" L'intranet au service de l'innovation : ascension ou distribution ? "
Bertrand tient sa promesse et l'innovation bat au rythme 2.0
Mots-clés : Bertrand Duperrin, Architecture, Mondialisation 2.0, Innovation, Intranet Alors que notre saga "Imagination Collective" en est au 3e volet (soon to be the 4th) voici un échange/challenge avec notre ami Bertrand suite à mon édito sur l'innovation ascendante qui ne me paraissait plus traduire l'état de notre environnement concurrentiel à l'heure de la mondialisation 2.0... A-t-on encore le temps ? Oui et Non (les 2 mon Général) car cela dépend de la perspective, et j'avais du coup parlé d'architecture distribuée dans le processus d'innovation... voilà l'analyse complémentaire que nous livre Bertrand ! Enjoy. Gil. A toi gentleman: "L'intranet au service de l'innovation : ascension ou distribution ? Je fais une infidélité à mon blog perso l'espace d'un petit billet... tout est parti d'une discussion avec Gilbert Reveillon sur l'innovation, d'une réflexion partagée et d'un pari "tu n'as qu'à m'écrire quelque chose là dessus". Pris au piège mais je m'exécute de bonne grâce. Ca n'est pas au moment où les colonnes de B-R-ENT accompagnent le lancement d'un livre sur l'imagination collective que je vais avoir besoin de vous le rappeler : l'innovation est, pour l'entreprise, une question de vie ou de mort, un attitude qui vous fera payer demain le fait de l'avoir négligée hier. Les mentalités avancent sur la question, et les spécialistes qui s'étaient attelé à la question de longue date voient enfin leur persévérance récompensée : la grande entreprise comprend que le sujet n'est pas trivial ni annexe. Cela s'accompagne d'une autre prise de conscience : l'innovation est l'affaire de tous et non la chasse gardée d'un groupe restreint qui aurait seul le don d'avoir des idées. Quel est le rôle d'un intranet dans tout celà ? Il est central car si l'innovation est l'affaire de tous, il faut bien trouver un endroit où se rencontreront, s'aggrégeront, s'enrichiront les propositions de chacun. Et cet endroit sera l'intranet, seul lieu de rencontre commun à toute l'entreprise. Mais peut être pas l'intranet tel qu'on peut le connaître aujourd'hui, trop centré métier pour servir ce type de démarche. Ni un intranet qui se substituerait à ce dernier : le métier est le coeur de l'entreprise et oublier ce qui permet de l'optimiser est à minima suicidaire. On pense ici à une "face cachée de l'intranet" qui coexistera avec ce que l'on connait déjà : le formel d'un coté, l'informel de l'autre, le business quotidien d'une part, penser au business de demain d'autre part...gagner de l'argent aujourd'hui mais également se donner les outils pour en gagner de mai (les amateurs du "But" de Goldratt apprécieront). Chacun innovateur, chacun force de proposition... et notre cellule spéciale innovation pour faire le tri. Vive l'innovation ascendante et l'avenir est assuré. Pas tant que ça justement. Imaginez la quantité de données à traiter par un nombre restreint d'individus. Un cauchemar en perspective...avec le risque que trop d'innovation ne tue l'innovation. Le tout en sachant que personne ne peut savoir ce dont chaque entité de l'entreprise peut avoir besoin, et on peut ainsi jeter le bébé avec l'eau du bain en négligeant une "petite" proposition qui aurait pu changer la vie d'une petite unité opérationnelle. L'innovation ascendante, que l'on peut voir comme une grande avancée par rapport à l'existant n'est donc pas exempte de limites. Tout en maintenant le fait qu'au bout du compte quelque(s) un(s) doit valider et décider, il faut donc décharger les "responsables innovation" d'une masse sans cesse croissante d'information à traiter. Autrement dit, mutualiser non seulement la capacité de proposition mais également de réflexion, d'échange, de tri, d'enrichissement. Autrement dit, permettre à l'employé innovateur de pouvoir non seulement pousser de l'information vers le haut mais également à l'horizontale. Et lui permettre également de se saisir de l'information des autres pour l'améliorer, l'enrichir. L'objectif : plus l'information remonte plus elle est qualifiée et enrichie. Si elle ne remonte pas, ce sera finalement que la communauté n'aura su transformer une idée en quelque chose à mettre en relation avec le business. Enrichissement horizontal et filtre collectif vertical donc, qui assure l'équilibre entre ce que chaque individu peut proposer eu égard à son expérience personnelle et ce qui est envisageable dans le contexte de l'entreprise. Nous sommes là dans une logique qui ressemble dès lors plus à une innovation distribuée qu'une innovation ascendante. Un système (et ça n'est pas la moindre de ses qualités), qui permet également d'obtenir un grand "volume" global d'innovation en impactant de manière quasi-nulle le temps de l'individu pris individuellement. N'oublions pas qu'il s'agit d'un objectif stratégique. Dernière question : l'innovation ascendante est elle une étape obligatoire vers l'innovation distribuée ? S'il s'agit d'une étape classique dans le cheminement des organisations je ne pense pas qu'elle soit obligatoire. Elle a surtout le mérite de créer une position médiane rassurante. Mais rester trop sur l'ascendant avant de penser en termes de distribution peut aussi, nous l'avons vu, entrainer un engorgement du système. Alors passons vite à l'innovation distribuée en se dotant des outils et process nécessaires. Bertrand DUPERRIN"
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