Barack Obama sera t'il l'exemple suivi par les politiques du monde entier ?
Les Etats Unis ne sont pas le monde! Mais quand même ...
Mots-clés : reseau social, facebook, obama, politique
Ici à Montréal, comment passer cette journée du 20 janvier sans penser à ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres dans une petite ville des Etats Unis. Les plus négatifs diront ce n'est qu'un noir dans une maison blanche! Les plus passionnés et envoûtés diront que nous vivons un moment historique! Je vous avoue plutôt tendre sur ce deuxième élan. Mais cela n'est pas le sujet de cet article dans lequel je veux vous proposer de revenir quelques instants sur ce qui s'est passé et surtout sur l'utilisation massive des réseaux sociaux et du 2.0 par le candidat élu.
Commençons par le résultat : il a gagné l'élection alors qu'il partait de très très loin déjà à l'investiture démocrate. Une de ses actions forte a été l'utilisation des Réseaux Sociaux. Aujourd'hui, sur le seul Facebook, il culmine à 3 841 662 supporters.
Son action a été massive et sur tous les supports web. Maintenant pouvons-nous dire basiquement : "il a gagné! Il faut faire pareil!" Je ne le crois pas mais il faut mettre des nuances à cette réponse.
L'utilisation des outils du web 2.0 peut avoir plusieurs objectifs et conséquences :
- C'est d'abord la mise en scène de son image. Nous sommes tous des produits marketing plus ou moins bien vendu. Il y a sur ce point au minimum la protection de son identité. Ainsi fin décembre, j'ai eu de nombreux exemples de personnes croyant être des inconnus du web à qui j'ai montré des photos d'eux sur le web et sorti des infos pas toujours très cool... A côté de cela, il y a une réelle plus value à bien être présenté.
- C'est ensuite un outil de vente. Cela vient d'une image bien gérée puis d'un chemin vers l'acte d'achat bien structuré et intuitif. Il faut pour cela avoir donné l'envie au cours du chemin.
- C'est un outil de fidélisation au travers de supporters et de fans. On leur donne un réel espace pour parler de vous, échanger avec vous, montrer qu'ils vous aiment, ..., et surtout amener leurs amis et contacts vers vous.
- C'est la création d'outils collaboratifs au service d'une armée de fans. Au lieu que vous soyez l'animateur de tout cela, ce sont rapidement les autres qui deviennent le moteur. Mais attention, pour que cela marche, il faut une stratégie et une organisation sans trou pour faire marcher cette armée.
Tout cela est génial mais le rêve a ses limites. La première limite est l'investissement humain et financier. Si vous voulez créer un réel mouvement de fond et avoir une bonne animation, dites-vous que devez investir dans une équipe d'experts et dans une main d'oeuvre nombreuse. Pour mémoire, la dernière campagne présidentielle a vu des staffs énormes dont celui de Ségolène Royal.
L'investissement doit être raisonné et raisonnable. Rien ne sert de monter une équipe si les objectifs ne sont pas clairs et surtout si c'est l'équipe qui crée le buzz. La réussite d'une telle aventure est que ce soit le web qui pousse et pas votre équipe. Elle est là pour structurer, piloter et gérer ; et aussi lancer!
Ensuite, est-ce que le maire du village de 500 habitants en a besoin? Est-ce que le conseiller général ne va pas perdre du temps alors qu'il a un contact souvent de proximité avec la population? Est-ce que le député ou le Sénateur n'ont pas plus de risques que de gains à aller sur cette tendance sociale?
Tout d'abord, il est clair qu'il vaut mieux ne rien faire que faire mal! En même temps, si vous ne le faites-pas, le web crée beaucoup de choses sur vous! Des bonnes et des mauvaises.
Un jour vous arrivez en réunion électoral ou de suivi de mandat et les échanges dérapent sur un sujet inattendu! Ne vous inquiétez-pas, il fallait simplement aller voir sur le web! D'une opportunité, vous êtes en situation de difficulté.
Quelque soit votre niveau, les élections paraissent loin et arrivent vite. Si vous pensez que tout cela se construit 6 mois avant, vous avez perdu d'avance. Cette stratégie s'établie peu à peu et a besoin de temps. Les opérations de dernières minutes sont très couteuses et avec une capacité de réussite discutable. Il faut donc commencer dès que possible ...
Votre mandat et le lieu où vous exercez créent un environnement à prendre en compte. Le maire ne cherche pas les milliers d'internautes mais un autre contact avec sa population. Tous ces gens qui ne viennent plus à vos réunions, qui ne vont pas au conseil municipal et qui lisent peu ou pas votre lettre papier, sont parfois des utilisateurs du web et des réseaux sociaux. Là ils seront attentifs et participeront à la vie de la commune plus encore qu'en réel. A l'inverse, les mandats régionaux poussent moins sur un lien de proximité entre idées et actions sur le terrain mais sur un lien avec l'élu, élu en scrutin de liste ou sur un territoire pas simple à occuper en milieu rural.
Les élus nationaux ont eux une obligation de représentation et de lien et d'échange. Les réseaux sociaux sont très important et ne peuvent être qu'une action personnelle et pas une gestion de parti. Si le site web pouvait s'intégrer dans un portail politique plus global il y a peu ; la gestion de l'image de l'élu est de sa seule responsabilité. C'est ce qui va le faire ou non aimer et gagner à la prochaine élection.
Mais l'amérique n'est pas la France! C'est vrai mais l'utilisation des réseaux sociaux et du web 2.0 dépasse de très loin les frontières. En tous les domaines, les pratiques et usages du web standardisent nos approches. l'élan venant d'abord des Etats Unis pour le web, il serait une erreur de ne pas suivre ce chemin.
Et ce que je dis pour les politiques et élus français s'applique partout dans le monde!





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