres ames en peines pourront être mis en avant pour mieux les identifier.

Si je ne devais ajouter qu'un seul autre reproche à Facebook, c'est l'identification de personnes. Aucun mécanisme ne permet actuellement d'identifier la personne physique derrière l'avatar. D'ailleurs, y a-t-il vraiment quelqu'un ??

Doit-on en parler maintenant : pourquoi pas - mais attendons plutôt la sortie de l'un ou l'autre des projets en cours

Suis-je parti prenante sur l'un de ces projets : oui - au moins comme ca c'est dit !

 


pabrantes | Le Mardi 14/12/2010 à 02:24 | [^] | Répondre

Re: Obligation de sortie de nouveaux sites concurrents à Facebook

XavierAucompte Merci pour ta contribution. Je vais continuer dans tes interrogations pour se dire :

- si l'utilisation des données est un problème : soit les personnes n'y vont pas ce qui tient de la liberté individuelle, soit c'est considérer ce service comme socialement important et donc un service public. 

Dans l'une ou l'autre des hypothèses, rien ne change quelque soit la techno ou l'organisation qui gère. La seule réponse serait la prise de contrôle de facebook et des autres reseaux sociaux par un gouvernement internet. Non ?

Mais attention, il ne faut pas se mentir. Aujourd'hui, avec sa carte bancaire entre autre ou son téléphone, il est possible de tout savoir sur vous. Le problème est-il simplement le fait de facebook ?

 


XavierAucompte | Le Mercredi 15/12/2010 à 00:59 | [^] | Répondre

Entre supporters et veilleurs

Thibaut

Il est probable qu'il faille voir dans le geste de Marc Zuckerberg à l'égard de Diaspora, en plus d'un geste de com "galant envers un projet qu'il ne considère pas comme une menace", un message comme comme quoi les innovations développées d...ans le cadre de ce projet pourraient devenir une "source d'inspiration" pour Facebook (comprendre qu'ils pourraient prendre ce qui les intéresse). L'ensemble de ceux qui sont impliqués dans la création de réseaux sociaux suivent le projet de près au moins pour des raisons similaires.

Quoi qu'on pense de la pérennité de ce projet il est déjà bénéfique, à l'image un laboratoire d'innovation qui impacte la vision des futurs que nous avons pour les réseaux sociaux.

Après l'attachement au projet en lui même est avant tout une question de valeurs. Chacun a sa vision de l'importance des données privées. En ce qui me concerne j'ai depuis longtemps pris le partit de tout rendre public et de limiter mes publications à ce qui peut être potentiellement vu de tous. J'adhère tout de même à l'esprit ce projet, par ce que je sais que tout le monde ne fais pas comme moi et pour les perspectives qu'il offre au développement des réseaux sociaux au travers d'un protocole ouvert qui pourra bénéficier de l'innovation collective des entreprises du secteur.

 


Thibaut | Le Mardi 14/12/2010 à 13:55 | [^] | Répondre

Re: Entre supporters et veilleurs

XavierAucompte Très bonne analyse mais pourquoi parler de Diaspora alors que cela n'existe pas et qu'il y a des dizaines et plus de projets de réseaux sociaux ?

Ensuite, tout projet qui commence par prendre comme base le contraire de ce qui existe devient vite un sophisme. Un bon projet de recherche est une hypothèse et je ne la vois pas. Eux peut-être...

A l'écoute de comprendre ce qu'ils imaginent demain de nouveaux usages grâce à cette approche.

 


XavierAucompte | Le Mercredi 15/12/2010 à 01:02 | [^] | Répondre

Re: Entre supporters et veilleurs

Thibaut Diaspora semble être devenu une sorte de symbole de cette autre vision des réseaux sociaux que sont les réseaux sociaux décentralisés.

Effectivement, Diaspora n'est pas le seul service à avoir cette approche. On compte par exemple :
- http://www.get6d.com/
- http://www.peerscape.org/
- http://social.foocorp.net/software/social/
- http://www.movim.eu/
Ca bouge aussi du coté de Drupal et Wordpress, une possible approche "mon blog = ma homepage de réseau social".

Qu'est-ce qu'à Diaspora de particulier ? Franchement j'ai envie de dire : la com. 4 jeunes entrepreneurs qui arrivent à séduire suffisemment pour lever les fonds comme ils l'ont fait, c'est normal que ça fasse parler.

En ce qui concerne l'intérêt des réseaux sociaux décentralisés, il est multiple.

* D'un coté la protection des données personelles : je peux à tout moment les changer d'hébergeur ou les héberger sur mon propre serveur. C'est le thème phare utilisé en ce moment dans la com associée à ces réseaux pour se démarquer de l'approche Facebook.

* Toujours dans la gamme des valeurs, le fait que ce type de réseau se base sur une infrastructure open source. Ben oui, ça peut sembler bête mais un réseau décentralisé qui remplace Facebook, c'est un peu comme si Linux venait remplacer Windows. Ca plait aux geeks...

* Plus dans la gamme de l'innovation et des usages, les perspectives d'interopérabilité. Actuellement pour ajouter un ami sur Facebook, il faut qu'il soit sur Facebook. Là c'est un peu comme si depuis Facebook vous pouviez ajouter quelqu'un en ami via sa page Viadeo et interagir avec lui, chacun depuis sa plateforme. De fait plus besoin "d'aller sur une plateforme"ou d'entretenir 10 000 profils. Vous disposez d'un profil unique que vous connectez à différents groupes. (plus de détails dans ce post imaginant l'évolution des réseaux sociaux en images)

* Enfin, et pas des moindres, la perspective d'ouverture de multiples business models autour de ce standard. Il faut imaginer une miriade d'applications autonomes apportant divers services autour d'un standard open source. Par exemple, un système permettant aux célibataires de référencer leurs profils dans un annuaire de rencontres discret.

La liste n'est pas exaustive, mais j'espère qu'elle te permet de mieux cerner la nature de cette approche des réseaux sociaux.

 


Thibaut | Le Mercredi 15/12/2010 à 17:13 | [^] | Répondre

Re: Entre supporters et veilleurs

XavierAucompte Bravo et merci. Ce commentaire est plus riche que mon article!

J'ai des doutes sur certains points de ton exposé mais sur lesquels je n'ai pas les arguments suffisants à mo goût. Entre autre sur la sécurité où j'ai l'impression que cela ne va pas toujours dans le bon sens. Mais en tous les cas, tout cela montre que nous avançons.

Tu as peu parlé d'usages et de nouveaux usages.

 


XavierAucompte | Le Mercredi 15/12/2010 à 23:12 | [^] | Répondre

Re: Entre supporters et veilleurs

Thibaut Concernant la sécurité et autres points qui possent effectivement question à l'heure actuelle, nous verrons en fonction de ce qu'apportent les différents projets. Je me suis rapproché de quelques initiatives françaises, je reviendrait en parler en détail ici si tu veux bien.

En ce qui concerne les nouveaux usages, mon impression est que cela ne sera pas perceptible immédiatement par l'utilisateur étant donné que l'interface de ces réseaux n'apporte pas de révolution pour le moment (cf Diaspora, il est possible de se créer un compte, par ex. depuis le noeud européen géré par les créateurs : https://diasp.eu ). Il faudra sans doute attendre que des business models se mettent en place pour supporter l'innovation de multiples acteurs autour d'un protocole d'échange. Alors l'utilisateur ressentira le changement par la richesse et la diversité des services auxquels il a accès.

Dans une vision prospective, ce qui excite un bon nombre de ces acteurs c'est aussi l'idée qu'un consensus porrait se dessiner autour des protocoles standards qui régissent ces réseaux pour créer une interopérabilité à une echelle plus globale. Si cela se passe bien les utilisateurs ressentiront clairement le changement dans le sens où il ne se connecteront plus "à Facebook", "à Viadeo", "a Diaspora" mais "au réseau global", où ils auront accès à un très large panel de communautés depuis une interface unique.

A l'heure actuelle, cette idée d'un réseau social décentralisés global fait de plusieurs acteurs peut être décrit comme "la meilleur idée que nous avons pour ouvrir les perspectives d'innovation et un écosystème d'acteurs autour des réseaux sociaux." Les réseaux sociaux auraient un fonctionnement ouvert, similaire à l'infrastructure d'internet, ce qui dynamiserai le secteur d'un point de vue industriel. Mais cette vision prospective est très loin d'avoir gagné la bataille pour le moment, on assiste à son émergence, on se demande jusqu'où elle pourra aller et ce que vont faire les grands acteurs comme Facebook dont la force repose actuellement sur leur capacité à garder les utilisateurs captifs sur une plateforme qui leur appartient, plutôt que d'ouvrir leur réseau pour en faire l'un des noeuds d'un réseau global basé sur une myriade de fournisseurs de service concurents.

 


Thibaut | Le Jeudi 16/12/2010 à 13:56 | [^] | Répondre

Vincent  beau retour Xavier sur ces deux articles et avec un Thibault en pleine forme. Facebook me fatigue de plus en plus avec son aspect invasif et difficilement maitrisable. Incroyable de pouvoir se retrouver dans des groupes sans s'y etre inscrit soi-meme, il me faut faire un effort pour me desabonner au contraire! Facebook devient un contre exemple pour les reseaux d'entreprise, il pateauge dans le superficiel mais fait l'admiration par les chiffres en utilisateurs et en dollar. Tant mieux Gala et Voici se vendent mieux que le monde diplomatique 
 ...

 


Vincent | Le Vendredi 17/12/2010 à 21:34 | [^] | Répondre

Re:

Thibaut Prog Id" />

Bonjour Vincent. Effectivement, c’est un sujet que je suis avec attention car à une époque j’avais envisagée une création d’entreprise dans le domaine. En interrogeant divers acteurs nous avions constaté que beaucoup d’entre eux surveillaient ça de près.

Lorsqu’on pense à Diaspora, il ne faut pas y voir un énième réseau social venu en réaction à Facebook. Si Diaspora s’attaque à Facebook, considérons cela comme un coup médiatique et intéressons nous plutôt à ce qu’ils proposent.

Le mode de fonctionnement des réseaux sociaux décentralisés ouvre les perspectives dans le sens où cette approche pourrait permettre, rien de moins, que de contourner le problème de la masse critique d’utilisateurs. De fait le modèle pourrait se répandre, non pas uniquement via Diaspora, mais via la multitude d’acteurs proposant des moteurs de réseaux sociaux à l’heure actuelle comme Wordpress+Buddypress ou encore Elgg.

Si Diaspora arrive à lancer le mouvement, il ne sera pas nécessairement la prochaine technologie de phare mais potentiellement l’instigateur d’un changement à l’échelle globale du mode de fonctionnement des réseaux sociaux.

Les enjeux sont importants et les possibilités d’évolution nombreuses, il est difficile de les résumer en quelques lignes. J’ai essayé de faire une synthèse dans ces deux articles.

La vision expérience utilisateur des choses : ce que pourraient changer les réseaux sociaux décentralisés dans nos usages.

La vision business des choses, les évolutions que pourraient apporter Diaspora à moyen terme.

J'espère que cela founira une bonne base pour alimenter le débat.

 


Thibaut | Le Mardi 21/12/2010 à 18:39 | [^] | Répondre

Intéressant

Je tiens à vous remericer pour ce joli partage de cette vidéo qui me semble etre très important et intéressante, merci encore une fois

 


Anonyme | Le Jeudi 30/12/2010 à 15:03 | [^] | Répondre